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Zoonoses, climat et faux médicaments : Le cri d’alarme de la médecine vétérinaire sénégalaise
Maillon essentiel de la souveraineté alimentaire, la médecine vétérinaire fait face à beaucoup de mutations, notamment climatiques et sanitaires. Ainsi, pour renforcer la profession qui revient à protéger la production animale et la qualité des aliments destinés aux populations, l’APVS a lancé les bases de la réflexion lors d’un congrès.
Le premier congrès de l’Association des praticiens vétérinaires du Sénégal (APVS) s’est ouvert autour du thème : « Relever les défis de demain : la médecine vétérinaire sénégalaise face aux mutations climatiques, sanitaires et socio-économiques ».
Les praticiens ont mis en avant plusieurs contraintes qui affectent la profession, notamment les effets du changement climatique, l’émergence de nouvelles maladies, le déficit de vétérinaires dans les zones rurales et la circulation illicite des médicaments vétérinaires.
Ainsi, les praticiens veulent anticiper les nouveaux défis auxquels leur secteur est confronté. Réunis dans le cadre de leur premier congrès, les praticiens vétérinaires ont appelé à une meilleure adaptation de la profession aux mutations qui touchent le secteur de l’élevage.
Au cœur des préoccupations figure le changement climatique. Selon le président de l’APVS, Dr Ousseynou Diouf, les bouleversements climatiques perturbent notamment le calendrier pastoral et affectent directement la production animale. La variation de la pluviométrie contraint les éleveurs à modifier leurs déplacements à la recherche de zones plus favorables, avec des conséquences sur leurs activités.
À cette situation s’ajoute la réémergence de certaines maladies animales. La fièvre de la vallée du Rift, citée parmi les exemples, constitue désormais une préoccupation majeure pour les professionnels. L’APVS relève également la prolifération de plusieurs zoonoses et maladies aviaires, qui nécessitent une meilleure préparation des vétérinaires.
« Il faut que le vétérinaire puisse être équipé de façon pointue, pour pouvoir répondre présent par rapport à ces nouvelles préoccupations de la santé animale… Le changement climatique est une réalité et ça provoque l’émergence et la réémergence de beaucoup de maladies. Depuis presque trois à cinq ans, on assiste à la prolifération des zoonoses. L’année passée, on a constaté le Mpox, la fièvre de la vallée du Rift, et aussi le virus aviaire, qui est présent ici, dans nos élevages. Nos réflexions vont porter essentiellement sur ces mutations », explique le président de l’APVS, Dr Ousseynou Diouf.
La vente illicite des médicaments inquiète
Autre sujet majeur soulevé lors du congrès : la vente de médicaments vétérinaires en dehors des circuits autorisés.
Le président de l’APVS estime que la multiplication des marchés parallèles constitue non seulement une concurrence déloyale pour les professionnels, mais également un problème de santé publique. Une mauvaise utilisation des médicaments vétérinaires peut notamment favoriser l’antibiorésistance et entraîner la présence de résidus d’antibiotiques dans la viande, les œufs et d’autres produits destinés à la consommation.
Les praticiens appellent ainsi à un meilleur respect de la réglementation encadrant l’exercice de la médecine et de la pharmacie vétérinaires. Ils souhaitent également une clarification des rôles entre les différents acteurs intervenant dans le domaine de l’élevage.
Renforcer la présence des vétérinaires dans les zones rurales
Le manque de praticiens dans certaines zones du pays constitue également une préoccupation. Le ministre auprès du ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, chargé de l’Élevage, Ousmane Diagne, a reconnu que les éleveurs réclament davantage de vétérinaires sur le terrain.
Pour le ministre, il est nécessaire de créer les conditions permettant de motiver les professionnels à rejoindre les zones les plus reculées du pays.
« Il appartient maintenant à notre département de faire en sorte que les praticiens vétérinaires soient suffisamment motivés pour accepter d’aller dans le Sénégal des profondeurs », a-t-il déclaré.
Ainsi, face à ces mutations, l’APVS entend miser sur la formation continue et le renforcement des équipements. L’objectif est de permettre aux vétérinaires de mieux répondre à la prolifération de nouvelles maladies et aux exigences croissantes du terrain.
Le congrès doit également déboucher sur des résolutions portant sur l’avenir de la profession et l’actualisation du cadre législatif. Les praticiens souhaitent ainsi formuler des propositions susceptibles d’accompagner les pouvoirs publics dans la prise en charge des enjeux liés à la santé animale.
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– L’Association des praticiens vétérinaires du Sénégal a organisé son premier congrès pour aborder les défis du changement climatique, l’émergence de nouvelles maladies animales comme la fièvre de la vallée du Rift et les zoonoses, ainsi que le manque de vétérinaires dans les zones rurales.
– La circulation illicite de médicaments vétérinaires constitue un problème majeur qui crée une concurrence déloyale et risque de favoriser l’antibiorésistance et la présence de résidus d’antibiotiques dans les produits de consommation.
– L’APVS demande une meilleure motivation des vétérinaires pour travailler en zone rurale, ainsi qu’une formation continue et un renforcement des équipements pour répondre aux nouveaux défis sanitaires.
Auteur: Khady NDOYE
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