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Diobass : Le pari de l’agriculture pour sauver les terres de la pression immobilière
À Noto-Diobass, la terre n’est pas seulement un espace à vendre. Elle est une richesse à cultiver, à transformer et à transmettre aux générations futures. C’est le message porté par le maire Aliou Sarr, qui appelle à un changement de regard sur le foncier. Plutôt que de céder les terres aux promoteurs immobiliers, il invite les populations à miser sur l’agriculture, notamment l’agroécologie, pour créer de la valeur durable.
Lors des journées portes ouvertes du programme SAGA 2 porté par la FAO avec l’appui du gouvernement du Québec et de l’ONG Mer et Monde, l’édile de Noto-Diobass a rappelé l’importance stratégique de préserver le potentiel agricole du territoire.
« C’est en valorisant la terre, en l’exploitant avec l’agroécologie, que l’on se rend véritablement compte de son importance », a-t-il déclaré, appelant à rompre avec la logique de la vente systématique du foncier.
Pour lui, le développement du Diobass ne passera pas par la disparition progressive des espaces agricoles au profit de l’immobilier, mais par une exploitation intelligente des ressources disponibles.
« Il faut arrêter de brader nos terres aux promoteurs immobiliers. Nous devons les exploiter, les valoriser et les fructifier sur le long terme », a-t-il insisté.
Le Diobass, une terre de diversité et de potentiel
Devant les représentants de la FAO, des autorités locales et des acteurs communautaires, Aliou Sarr a présenté le Diobass comme un territoire à l’image du Sénégal : une terre de diversité culturelle, ethnique et religieuse où différentes communautés vivent dans la cohésion.
Cette richesse humaine constitue, selon lui, un atout pour bâtir un modèle de développement local inclusif. Le choix de Noto-Diobass pour accueillir les activités de SAGA 2 traduit d’ailleurs, à ses yeux, la reconnaissance du travail engagé par les populations, particulièrement les femmes.
« Les femmes du Diobass démontrent chaque jour, par leur courage et leur créativité, qu’elles sont au cœur du développement économique, social et environnemental de notre territoire » a-t-il salué.
Les femmes, moteurs de la transformation agricole
Pour Thomas Diop, directeur de l’ONG Mer et Monde Sénégal, l’expérience menée dans plusieurs communes démontre que l’agriculture familiale peut devenir un véritable levier de développement. À travers SAGA 1 et SAGA 2, des communautés de Noto-Diobass, Pambal et Oudalaye ont bénéficié d’un accompagnement comprenant des formations, des équipements agricoles, des semences, des intrants ainsi que des infrastructures communautaires.
« Un pays ne peut se développer sans une agriculture et un élevage performants. L’importation des denrées alimentaires ne peut constituer une stratégie durable de développement », a-t-il rappelé.
Dans les villages accompagnés, les femmes ont renforcé leurs compétences dans le maraîchage, l’élevage et la transformation des produits agricoles. Certaines ont également participé à des échanges d’expériences au Canada pour améliorer leurs pratiques.nLes techniques introduites, comme le compostage, les pépinières ou encore la méthode Zaï, permettent aujourd’hui d’améliorer la productivité tout en respectant les principes de l’agroécologie.
Créer de la richesse plutôt que vendre les terres
La problématique foncière dépasse toutefois le seul territoire de Noto-Diobass. À Oudalaye, le maire, docteur Oumar Ba, défend une autre approche : faire du foncier un outil de développement économique. Sa commune, l’une des plus vastes du Sénégal, veut mettre en place des zones d’aménagement capables d’accueillir des projets agricoles, pastoraux et entrepreneuriaux.
« Notre objectif n’est pas de distribuer des parcelles de manière dispersée, mais de créer des espaces structurés capables de produire de la richesse », explique-t-il. La municipalité travaille ainsi à la création de huit coopératives zonales inspirées des expériences accompagnées par la FAO et Mer et Monde. L’ambition est de dépasser les modèles traditionnels pour bâtir de véritables entreprises rurales capables de produire, transformer et commercialiser.
Faire des femmes et des jeunes les acteurs du changement
Pour Bintia Stephen Tchicaya, coordonnatrice sous-régionale de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest et représentante de l’organisation au Sénégal, la transformation des systèmes agroalimentaires passe nécessairement par l’autonomisation des femmes.
« Les femmes ne seront pas de simples bénéficiaires de cette initiative. Elles en seront les principales porteuses et les premières ambassadrices », a-t-elle souligné. L’accès aux moyens de production, au financement, à la formation et aux marchés constitue un enjeu majeur pour renforcer leur rôle économique. La FAO mise également sur la jeunesse rurale, appelée à devenir une nouvelle génération d’entrepreneurs agricoles capables d’innover.
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– Le maire de Noto-Diobass, Aliou Sarr, appelle à privilégier l’agriculture et l’agroécologie plutôt que la vente des terres aux promoteurs immobiliers.
– Le programme SAGA 2, soutenu par la FAO, le Québec et l’ONG Mer et Monde, accompagne les communautés locales avec formations, équipements et infrastructures agricoles.
– Les femmes sont présentées comme des actrices clés du développement local, avec un renforcement de leurs compétences en maraîchage, élevage et transformation des produits.
Auteur: Yandé Diop
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