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Par décret n°2026-1177, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a nommé Abdoul Madjib Gueye au poste de Premier président de la Cour des comptes du Sénégal. Une consécration qui vient couronner près de quarante années de carrière au service de l’État, dont plus de trois décennies consacrées au contrôle supérieur des finances publiques.
Dans les couloirs feutrés de la Cour des comptes, son nom évoque à la fois la rigueur, la mémoire institutionnelle et la discrétion. Magistrat financier de haut rang, Abdoul Madjib Gueye fait partie de cette génération de serviteurs de l’État qui ont accompagné, parfois dans l’ombre, la construction des grandes institutions de la République.
Conseiller maître de classe exceptionnelle, il présidait depuis 2014 la Chambre des entreprises publiques, une fonction stratégique qui l’a placé au cœur du contrôle des sociétés nationales et des organismes parapublics.
Durant cette période, il a supervisé plus d’une cinquantaine de missions d’audit, de contrôle et d’évaluation de la performance publique.
Avant cela, il a occupé les fonctions de secrétaire général de la Cour des comptes entre 2006 et 2014, pilotant les projets de modernisation de l’institution et coordonnant sa gestion administrative et opérationnelle.
Un bâtisseur de la Cour des comptes
L’histoire professionnelle d’Abdoul Madjib Gueye se confond avec celle de la Cour des comptes sénégalaise.
Membre du comité chargé de l’élaboration des textes fondateurs de l’institution, il a participé à la définition de son architecture juridique et organisationnelle. Il a également présidé le comité chargé du premier plan stratégique de la Cour et conduit les travaux de réforme de la loi organique régissant l’institution.
Son empreinte s’étend aussi à la modernisation des méthodes de contrôle, à la transformation numérique et au renforcement des capacités des magistrats financiers.
À travers ces responsabilités, il s’est imposé comme l’un des principaux artisans de l’évolution de la juridiction financière sénégalaise vers les standards internationaux.
Un expert reconnu au-delà des frontières
Le nouveau Premier président a enrichi son expertise au contact de plusieurs institutions de référence, notamment le Bureau du Vérificateur général du Québec, la Cour des comptes de France et le cabinet français Salustro Reydel.
Ancien formateur au sein du CREFIAF et de l’INTOSAI, il a contribué à la formation de générations de vérificateurs publics sur des thématiques aussi variées que l’audit financier, la détection de la fraude ou encore l’évaluation des politiques publiques.
Le parcours d’un major de promotion
Titulaire d’une maîtrise en sciences économiques, option gestion des entreprises, Abdoul Madjib Gueye est diplômé de l’ancienne École nationale d’administration et de magistrature, où il est sorti major de la division économique et financière de la promotion Momar Talla Cissé. Il est également détenteur d’un diplôme supérieur comptable obtenu à Dakar.
Avant d’intégrer les juridictions financières, il a exercé plusieurs responsabilités dans l’administration territoriale et sectorielle, notamment au sein des ministères chargés de l’Industrie et du Développement rural.
Élevé au rang de Grand officier de l’Ordre du Mérite, il incarne une génération de hauts fonctionnaires façonnés par la culture du service public et la recherche de l’efficacité de l’action de l’État.
Le défi de la crédibilité
Sa nomination intervient dans un contexte où la Cour des comptes est appelée à jouer un rôle central dans l’amélioration de la gouvernance publique, le renforcement de la transparence budgétaire et l’évaluation des politiques publiques.
À la tête de l’institution, Abdoul Madjib Gueye hérite d’une responsabilité majeure : conforter l’indépendance et l’autorité de la juridiction financière, tout en répondant aux attentes croissantes des citoyens en matière de reddition des comptes.
Pour cet homme de dossiers, habitué aux chiffres plus qu’aux projecteurs, l’heure est désormais venue d’inscrire son nom au sommet d’une institution qu’il a contribué à bâtir, pierre après pierre.
Par Salla GUEYE
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