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Le Collège d’enseignement moyen (Cem) de Ngandiouf, dans le département de Tivaouane, connait des difficultés liées à l’enclavement et au manque d’infrastructures. Cette situation impacte les apprentissages et oblige beaucoup d’élèves à rejoindre les écoles de Ndande ou de Kébémer, dans la région de Louga.
TIVAOUANE – Le Collège d’enseignement moyen (Cem) de Ngandiouf, dans le département de Tivaouane, souffre d’un enclavement criant. Situé dans cette localité chef-lieu de commune, l’établissement polarise, selon Ndiaga Guèye, le principal, plus d’une quinzaine de villages dont le plus proche se situe à un kilomètre.
Pour rallier l’établissement, les élèves parcourent entre 2 et 4 kilomètres, a déploré M. Guèye. Pour lui, cet enclavement oblige les parents, dont les enfants n’ont pas de famille d’accueil, à les transférer dans d’autres écoles à Ndande ou à Kébémer, dans la région de Louga.
Cette année, sur presque 200 élèves de la 6e, plus d’une centaine ont préféré aller vers d’autres écoles faute de famille d’accueil ou de tuteur à Ngandiouf, a renseigné le principal du Cem. Pis encore, a-t-il souligné, les élèves, dont les parents n’ont pas la possibilité de les transférer, abandonnent pour la plupart.
Dans un entretien accordé au « Soleil », le principal a exprimé ses inquiétudes face à cette situation.
« Notre Cem se trouve dans une zone enclavée, avec une route latéritique et cahoteuse qui sert d’accès principal. Les autres villages ne disposent que de pistes sablonneuses menant au collège, et ce, après deux ou trois kilomètres de marche, selon les localités », alors que c’est le seul collège de la commune », a-t-il expliqué.
Selon Ndiaga Guèye, cette situation a fini d’impacter la renommée de l’établissement, car celui-ci n’attire plus les élèves. Cette année, il ne compte au total que 205 élèves, dont 115 filles, répartis dans 7 classes physiques.
L’enclavement du Cem est devenu un véritable casse-tête pour bon nombre de parents d’élèves. « C’est aussi une cause principale de déperdition scolaire dans la zone », a reconnu M. Guèye.
Malgré cette situation, l’établissement, confronté aussi à un déficit de salles de classe, bénéficie de l’accompagnement du conseil départemental de Tivaouane. Celui-ci, selon le principal, a doté le collège de deux nouvelles salles de classe, d’un bloc d’hygiène, de tables-banc et d’une imprimante, cette année.
« Cet appui nous a beaucoup aidé, car il a permis de résoudre en partie le déficit de salles et de prendre en charge les effectifs pléthoriques dans les classes. Cela a impacté positivement les conditions de travail des enseignants et des apprenants », s’est réjoui M. Guèye.
Il a, toutefois, déploré le fait que le Cem ne dispose pas, jusqu’ici, d’un bloc administratif digne de ce nom. C’est un abri provisoire qui fait office de bureau pour le principal, de salles de professeurs et de magasin de stockage du matériel didactique.
Des performances, malgré tout
Malgré les difficultés, le Cem de Ngandiouf parvient à réaliser de bons résultats. Ndiaga Guèye, le principal de l’établissement note une hausse exponentielle des résultats au Brevet de fin d’études moyennes (Bfem) d’année en année.
« Les résultats ont connu un important bond au Bfem, passant d’un taux de réussite de 40% en 2023 à 79% en 2024 avant d’atteindre 85,71% en 2025 », s’est-il félicité.
Il en a profité pour magnifier l’engagement du corps professoral et du personnel d’encadrement et le courage des élèves qui, malgré les longues distances à parcourir, parviennent à faire de bons résultats au Bfem.
Ibrahima NDIAYE (Correspondant)
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