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Fonds destinés aux « martyrs » : L’APR réclame des comptes à Maimouna Dièye
L’Alliance pour la République (APR) hausse le ton dans le dossier des fonds publics distribués aux victimes et ex-détenus des manifestations politiques. Son porte-parole, Alioune Badara Coulibaly, interpelle directement l’ancienne ministre de la Femme et des Solidarités, Maimouna Dièye, qu’il invite à « rendre gorge » sur la gestion de ces ressources financières.
Selon le responsable de l’APR, plusieurs montants ont été annoncés au sujet de cette opération d’assistance, alimentant des interrogations sur le volume réel des fonds mobilisés.
« Des fonds publics ont été prélevés pour servir les intérêts de personnes désignées sous l’appellation de ‘martyrs’. Cinq milliards F CFA annoncés au départ ; 2,8 milliards F CFA au Grand Théâtre lors de la journée dédiée et 1,2 milliard F CFA récemment, à l’occasion de la passation de service entre Maimouna Dièye et son successeur au ministère de la Femme et des Solidarités. Quel montant retenir en fin de compte ? », dit-il.
Alioune Badara Coulibaly estime que ces décaissements pourraient soulever des questions d’ordre juridique et financier. Il cite notamment de possibles infractions liées à la gestion des deniers publics et appelle les institutions de contrôle à examiner le dossier avec rigueur.
L’ancien parti au pouvoir conteste particulièrement l’octroi d’aides de 10 millions F CFA aux familles de victimes et de 500 000 F CFA à des ex-détenus. Pour son porte-parole, l’indemnisation de préjudices humains relève normalement d’une décision de justice établie après enquête et détermination des responsabilités. Il considère que ces versements, effectués avant toute décision judiciaire définitive, soulèvent un débat sur le respect des principes de l’État de droit.
« Tribunal économique ou juridictions de droit commun : toute instance compétente mérite d’être saisie. Ce que réclament les citoyens attachés à la bonne gouvernance, c’est une procédure rigoureuse et impartiale. Le président Diomaye Faye et son gouvernement ne pourront prétendre à la crédibilité s’ils se limitent à des déclarations d’intention sans suites concrètes », lit-on dans le texte d’Alioune Badara Coulibaly.
Le porte-parole de l’APR élargit par ailleurs ses critiques à d’autres dossiers qu’il juge controversés, notamment les fonds destinés aux sinistrés de Bakel, l’affaire ASER, les fonds politiques attribués à la primature ainsi que la concession du môle 4 du Port autonome de Dakar.
Estimant que ces différents dossiers alimentent les interrogations sur la gouvernance actuelle, il appelle le chef de l’État à renforcer les mécanismes de contrôle et de reddition des comptes afin de restaurer la confiance des citoyens dans la gestion des affaires publiques.
« La Cour des comptes, l’Inspection générale d’État, le Parquet judiciaire financier et les autres corps de contrôle ont donc un écheveau à démêler. D’autant que cette affaire, malgré son ampleur, s’inscrit dans une série de controverses apparues après deux années d’exercice du pouvoir par le Pastef. L’Affaire ASER, régulièrement relayée, en est une illustration. À cela s’ajoutent les fonds politiques attribués à la primature — une première depuis l’indépendance — et les déplacements en jet privé à l’étranger. Que dire des 8 milliards F CFA destinés aux sinistrés de Bakel (sous la supervision de Maimouna Dièye) et de la concession du môle 4, engagée pour vingt-cinq ans sur 20 % du trafic maritime national sans passer par le Code des marchés publics ? », indique M. Coulibaly.
Il ajoute : « Le mode de gouvernance mis en place avant la rupture du tandem au sommet de l’État donne le sentiment d’un système tourné vers la captation des ressources plutôt que vers leur gestion transparente. L’Administration et les services publics semblent parfois fonctionner plus au profit d’intérêts particuliers que de l’intérêt général. Si le chef de l’État souhaite réellement corriger ces dérives, il lui revient d’exiger de ses collaborateurs une reddition rigoureuse des comptes, dans le strict respect des lois, des règlements et des droits humains. C’est à ce prix seulement que pourra être restaurée la confiance des citoyens. »
Auteur: Khady Ndoye
Publié le: Jeudi 11 Juin 2026
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