Listen to the article
Insertion professionnelle : Dakar au cœur d’une réflexion stratégique sur l’emploi des jeunes et l’entrepreneuriat
Dakar a accueilli un important forum national consacré à l’emploi des jeunes, à l’entrepreneuriat et au développement économique du Sénégal. Réunissant des responsables institutionnels, des dirigeants d’entreprises et des hauts représentants de l’Église, cette rencontre de haut niveau a permis d’échanger en profondeur sur les défis et les opportunités liés à l’insertion professionnelle des nouvelles générations, ainsi qu’à la construction d’une économie plus inclusive et durable. Pour Étienne Diéne, président de l’Association des dirigeants et entrepreneurs catholiques du Sénégal (ADECCS), la question de la jeunesse constitue aujourd’hui l’un des enjeux majeurs et pressants du pays. Selon lui, la priorité absolue doit être accordée à la formation et à l’instruction professionnelle afin de mieux préparer les jeunes aux réalités complexes du marché du travail. « Trouver un emploi pour les jeunes n’est pas seulement une question de dignité, c’est aussi investir dans l’avenir », a-t-il déclaré. Il a notamment souligné l’importance de ce forum comme un espace privilégié de partage d’expériences, de réseautage et de réflexion collective.
Les recommandations phares issues des différents travaux de commissions devront être consignées dans un document de référence baptisé « Forum de Dakar », destiné à être transmis officiellement aux autorités sénégalaises.
Le président de l’ADECCS a également insisté sur le rôle salvateur du mentorat dans l’accompagnement des jeunes porteurs de projets. Selon lui, l’espoir, la confiance et l’encadrement par des modèles inspirants sont essentiels pour favoriser la réussite personnelle et professionnelle des nouvelles générations. Présente à cette rencontre, la ministre de la Jeunesse et des Sports, Clotilde Diémé, a rappelé de son côté que la jeunesse occupe une place centrale dans la vision de transformation systémique du Sénégal. Elle a mis en avant les grandes ambitions de la Vision Sénégal 2050, qui vise à bâtir un pays souverain, juste et prospère, solidement fondé sur des valeurs fortes tout en restant largement ouvert sur le monde. « Créer des emplois durables pour les jeunes n’est pas un acte de charité. C’est le meilleur investissement que nous puissions faire pour l’avenir », a-t-elle affirmé avec force.
La ministre a souligné que le développement économique endogène doit reposer sur un secteur privé national fort, innovant et intègre, capable de créer des opportunités d’emploi décent et de promouvoir des valeurs d’éthique et de responsabilité. Elle a également invité les entrepreneurs chevronnés à investir davantage dans les projets portés par les jeunes, à développer le mentorat de terrain et à soutenir la structuration de filières économiques locales créatrices de valeur ajoutée.
De son côté, Monseigneur André Guèye a rappelé l’engagement historique et indéfectible de l’Église au Sénégal en faveur du développement social, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’autonomisation des populations. Il a vivement encouragé les dirigeants d’entreprises à renforcer leur contribution au développement économique du pays à travers la création d’entités solides et d’emplois durables. Selon l’évêque, l’accès à un emploi digne constitue une réponse concrète et immédiate aux difficultés rencontrées par de nombreux jeunes, confrontés au chômage de masse, à la précarité et parfois à la douloureuse tentation de l’émigration clandestine. Il a également plaidé pour une économie solidaire fondée sur l’éthique et le développement humain intégral.
S’appuyant sur l’enseignement social de l’Église, Monseigneur Guèye a rappelé que la recherche du profit ne doit jamais être une fin en soi, mais plutôt un moyen au bénéfice exclusif de l’humanisation de l’économie et de la société. Il a notamment insisté sur la nécessité d’améliorer les conditions de vie des travailleurs, de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes et de renforcer la responsabilité sociale des entreprises (RSE). Au terme des riches échanges, un large consensus s’est dégagé autour de plusieurs priorités nationales : renforcer la formation professionnelle, promouvoir l’entrepreneuriat, développer le mentorat, encourager les investissements productifs et faire de l’emploi des jeunes une priorité nationale absolue.
Auteur: Yandé Diop
Publié le: Vendredi 26 Juin 2026
Lire l’article complet ici







