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Dette publique : Cheikh Oumar Diagne appelle à clarifier la stratégie du Sénégal
Après la déclaration du ministre de l’Économie, des Finances et du Plan (MEFP) sur la dette publique et les perspectives économiques, Cheikh Oumar Diagne salue un exercice de clarification tout en appelant à une approche plus précise sur la stratégie de traitement de l’endettement sénégalais.
« Un exercice à saluer. Il n’est jamais trop tard pour bien faire », a déclaré l’ancien directeur des Moyens de la présidence de la République, après avoir suivi la sortie du ministre Cheikh Diba. Pour lui, le débat sur la dette doit désormais dépasser les polémiques et s’inscrire dans une réflexion approfondie sur les choix économiques qui s’offrent au Sénégal.
« Il n’y a pas 36 chemins pour traiter la dette. Il faut soit la faire rouler, soit la solder, soit la restructurer ou la répudier. Pour chaque sauce, il y a une recette consacrée. Justement, l’absence de recette exposée a entraîné une dépréciation des titres sénégalais sur le marché international malgré l’accord avec le FMI annoncé. Le Sénégal doit traiter cette dette et s’inscrire dans la gestion du développement de notre pays comme sujet prioritaire en lieu et place de celle de la dette devenue notre quotidien » estime Cheikh Oumar Diagne. Il précise : « Mais il faut dire que contrairement à ce qui est avancé par nos ‘spécialistes sur la toile’, restructurer ne signifie pas ajuster une économie ! »
À ses yeux, la restructuration de la dette consiste à modifier au moins l’un de ses trois paramètres fondamentaux : le taux d’intérêt, la maturité ou le montant. Il estime que cette option n’a rien de négatif en soi, particulièrement lorsque l’État en garde l’initiative. « Restructurer n’est pas mauvais en soi. Surtout quand c’est l’État qui le pilote au lieu de le subir », soutient-il.
Cheikh Oumar Diagne rappelle également le rôle du Fonds monétaire international (FMI). Sans être une institution ayant vocation à développer directement un pays, le FMI, explique-t-il, permet de financer les États à des conditions moins contraignantes et facilite leur accès aux partenaires et aux marchés financiers. Dans le contexte actuel, estime-t-il, le Sénégal a besoin de cet appui.
Sur certaines données avancées par le gouvernement, l’ancien ministre appelle cependant à plus de précisions. Il dit notamment rester « sur sa faim » concernant la statistique selon laquelle 65 % des subventions seraient captées par 20 % des bénéficiaires.
Il s’interroge aussi sur le nombre de ménages annoncés comme bénéficiaires de la Bourse familiale, évalué à plus de 1,6 million. Selon lui, ce chiffre pourrait relever d’un lapsus, le dernier recensement ayant dénombré environ 2,045 millions de ménages.
Au-delà de la dette, Cheikh Oumar Diagne estime que la priorité doit également porter sur la protection des populations. Les assurances du ministre concernant l’accompagnement social de l’État constituent, selon lui, un point essentiel qui mérite d’être approfondi. « C’est le pouvoir d’achat des ménages et la protection sociale de l’État qu’il urge de discuter en ces moments troubles », prévient-il.
Tout en saluant la volonté des autorités de s’attaquer à la dette, Cheikh Oumar Diagne appelle le Sénégal à tirer les leçons des expériences vécues ailleurs sur le continent afin d’éviter les erreurs dans la restructuration qui se profile. « Le Sénégal a assez d’exemples sur le continent pour ne pas rater cette restructuration en vue », rappelle M. Diagne, tout en promettant de revenir plus largement sur la question.
Khady Ndoye
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– Cheikh Oumar Diagne salue la déclaration du ministre des Finances sur la dette publique et appelle à une stratégie plus précise, estimant que le débat doit dépasser les polémiques pour s’inscrire dans une réflexion approfondie sur les choix économiques du Sénégal.
– Il précise que la restructuration de la dette, qui consiste à modifier le taux d’intérêt, la maturité ou le montant, n’est pas négative en soi, particulièrement lorsque l’État en garde l’initiative plutôt que de la subir.
– Diagne demande plus de précisions sur certaines données gouvernementales, notamment sur le chiffre de 1,6 million de ménages bénéficiaires de la Bourse familiale, et insiste sur la nécessité de priorité au pouvoir d’achat et à la protection sociale des populations.
Auteur: Khady NDOYE
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