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L’Université Cheikh Ahmadoul Khadim (UCAK) de Touba franchit un cap historique. Jeudi 23 avril prochain, l’établissement va délivrer ses tout premiers diplômes de licence depuis le démarrage des enseignements en février 2023. L’annonce a été faite par les responsables lors d’une rencontre avec la presse, ce mardi 21 avril 2026.
Au total, 166 étudiants issus de l’UFR des Études islamiques et arabes et de celle des sciences et des métiers de la santé de l’université Cheikh Ahmadoul Khadim (UCAK) vont recevoir leur diplôme de licence jeudi prochain.
Lors d’une rencontre avec la presse dans le cadre de l’organisation de cette journée, le recteur de l’université, le professeur Lamine Guèye, a rappelé que ces deux UFR ont démarré leurs enseignements en février 2023.
Ce qui explique, d’après lui, que l’enseignement religieux et une base solide en littérature arabe sont liés, en précisant que cette UFR implique toutes les compétences de la mouridiyyah en sciences islamiques et en littérature arabe. « Toute discipline nécessaire à former un cadre en sciences islamiques et en littérature arabe est enseignée dans cette UFR », a-t-il précisé. Et d’ajouter que les programmes de la L1 à L3 ont été « rigoureusement respectés », avec des évaluations régulières conformes au système LMD.
En outre, il a indiqué que le deuxième groupe d’étudiants est issu de l’UFR des sciences et métiers de la santé qui compte deux filières : celle qui enseigne les sciences infirmières et une autre qui enseigne les sciences obstétricales. « Le plateau technique hospitalier de Touba a facilité l’insertion en stage de ces étudiants », souligne le recteur.
Sur la question de la reconnaissance des diplômes, le Pr Lamine Guèye a rassuré que le critère de qualité est essentiel pour qu’une université soit reconnue par l’État. Ainsi, il a expliqué que dès la conception du projet, l’UCAK a placé la qualité au centre de ses préoccupations. Ce qui a conduit les responsables à entreprendre la démarche de l’habilitation institutionnelle qui a abouti en décembre 2025. « Nos diplômes que nous allons délivrer incha’Allah jeudi ne souffrent d’aucun problème de reconnaissance, à la fois au niveau national et international », affirme-t-il.
Au-delà de la formation jusqu’en L3, l’université pousse ses étudiants vers la recherche. Ce qui justifie la prise en charge des quatre piliers d’une université dès le départ, selon le professeur Ibrahima Thioub, vice-recteur chargé de la recherche. Dans cet esprit, il a expliqué qu’un document d’orientation de la recherche, du service à la communauté et des partenaires a été élaboré puis validé.
Pour incarner cette ambition, le khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, a choisi deux parrains pour les deux promotions : Serigne Mbacké Bousso pour l’UFR des Études islamiques et arabes et Mame Cheikh Issa Diène pour ceux de l’UFR des sciences et métiers de la santé. Selon lui, ces deux figures mourides réussissent là où les universitaires ont le plus de difficultés, à savoir conduire des recherches, arriver à des résultats et ne pas mettre ces résultats dans les tiroirs ou publier des articles dans des revues de haut niveau et s’en arrêter là.
Le premier cité est, selon M. Thioub, un expert en orientation des mosquées vers la Kaaba. Il a observé pendant 33 ans un cadran solaire de sa fabrication pour fixer les heures de prière à Touba. Inventeur d’un four à pain encore utilisé, il explique que Mame Cheikh Issa Diène est allé à Saint-Louis où il a acheté une machine à coudre qui a permis de développer le métier de tailleur dans la communauté et cela a permis de confectionner des habits portés par les cheikhs et les talibés de la communauté. Ainsi, il les donne comme un exemple à suivre pour les nouveaux diplômés.
Birane Diop (Correspondant)
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