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La conformité à l’ère de l’intelligence artificielle : les États appelés à renforcer leurs dispositifs de contrôle face à la sophistication de la criminalité
La conformité ne peut plus être considérée comme une simple fonction administrative. Ainsi, face à la sophistication croissante de la criminalité financière et à l’essor des technologies numériques, les institutions financières ouest-africaines sont invitées à repenser leur approche en intégrant pleinement les aspects gouvernance, gestion des risques et innovation technologique. Ils sont plus de deux cents experts à participer au Sommet ouest-africain sur la conformité 2026, qui a pour thème cette année : « Transformer la conformité de la gouvernance, de la gestion des risques d’entreprise et de la LPC/LTC/LCFP à l’ère de la technologie ».
Au nom du gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, Dr Olayemi Michael Cardoso, un représentant de l’institution, a expliqué que les risques auxquels sont confrontées les banques et autres institutions financières sont désormais profondément interconnectés. Une faiblesse dans la gouvernance peut rapidement devenir une faille exploitée par la criminalité financière, tandis qu’une défaillance technologique ou un problème de qualité des données peut entraîner de graves manquements en matière de conformité.
Selon lui, les investissements massifs réalisés dans les solutions technologiques ne suffisent pas à garantir la sécurité des institutions. Sans une gouvernance efficace, une responsabilité clairement établie et une supervision permanente, les outils les plus performants risquent de perdre leur efficacité. « La technologie peut traiter l’information et automatiser des contrôles, mais elle ne peut remplacer ni le jugement humain ni la responsabilité », a-t-il souligné.
Pour répondre à ces nouveaux défis, la Banque centrale du Nigeria a élaboré des normes minimales destinées aux solutions automatisées de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération. Ces référentiels visent à renforcer la qualité des données, la validation des outils technologiques et le contrôle continu des dispositifs de conformité.
Le responsable a également identifié trois priorités pour l’avenir : consolider la gouvernance des institutions, mettre fin aux cloisonnements entre les fonctions de conformité, de gestion des risques et de technologie, et veiller à ce que l’innovation s’accompagne d’une responsabilité et d’une supervision renforcées.
Dans son message de bonne volonté, la présidente du Forum des responsables de la conformité des États membres du GIABA, Vânia Alexandra Coronel da Rosa, a insisté sur la nécessité de transformer la fonction conformité en un véritable levier stratégique de gouvernance. Si les avancées technologiques offrent des opportunités inédites pour améliorer les systèmes de contrôle, elles fournissent également aux réseaux criminels des moyens toujours plus sophistiqués pour contourner les dispositifs de prévention, a-t-elle averti.
Elle a appelé les institutions à intégrer durablement la conformité dans leurs mécanismes de gouvernance, à renforcer les compétences des professionnels du secteur et à favoriser le partage d’expériences entre les États membres du GIABA. Pour elle, cette coopération régionale constitue un levier essentiel pour bâtir des systèmes financiers plus résilients et mieux préparés aux risques émergents.
Au terme de ce sommet, les organisateurs espèrent renforcer une culture de conformité fondée sur la gouvernance, la responsabilité et l’innovation, afin de mieux protéger les systèmes financiers ouest-africains contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et les autres formes de criminalité financière.
Auteur: Khady NDOYE
Publié le: Lundi 29 Juin 2026
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