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[Récap] Pape Guèye, visas, tactique et effet Metsu : Tout sur la conférence de presse de Pape Thiaw
À la veille du très attendu face-à-face entre le Sénégal et la France pour leur entrée en lice en Coupe du monde, le sélectionneur national Pape Thiaw s’est présenté ce lundi 15 juin 2026 face aux journalistes pour la traditionnelle conférence de presse d’avant-match. Entre souvenirs gravés, confiance affichée et recadrage sur l’environnement extra-sportif, le technicien des Lions a balayé tous les sujets chauds à quelques heures du coup d’envoi prévu ce mardi 16 juin 2026.
L’infirmerie vide et des choix forts à faire
Pape Thiaw a débuté son intervention en apportant une excellente nouvelle concernant l’état de fraîcheur de ses troupes, confirmant qu’il aborde ce premier grand rendez-vous avec un effectif au complet et pleinement mobilisé. « Tout mon effectif est à ma disposition. Maintenant, c’est à moi et à mon staff de faire les choix. L’état d’esprit est très bon. Ce sont des joueurs compétiteurs. Moi aussi, je suis un entraîneur qui aime la compétition et les défis difficiles. C’est ce qui fait la beauté de notre métier », a déclaré le sélectionneur, assurant que son groupe est fin prêt à relever le défi avec détermination.
« On verra la vraie version du Sénégal »
Interrogé sur le niveau de jeu affiché lors des récentes sorties de l’équipe nationale, le technicien a tenu à rassurer les observateurs en rappelant que les matchs amicaux et les différentes phases de préparation avaient pour unique but d’ajuster les automatismes et de remettre tout le monde au même niveau physique. « Je comprends que le Sénégal de la CAN et le Sénégal des matchs amicaux soient un peu différents dans les perceptions. Mais pour moi, les matchs amicaux servent avant tout à préparer l’équipe. Nous avons aussi eu des joueurs qui manquaient de temps de jeu, donc nous nous sommes concentrés sur leur remise à niveau », a-t-il expliqué, avant de lancer une promesse claire : « Demain, je pense qu’on verra la vraie version du Sénégal. »
Un hommage appuyé à Pape Guèye
Le sélectionneur n’a pas caché son admiration pour son milieu de terrain Pape Guèye, récemment couronné du titre de meilleur joueur africain de la Liga espagnole après une saison remarquable. « Pape Guèye est un joueur très important dans notre dispositif, comme tous les autres joueurs. Je tiens d’abord à le féliciter publiquement pour avoir remporté le trophée de meilleur joueur africain de la Liga. Ce n’est pas du tout facile dans un championnat aussi prestigieux », a souligné Pape Thiaw, rappelant également l’apport historique du joueur : « C’est un joueur important. Il nous a offert le but de la finale de la CAN. C’est un travailleur, un joueur qui montre de très belles choses et qui ne cesse de progresser. Sa qualité ne fait aucun doute. Mais une Coupe du monde est une très grande compétition et c’est dans ce genre de rendez-vous que l’on attend les grands joueurs comme Pape Guèye. »
L’héritage de 2002 : l’ombre de Papa Bouba Diop et l’effet Bruno Metsu
Ancien international et membre de l’épopée de 2002, où le Sénégal avait terrassé la France (1-0) lors du match d’ouverture, Pape Thiaw n’a pas pu échapper aux comparaisons historiques. Il a d’ailleurs tenu à rendre un hommage particulièrement émouvant à Bruno Metsu, figure marquante du football sénégalais et sélectionneur de la mythique génération de Séoul. « Bruno, c’était comme mon papa, c’est mon mentor. Paix à son âme. Nous avons beaucoup appris de lui et beaucoup pris de lui », a déclaré Pape Thiaw avec émotion, avant d’annoncer que cet héritage spirituel serait au cœur de sa causerie d’avant-match : « Il y aura un peu de l’effet Bruno dans le discours demain, parce que c’est important. »
Le technicien a mesuré le chemin parcouru et la différence de responsabilité entre son passé de joueur et son rôle actuel de guide des Lions. « J’ai eu la chance d’être là en 2002 lors de notre victoire face à l’équipe de France grâce à un but de mon frère, paix à son âme, Papa Bouba Diop. C’est une situation particulière. En 2002, je n’avais pas joué le match, et demain je serai sur le banc avec la responsabilité de donner les clés pour aller chercher la victoire. Aujourd’hui, demain, inchallah, je serai sur le banc pour coacher mon équipe et aller chercher encore la victoire. Nous jouons tous nos matchs pour gagner et nous les préparons de la même manière », a-t-il confié, précisant sa méthode : « Je vais ajouter ma propre approche, en y intégrant aussi les ingrédients de Bruno Metsu pour essayer d’aller chercher cette victoire. »
Le refus du complexe d’infériorité
Reconnaissant la valeur des Bleus, finalistes des deux dernières éditions du Mondial et sacrés en 2018, il a toutefois balayé l’idée qu’une victoire sénégalaise s’apparenterait à un exploit ou à une surprise en 2026. « La France est une grande équipe, avec des individualités de très haut niveau. Son parcours lors des dernières Coupes du monde parle pour elle. Nous aurons en face une grande équipe de France avec de très belles individualités, mais notre force reste le collectif et c’est sur cela que nous allons nous appuyer », a-t-il analysé, avant d’ajouter avec fermeté : « Pour moi, ce ne serait pas une surprise de gagner. Nous avons des joueurs de classe mondiale dans cette équipe et nous sommes les champions d’Afrique. Nous nous sommes qualifiés pour trois Coupes du monde consécutives et nous avons disputé trois finales de CAN sur les quatre dernières éditions. Cela montre la régularité de cette équipe. Toutes les équipes présentes ici ont travaillé pour se qualifier. Personne n’est là par hasard. »
Pape Thiaw a toutefois insisté sur l’équilibre nécessaire que ses hommes devront conserver sur la pelouse : « Nous sommes très ambiieux, mais pas prétentieux. Nous savons que nous pouvons battre n’importe quelle équipe, comme nous savons que nous pouvons perdre contre n’importe qui si nous ne faisons pas les choses correctement. Bien débuter une Coupe du monde est toujours important. C’est ce que nous allons chercher dès ce premier match. »
L’esquive sur les visas et l’appel à la diaspora d’Amérique
Interpellé par les journalistes sur l’aspect extra-sportif brûlant de cette rencontre, à savoir la situation des nombreux supporters sénégalais privés de visas qui n’ont pas pu faire le déplacement pour soutenir les Lions aux États-Unis, le sélectionneur a préféré botter en touche pour protéger son groupe, tout en exprimant ses regrets. « C’est une question un peu politique. Moi, je préfère parler du terrain », a-t-il d’abord tranché, avant d’ajouter : « On aurait aimé avoir nos supporters. On sait ce qu’ils peuvent nous apporter, notamment dans les moments difficiles pour nous aider à relever la tête. »
Le technicien se montre néanmoins particulièrement confiant quant à l’accueil qui attend son équipe au stade, misant sur la forte communauté sénégalaise établie sur le sol américain pour jouer le rôle de douzième homme. « Même si nous n’avons pas le public venu du Sénégal, nous avons une grande communauté ici. Les Sénégalais aiment leur pays et leur équipe. Vous allez voir demain, on aura l’impression qu’ils sont là avec nous. Inchallah, le public sera derrière nous et nous espérons terminer le match avec un sentiment de satisfaction », a-t-il conclu.
Pour rappel, après ce choc face à l’équipe de France, les Lions de la Teranga poursuivront leur aventure dans le Groupe F en affrontant successivement la Norvège et l’Irak, deux adversaires que Pape Thiaw a qualifiés de compliqués et qu’il promet d’aborder avec le même sérieux.
Auteur: Ndeye Astou KONATE
Publié le: Lundi 15 Juin 2026
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