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En pleine préparation de la nouvelle saison de Ligue 2, le Dakar Université Club affiche clairement ses ambitions. Après avoir manqué la montée lors de la dernière journée la saison passée, le club veut cette fois décrocher son ticket pour la Ligue 1. Préparation, recrutement, arrivée de Beau Saliou Touré, objectif de montée, mais aussi difficultés financières et soutien attendu des autorités, le président de la section football du DUC, Samsidine Diatta, fait le point avec Wiwsport.
Comment se passe la préparation du DUC pour cette nouvelle saison ?
Nous avons commencé la préparation depuis le 1er juillet. Depuis quelques années, nous commençons notre préparation à cette période. Le coup d’envoi du championnat est prévu le 3 octobre et il nous reste encore quelques semaines pour être prêts. Depuis le 1er septembre, nous avons commencé par des petits tests avec des joueurs que nous avions ciblés. Nous avons ensuite vu beaucoup de joueurs et ciblé certains profils évoluant en Ligue 1 et en Ligue 2 pour renforcer l’équipe qui était déjà en place.
Il faut rappeler que nous avons fait une très bonne saison l’année dernière, mais nous avons raté la montée lors de la dernière journée. Il fallait donc renforcer nos points faibles et continuer à travailler. Nous venons de boucler une première semaine de préparation et nous allons entrer dans une phase de préparation fermée. Les joueurs seront ensemble pendant quinze jours afin que le groupe puisse être au meilleur niveau avant le coup d’envoi.
Vous avez manqué la montée la saison dernière. Qu’est-ce qui doit changer cette année ?
C’est la rigueur et le travail. C’est ce que je demande à l’entraîneur. Pour prétendre à une montée, il faut nécessairement avoir une bonne défense. Quand il est arrivé, j’ai dit à l’entraîneur qu’il fallait mettre en place une défense solide. L’année dernière, nous avons marqué beaucoup de buts, mais nous en avons également trop encaissé. Pour monter, il faut encaisser moins et marquer davantage. Nous allons travailler dans ce sens.
Ce n’est pas parce que les joueurs qui étaient là sont mauvais. Il y a parfois eu des erreurs, un manque de concentration, et nous avons encaissé des buts que nous aurions pu éviter. C’est une expérience et c’est comme cela qu’on grandit. Puisque nous avons identifié nos difficultés, notamment sur le plan défensif, nous devons maintenant travailler pour être beaucoup plus solides.
L’objectif est-il clairement la montée en Ligue 1 ?
Oui, l’objectif est clair. Nous visons la montée. Je l’ai dit depuis le départ aux joueurs. Quand je suis arrivé à la tête du club, j’avais une planification sur cinq ans, parce que je voulais avancer étape par étape. Je suis ici depuis une saison et demie et cela va faire ma troisième saison. Mais je pense que les choses peuvent aller plus vite que prévu. Nous allons donc saisir nos chances pour être en Ligue 1. Après, c’est le travail qui déterminera tout. Il y a aussi une part de chance dans le football et nous espérons qu’elle sera de notre côté cette saison. Dès le coup d’envoi, chacun doit savoir que nous sommes là pour aller en Ligue 1. L’objectif est vraiment la montée.
Est-ce que le choix de Beau Saliou Touré, connu pour son expérience des montées, s’inscrit justement dans cette ambition ?
On peut dire que c’est un spécialiste des montées. C’est ce que Dieu a permis et nous souhaitons que cela fonctionne encore avec nous. Beau a débuté comme entraîneur professionnel au DUC. Je l’avais vu dans le football amateur et je l’avais amené au DUC. Il avait donc commencé ici comme entraîneur professionnel. Aujourd’hui, il revient avec beaucoup plus d’expérience et avec sa licence A, et je l’en félicite. Tout ce qu’il a accumulé comme expérience doit être mis au service du club pour mettre en place un système de travail basé sur l’engagement et l’abnégation, afin de pousser les joueurs à se surpasser et à gagner les matches, un par un, jusqu’à atteindre peut-être la Ligue 1.
Le DUC a recruté plusieurs joueurs pour renforcer l’effectif. Pouvez-vous faire le point sur le recrutement et sur l’effectif à quelques semaines du début de la saison ?
Nous avons réussi à recruter pas mal de joueurs pour renforcer le groupe, parce que nous avons aussi enregistré beaucoup de départs. Notre joueur de l’axe central est parti, notre meilleur buteur de Ligue 2 est parti et notre milieu de terrain est également parti au Mozambique. Nous avons donc ciblé des joueurs pour renforcer l’équipe, malgré nos moyens limités. Il faut le reconnaître, le DUC n’est pas un club très riche.
Le DUC n’a pas les mêmes moyens financiers que certains clubs. Comment gérez-vous cette réalité ?
C’est très difficile. Le football ne suffit pas à lui seul. Nous faisons partie des clubs qui n’ont pas de gros salaires. Avec les joueurs, je tiens un langage de vérité. Quand un joueur arrive, il connaît déjà les difficultés du club, mais aussi ses avantages. Je lui explique clairement ce que nous pouvons faire. Ensuite, c’est à lui de décider. Je ne mens pas aux joueurs. Je leur dis ce que nous pouvons faire et, s’ils veulent nous aider, nous avançons ensemble.
Mais dans une équipe de football, il n’y a pas que la qualité des joueurs qui compte. Il y a aussi l’engagement et l’esprit d’équipe. Il faut que le groupe vive bien. Même avec beaucoup de talent, si le groupe ne fonctionne pas bien, on ne peut pas faire grand-chose. Nous devons donc permettre aux joueurs que nous avons recrutés de bien vivre ensemble et de rêver. Parce que c’est le rêve qui nous permet d’atteindre nos objectifs. Je leur demande toujours de beaucoup rêver pour pouvoir atteindre les objectifs qui leur sont assignés.
Vous évoquez les difficultés financières. Où en est le club aujourd’hui ?
Nous avons rencontré beaucoup de difficultés, notamment financières. Aujourd’hui, nous avons énormément de créances. Les caisses sont rouges, très rouges même. Nous avons des dettes auprès de plusieurs personnes qui nous ont soutenus, notamment des amis et certains présidents de clubs. Mais je suis en train de mettre en place un système qui doit nous permettre de retrouver un équilibre financier. C’est important. Dès que nous aurons cet équilibre, nous aurons davantage de possibilités pour faire progresser le club. Pour l’instant, notre priorité est d’éponger les créances et les ardoises que nous avons accumulées. Nous demandons également à nos autorités, notamment au COUD et au rectorat, de nous accompagner.
Vous attendez également un soutien de la Fédération sénégalaise de football ?
Oui. La Fédération avait annoncé une subvention de 20 millions de FCFA pour les clubs de Ligue 2 et de 25 millions pour les clubs de Ligue 1. Malheureusement, la saison dernière, nous n’avons reçu que 8 millions, ce qui ne suffit absolument pas. Nous espérons donc que cette saison, dès le début du championnat, la Fédération pourra réagir et permettre aux clubs de souffler. Quand je vois que la Côte d’Ivoire donne 140 millions aux clubs de Ligue 1 et 70 millions aux clubs de Ligue 2, on voit bien que le fossé est énorme.
Il faut vraiment que nos autorités sportives prennent conscience de cet aspect. Le football est un levier économique important. Les clubs prennent en charge beaucoup de jeunes qui, autrement, seraient à la recherche d’un emploi ou pourraient être à la charge de l’État. Le sport est donc un raccourci pour l’État. Il faut que l’État en soit conscient et mette les moyens nécessaires pour permettre à ces jeunes de travailler dans de bonnes conditions et leur éviter de chercher une vie meilleure ailleurs, notamment à travers les pirogues ou l’émigration. C’est l’appel que nous lançons aux autorités, permettre à la jeunesse d’évoluer dans de meilleures conditions au sein de nos clubs.
wiwsport.com propos recueillis par Anta B. Ndiaye
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