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Le secrétaire général du ministère des Infrastructures, Abdoulaye Guèye, a révélé ce mercredi que près d’un camion sur deux circule en surcharge au Sénégal. Face à cette situation qu’il qualifie de « préoccupante et insoutenable » pour les finances publiques, le responsable a sonné l’alarme lors d’un atelier national sur les règles de transport de l’UEMOA. Selon les statistiques officielles d’avril 2026 lues par le secrétaire général, « sur 148.885 camions contrôlés, 47,71 % sont en surcharge ».
Abdoulaye Guèye a expliqué que ce phénomène détruit prématurément les routes et fait grimper les coûts d’entretien pour l’État. Il a rappelé que l’objectif de départ était de descendre sous la barre des 10 % de surcharge en cinq ans. Quatorze ans après le lancement des contrôles en 2012, le secrétaire général a avoué que « l’atteinte de cet objectif demeure encore incertaine », notamment parce que le Sénégal applique toujours une tolérance de 20 % au pesage au lieu des 15 % prévus par les accords régionaux.
La Commission de l’UEMOA soutient ce constat à travers ses propres études techniques. L’institution régionale a démontré que la surcharge à l’essieu réduit fortement la durée de vie des chaussées dans toute l’Afrique de l’Ouest. Selon les données de la Commission, le taux de dégradation du réseau routier communautaire a d’ailleurs bondi de 32 % en seulement un an, à cause de l’utilisation de camions modifiés et non conformes.
Les experts de l’UEMOA partagent également cette préoccupation sur le plan régional. Réunis récemment à Bamako, ils ont constaté qu’aucun État membre de l’espace ouest-africain n’applique encore intégralement le règlement sur le poids des camions. Les spécialistes soulignent toutefois que le Sénégal reste l’un des pays les plus avancés de la zone grâce à ses 24 postes de pesage fixes et ses 5 brigades mobiles.
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