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Panier de la ménagère, logement, ménages vulnérables… : « Comment l’État compte résoudre les difficultés des Sénégalais » (DPG)
Le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lo, a détaillé, ce mardi 8 septembre, dans l’hémicycle, le quatrième engagement du gouvernement. Lequel est, selon lui, simple à énoncer et exigeant à tenir. Il s’agit de « résoudre les difficultés de nos concitoyens et améliorer, jour après jour, leur qualité de vie ».
Il se dit conscient de la volonté des Sénégalais. « Ils veulent des changements concrets. Notre action sera donc jugée à partir d’indicateurs directement perceptibles : coût du panier de consommation courante ; poids de l’alimentation, du logement, de l’énergie, du transport, de la santé et de l’éducation dans le revenu des ménages ; pouvoir d’achat disponible après les dépenses essentielles ; emplois décents créés et insertion des jeunes formés ; durée annuelle d’activité productive et rentable, notamment en milieu rural ; accès effectif à l’eau, à l’assainissement, aux soins et aux services publics ; réduction des délais et des coûts supportés par les usagers », a-t-il listé.
Le chef du gouvernement de renseigner que la doctrine de l’Agenda national de transformation consiste précisément à relier chaque projet, programme et réforme à ces résultats mesurables, afin que l’action publique transforme réellement la vie des populations. Voici les mesures du gouvernement.
Alléger le panier de la ménagère
« L’allègement du panier de la ménagère repose sur deux leviers : produire ce que nous mangeons ; manger ce que nous produisons. En d’autres termes, la souveraineté alimentaire en actes.
Le panier de la ménagère est particulièrement sensible à l’évolution des produits avec une pondération élevée dans la consommation, à savoir : les céréales non transformées, le pain, la viande de bœuf, les poissons frais, les huiles, le sucre, les légumes frais, le lait. Cette situation est exacerbée durant la saison des pluies pour la viande, les produits halieutiques et les légumes frais. Tous ces produits sont cultivables, cultivés et commercialisés au Sénégal. Qui blâmer donc : l’État ? Les producteurs, les consommateurs, les importateurs, les commerçants ? Les marchés internationaux ?
Mon gouvernement s’engage à prendre à bras le corps cette situation au travers des contrats-programmes filières État-secteur privé afin de diagnostiquer, dans ses moindres détails, les failles et de proposer une stratégie à moyen terme. En attendant, nous renforcerons les moyens de stockage et les contrôles sur toute l’étendue du territoire.
Protéger les ménages vulnérables et mieux cibler la solidarité
La prospérité partagée exige des filets sociaux robustes. L’ANSD dénombre 1 000 649 ménages vulnérables, alors que 355 013 ménages pauvres seulement sont effectivement couverts : le déficit atteint 645 636 ménages, soit près de cinq millions de Sénégalais exposés à la vulnérabilité ou à la pauvreté. Notre réponse reposera sur quatre priorités :
(i) consolider la protection sociale et la résilience des familles ;
(ii) accélérer l’autonomisation économique des femmes ;
(iii) renforcer la protection de l’enfant et l’inclusion des personnes handicapées et des groupes vulnérables ;
(iv) moderniser le pilotage de l’action sociale.
Dès 2027, l’objectif est de faire bénéficier à un million de ménages pauvres et vulnérables, soit 7,8 millions de Sénégalais, d’un filet social solide. L’enveloppe, portée à 70 milliards F CFA en septembre 2026, sera doublée à 140 milliards en 2027.
Les arriérés des Bourses nationales de sécurité familiale seront apurés au cours de ce mois de septembre 2026. Les économies issues d’un ciblage plus juste des subventions énergétiques seront réorientées vers les populations qui en ont le plus besoin. Ainsi, l’efficience de la dépense publique devient un instrument d’équité sociale.
Faire de l’énergie un levier de pouvoir d’achat
Résoudre les difficultés quotidiennes, c’est rendre l’énergie disponible à un coût soutenable, car elle pèse sur toute la chaîne de production et de consommation. Le gaz national prendra une place croissante dans la production électrique : produire chez nous pour payer moins cher chez nous.
Pour les populations, ces transformations devront se traduire par deux résultats visibles : une baisse de 30 % du prix du kWh d’électricité à l’horizon 2030 et la réduction des écarts d’accès entre villes et campagnes. À cet égard, le Programme d’accès universel sera intensifié pour les 6 471 localités restant à électrifier.
Garantir un logement et un cadre de vie décents
Le déficit de logements est estimé à 500 000 unités et augmente chaque année de 10 000 à 15 000 unités. Notre ambition est de livrer au moins 30 000 logements effectivement occupés par an et de porter progressivement de 56 % à 75 % la proportion de Sénégalais vivant dans un habitat décent. Les programmes de logements sociaux et abordables seront relancés ; le foncier aménagé sera mobilisé ; une filière nationale des matériaux de construction sera soutenue afin de réduire durablement les coûts. Les instruments publics (SICAP, SN-HLM, CDC Habitat, Fonds pour l’habitat social, SAFRU, Banque de l’habitat du Sénégal et Kajom Capital) seront réorganisés et mieux articulés. La planification du Grand Dakar et la Nouvelle ville de Thiès devront incarner une urbanisation durable, inclusive, résiliente et territorialement équilibrée.
Faire de chaque investissement une plateforme d’emplois et de compétences
Chaque projet de l’Agenda Sénégal 2050 devra devenir une plateforme de formation, d’insertion et de création de valeur. Le Masterplan fait ressortir, à l’horizon 2029, un potentiel global de 1 520 000 emplois. Parmi les principaux gisements figurent les cibles suivantes : 113 500 emplois liés aux coopératives agricoles communautaires, 60 000 dans la pêche artisanale et l’économie bleue, 50 000 dans le logement abordable, 45 000 dans les agropoles, 33 000 dans les industries culturelles et créatives, 27 000 autour des Jeux olympiques de la jeunesse et de leur héritage, 22 000 dans les filières lait et aviculture, 18 000 dans l’aquaculture et 16 000 dans les énergies renouvelables.
Ces projections devront être déclinées en contributions vérifiables, assorties de trajectoires, de jalons, de responsabilités et de taux d’insertion. Notre ambition est que chaque investissement public ou privé de l’Agenda produise des compétences, des activités et des emplois durables identifiables.
Investir dans l’éducation et la recherche
Cette ambition requiert des infrastructures et des réformes éducatives à la hauteur : suppression des abris provisoires, construction de 12 LYNAQE, de 15 000 salles de classe connectées et de 45 espaces numériques ouverts ; finalisation des universités de Matam, du Sénégal oriental et du Sine-Saloum ainsi que des résidences universitaires. La réforme curriculaire, les STEM, le bilinguisme, les langues nationales, la transformation numérique et l’intégration des daaras seront poursuivis. Après 4 980 enseignants recrutés en 2025, un programme spécial de 2 527 recrutements sera lancé au plus tard au quatrième trimestre 2026. La Stratégie nationale de l’alimentation scolaire entrera également en phase opérationnelle.
Dans le supérieur, nous mettrons en œuvre l’Agenda national de transformation de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (ANTESRI) qui repose sur trois leviers cohérents avec la trajectoire nationale : redresser le système en le stabilisant ; impulser les réformes structurelles ; accélérer par les leviers d’impact et de souveraineté.
Rendre les soins accessibles partout et à tout moment
Dans la santé, la proximité, la qualité et la dignité seront les critères de résultat. Le diagnostic situationnel fait ressortir que 80 % des ressources infrastructurelles, matérielles et humaines des services publics et privés de santé sont concentrés à Dakar.
Une telle situation est incongrue. Par conséquent, nous nous engageons à ce que les urgences, les services de maternité, pédiatrie, chirurgie, télémédecine, la couverture sanitaire et la présence effective des personnels soient renforcés sur tout le territoire. La continuité des soins doit être garantie lors de toute rénovation hospitalière ; les coupures d’eau et d’électricité dans les établissements de santé ainsi que l’attribution de marchés à des opérateurs inadaptés ne sont pas acceptables. Le relèvement des plateaux techniques sera accéléré par la construction et la rénovation d’hôpitaux, de centres et de postes de santé.
Sur la période 2026-2034, le gouvernement renforcera la couverture santé universelle et l’Assurance maladie obligatoire, actualisera la Carte sanitaire et déploiera le Dossier Patient informatisé ainsi que l’Observatoire de la santé. »
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– Le Premier ministre détaille quatre leviers pour améliorer la qualité de vie des Sénégalais : allègement du panier de la ménagère par la souveraineté alimentaire, protection des 645 636 ménages vulnérables non couverts, réduction de 30 % du prix de l’électricité d’ici 2030, et construction de 30 000 logements par an pour résorber le déficit de 500 000 unités.
– Le gouvernement prévoit de faire bénéficier un million de ménages pauvres et vulnérables d’un filet social solide d’ici 2027, avec une enveloppe portée de 70 milliards F CFA en septembre 2026 à 140 milliards en 2027, et promet d’apurer les arriérés des Bourses nationales de sécurité familiale en septembre 2026.
– Le Masterplan de l’Agenda Sénégal 2050 projette 1 520 000 emplois à l’horizon 2029, dont 113 500 dans les coopératives agricoles, 60 000 dans la pêche et l’économie bleue, et 50 000 dans le logement abordable.
Auteur: Awa FAYE
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