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De Broadway à la Casamance : L’incroyable destin de Kennedy Monique, la voix qui mixe Pop et Mbalax
Kennedy Monique est une chanteuse, auteure-compositrice et musicienne américaine. Originaire du Sénégal et de la France, mais élevée à New York, cette étoile montante brille également comme actrice, mannequin et présentatrice de programmes de télévision aux États-Unis. Fusionnant habilement l’Afrobeat, la Pop et le Mbalax, la jeune artiste se fait remarquer grâce à son EP Love Kennedy, où elle propose un style singulier, moderne et très accessible.
Née et ayant grandi aux États-Unis, la jeune auteure-compositrice-interprète de trente (30) ans est issue d’une union entre une mère sénégalaise et un père américain. Dès l’âge de 12 ans, elle fait ses premiers pas dans le mannequinat et le cinéma. Artiste polyvalente, elle s’est également illustrée dans la danse et l’animation d’émissions télévisées américaines telles que Teen React et Teen Kids News, avant de concrétiser ses débuts musicaux en 2022.
Dès son plus jeune âge, ses parents l’emmènent fréquenter les théâtres de Broadway pour y suivre des spectacles de musique, de danse et de comédie. Cette immersion culturelle forge sa vocation : elle commence rapidement à écrire ses propres textes et à les interpréter, avant d’intégrer une chorale. Aujourd’hui, l’étoile montante compose ses morceaux en mixant l’Afropop et le Mbalax, portés par des textes en français ou en anglais. Ce métissage sonore, qui séduit un public grandissant, s’affiche comme une revendication de ses identités multiples, ancrées entre la Casamance (région natale de sa mère), les États-Unis (son pays de naissance) et la France. Si elle a débuté par le violon durant son enfance, elle a fini par troquer cet instrument pour la guitare, avec laquelle elle compose désormais une partie de ses titres.
La musique, vitrine des sentiments les plus enfouis
Pour Kennedy Monique, la musique demeure le canal privilégié pour extérioriser ses émotions. À travers ses compositions, la chanteuse, qui évolue en solo, prône l’authenticité et invite chacun à assumer sa propre vérité. C’est dans cette dynamique qu’elle a récemment dévoilé Love Kennedy, un projet de cinq (5) titres. Le premier morceau, intitulé « Green Light » (Feu Vert), explore « cette étincelle qui naît après le premier regard amoureux ou amical », s’inspirant de son propre vécu.
Le deuxième titre, « Out My Head » (Sors de ma tête), met plutôt « l’accent sur l’obsession qui guette indépendamment les nouveaux amoureux », confie l’artiste.
Affichant sa vulnérabilité, « Glass Heart » (Cœur de verre), le troisième morceau de l’EP, exprime la peur de s’engager à nouveau après une rupture douloureuse. Dans le refrain, l’interprète livre ses craintes d’être blessée par un nouveau partenaire : « Ne joue pas avec mon cœur, mon cœur de verre ».
Vient ensuite « A Way », le quatrième titre de l’opus, qui marque une transition plus lumineuse en célébrant le moment de la rencontre avec l’âme sœur.
Enfin, l’album se clôt sur une note tout aussi poétique avec « Next to You » (À côté de toi). « Là, je parle des moments qui mettent à l’épreuve l’amour entre deux tourtereaux », explique-t-elle.
Ces cinq morceaux seront défendus sur scène lors des premières parties des concerts de Bass Thioung, Ada Boy, Ibra Nadio et Matadi. Le calendrier international de l’artiste s’annonce également chargé avec des dates prévues au Canada (à Montréal et Toronto), ainsi qu’aux États-Unis, où elle assurera la première partie du concert de Waly Seck à Washington.
Ce projet, qui s’ajoute à ses trois premiers singles (Do Me Right, Who Is She et 4 Me), témoigne de la volonté farouche de l’artiste de s’exprimer sans fard. Elle s’est ainsi bâtie une audience internationale grâce à une large distribution sur les plateformes de streaming mondiales, à l’instar d’Apple Music, Spotify, YouTube Music, Deezer, iTunes et plus de cinquante autres réseaux.
Dernièrement, elle a signé une collaboration avec Matar Bongo sur le titre « Niofi Né », un morceau dédié aux Lions de la Téranga à l’occasion de la Coupe du Monde 2026. Interprété en wolof, ce single se veut un élan de soutien pour Sadio Mané et ses coéquipiers. Dans le refrain, elle entonne fièrement : « Niofi né ndam li gnoko mom » (Nous sommes là, cette victoire nous appartient).
Le featuring, une collaboration artistique qui enrichit la musique
La jeune musicienne nourrit l’ambition de collaborer avec des artistes sénégalais, africains, américains et français de toutes les générations. Elle cite notamment sa grande idole Tracy Chapman, mais aussi des figures de la scène sénégalaise contemporaine comme Youssou Ndour, Amadeus, Waly Seck, Mia Guissé, VJ ou Ndaxté Lô. « Vous savez, on a beaucoup de talents ici au Sénégal », confie-t-elle. Ses aspirations internationales se tournent également vers la chanteuse franco-haïtienne Naïka et vers Shaddaï. Soucieuse de diversifier son art, elle envisage d’explorer prochainement d’autres genres musicaux comme le Blues, le Reggae ou le Jazz.
À la croisée des chemins entre l’ancienne et la nouvelle génération, Kennedy Monique refuse les artifices et privilégie exclusivement les prestations en direct. « Les playbacks, c’est trop superficiel pour moi, alors que chanter en live est beaucoup plus sensationnel. Cela me permet de communier avec mon public et de m’exprimer librement », affirme-t-elle.
L’exposition des femmes dans l’industrie : le bouclier maternel
La chanteuse regrette le manque de considération dont souffrent encore trop souvent les femmes dans l’industrie musicale. Engagée contre toutes les formes de discrimination, elle exhorte les femmes confrontées au harcèlement sexuel à briser le silence et à avoir foi en leur potentiel. Gérant sa carrière sous le management de sa propre mère, elle confie se sentir protégée contre ces dérives.
Son parcours aux États-Unis, notamment dans les milieux du cinéma et de la danse, a parfois été jalonné d’actes racistes. Déterminée et résiliente, la jeune femme refuse de plier sous la pression : « Souvent, on entend dire « ne sélectionnez pas les filles noires » ».
En parallèle à sa carrière artistique, l’entrepreneure diversifie ses activités professionnelles. Elle s’active dans le commerce de thé vert et l’organisation d’événements privés. Elle a également fondé une structure de production en collaboration avec sa mère.
Sur le plan social, le duo dirige une association caritative déjà active en Tanzanie. Elles ambitionnent désormais de déployer leurs actions au Sénégal, avec pour objectif principal d’améliorer les conditions de vie des femmes et des jeunes filles, tout en travaillant sur l’évolution de leur autonomisation et de leur état d’esprit (mindset).
Auteur: Fatoumata Kidiera
Publié le: Dimanche 21 Juin 2026
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