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La Conférence internationale du Prix Yidan s’est achevée, ce mardi à Dakar, sur un appel à accélérer la transformation des systèmes éducatifs africains. Au terme de plusieurs jours de réflexion réunissant ministres, chercheurs, innovateurs, partenaires techniques et philanthropes, les organisateurs ont invité les États à faire des apprentissages fondamentaux, des langues nationales, de la formation des enseignants et du financement durable, les principaux leviers des réformes éducatives.
La Conférence internationale du Prix Yidan 2026 s’est refermée sur une feuille de route ambitieuse destinée à accompagner la transformation de l’éducation en Afrique. Présidant la cérémonie de clôture au nom du ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, le secrétaire général du ministère, Papa Malick Ndao, a estimé que cette rencontre « aura marqué un tournant majeur pour l’éducation en Afrique et dans le monde », en offrant une plateforme mondiale de dialogue entre décideurs, chercheurs, praticiens et innovateurs autour d’une même ambition : libérer le potentiel de l’Afrique par l’éducation.
Selon lui, les travaux ont confirmé que l’éducation demeure « le levier le plus puissant pour transformer durablement les sociétés ». Au-delà de sa contribution à la croissance économique, elle constitue également un facteur de résilience face aux crises, de promotion de la dignité humaine et d’autonomisation des populations. Il a surtout insisté sur le fait que l’Afrique, portée par une jeunesse nombreuse et créative, est aujourd’hui en mesure de proposer des innovations éducatives susceptibles d’inspirer le reste du monde.
Les différentes sessions de travail ont permis de dégager plusieurs enseignements majeurs, notamment la priorité à accorder aux apprentissages fondamentaux, le rôle des langues nationales dans la réussite scolaire, la place centrale des enseignants, le lien entre éducation, emploi et développement durable, ainsi que la nécessité de bâtir des partenariats solides pour accélérer les réformes.
Culture de la redevabilité
Au nom du gouvernement, Papa Malick Ndao a formulé six recommandations destinées à orienter les politiques éducatives. La première consiste à faire des apprentissages fondamentaux une priorité absolue afin que chaque enfant maîtrise la lecture, l’écriture et les mathématiques dès les premières années de sa scolarité. La deuxième invite les États à accélérer la généralisation de l’enseignement bilingue et multilingue en intégrant davantage les langues nationales dans les systèmes éducatifs. « On n’apprend jamais mieux que dans une langue que l’on comprend », a-t-il rappelé. Le secrétaire général a également plaidé pour un investissement massif en faveur des enseignants, à travers une meilleure formation initiale et continue, un accompagnement pédagogique renforcé et une valorisation accrue de la profession. Il a, par ailleurs, exhorté les pays africains à documenter, financer et diffuser les innovations éducatives ayant déjà fait leurs preuves afin de passer des projets pilotes à des transformations systémiques.
Les deux dernières recommandations portent sur le renforcement des financements publics et des mécanismes innovants de financement de l’éducation, ainsi que sur la mise en place de coalitions opérationnelles réunissant États, chercheurs, secteur privé, communautés et partenaires techniques et financiers. Selon lui, les défis éducatifs sont mondiaux, mais les réponses doivent être construites à partir des réalités locales. Les participants repartent ainsi, non seulement avec des idées, mais aussi avec « la responsabilité de transformer les systèmes éducatifs afin d’offrir à chaque enfant les compétences et les opportunités nécessaires pour construire son avenir », a souligné le secrétaire général.
Coorganisateur de la rencontre, le directeur général de l’Adea (Association pour le développement de l’éducation en Afrique), Albert Nsengiyumva, a salué une conférence qui a permis de célébrer les progrès accomplis tout en renforçant les liens entre les principaux acteurs africains de l’éducation. Les échanges ont montré, selon lui, que le continent dispose désormais d’expériences suffisamment solides pour alimenter une nouvelle dynamique de transformation. Il a toutefois insisté sur la nécessité de développer une véritable culture de la redevabilité. Un cadre continental est actuellement en cours d’élaboration afin d’encourager les gouvernements et leurs partenaires à rendre régulièrement compte des engagements pris et des résultats obtenus. Albert Nsengiyumva a également relevé les difficultés persistantes liées à l’absence d’indicateurs harmonisés entre les pays et à la faiblesse des mécanismes d’évaluation des politiques publiques, deux insuffisances qui compliquent la mesure des progrès réalisés.
Par Daouda DIOUF
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