Listen to the article
Présenté en avant-première, le mercredi 16 septembre 2026, l’album visuel « Digg Doole » porte une nouvelle étape dans le parcours d’Amadeus. Cette production est nourrie par un travail plus approfondi sur les rythmes, les sonorités et la diversité des styles musicaux. Elle se caractérise aussi par une écriture en wolof riche en nuances et en profondeur, des collaborations avec Dip Doundou Guiss et Aïda Samb, ainsi qu’un film pour prolonger son répertoire musical en images et donner une forme visuelle aux mots qui accompagnent depuis des années son univers artistique.
La musique arrive d’abord par les oreilles, avec ses rythmes, ses variations, ses couleurs et ses changements de texture, avant de prendre une autre dimension avec les images du film associé à « Digg Doole ». Pour Amadeus, l’album constitue une étape de travail particulièrement importante, avec une recherche musicale plus poussée, des formes rythmiques davantage travaillées et une palette de styles qui élargit encore son langage artistique. La génétique sonore gagne en profondeur, les textes prennent davantage de place et l’ensemble donne à entendre un artiste attentif à la construction de son œuvre, à la manière dont une chanson peut porter une pensée, une émotion, une histoire et une certaine lecture du monde. « À un stade de notre art, il arrive que nous soyons obligés de toucher à d’autres arts », explique Amadeus, avec une phrase qui résume la direction prise pour « Digg Doole ». La musique ouvre aussi la porte au cinéma, avec un film conçu comme une prolongation du disque et comme une manière de donner une présence visuelle aux textes. « L’idée de ce film est justement de prolonger mon répertoire musical en images », précise-t-il. L’association entre les deux formes artistiques prend une importance particulière dans son travail d’écriture. Amadeus écrit beaucoup en wolof, une langue qui lui permet de travailler la profondeur des expressions, les images, les nuances et les sous-entendus, avec une attention portée au sens des mots autant qu’à leur musicalité. « Mes textes sont souvent un peu profonds en wolof et le film vient mettre des images sur ces mots », dit-il. Le cinéma apporte ainsi une autre lecture aux chansons, avec des images qui viennent prolonger les paroles et donner une dimension supplémentaire aux récits contenus dans l’album. Dans « Digg Doole », le travail musical occupe une place centrale. Le rythme reçoit une attention particulière, avec des constructions plus fouillées, des variations qui donnent aux morceaux des identités distinctes et une recherche autour de plusieurs styles musicaux.
Un opus de maturité
Les sonorités dialoguent, les arrangements prennent davantage d’espace et la musique accompagne les textes avec une précision qui renforce leur portée. L’ensemble traduit une volonté de construire un disque dans lequel la forme musicale possède autant d’importance que la parole. Le travail sur les textes accompagne cette recherche. Amadeus conserve une écriture nourrie par le wolof, avec des mots capables de porter des idées longues, des observations sur la vie, les relations humaines, les expériences personnelles et les réalités de son époque. La profondeur recherchée dans les textes trouve un prolongement naturel dans le travail sonore, avec une musique capable de créer plusieurs niveaux d’écoute. Une première écoute peut retenir le rythme ou une mélodie, tandis qu’une attention plus soutenue conduit vers les mots, leurs images et leurs significations. L’album porte ainsi une réflexion sur le parcours artistique lui-même. Amadeus parle de maturité, de confirmation et d’une période particulière de son existence. « Cet album détermine une sorte de maturité dans ce que je fais », confie-t-il. La phrase prend une résonance particulière lorsqu’il évoque son âge et la place qu’il occupe aujourd’hui dans son parcours. « À cet âge, je pense que j’en suis au milieu de ma vie, donc au milieu de mon art ». Le disque porte alors le regard d’un artiste qui mesure le chemin parcouru et qui inscrit sa création dans une période de pleine conscience artistique. « C’est un album de confirmation mais aussi de maturité », résume-t-il. La confirmation concerne une identité musicale construite au fil des années, tandis que la maturité se lit dans la manière de travailler les compositions, les textes, les rythmes et les différentes influences musicales réunies dans l’album. Les collaborations avec Dip et Aïda Samb participent à cet élargissement du registre. Deux présences qui apportent chacune leur sensibilité au projet et qui permettent à Amadeus d’ouvrir davantage son écriture et sa musique à d’autres voix. Ces rencontres prolongent le travail engagé sur les styles et les sonorités, avec des échanges artistiques qui enrichissent la matière du disque et donnent aux morceaux concernés une autre couleur. Avec Dip, la collaboration inscrit « Digg Doole » dans une rencontre entre deux sensibilités de la musique sénégalaise, avec une attention particulière portée au texte et à la manière dont les mots trouvent leur place dans la composition. La participation d’Aïda Samb apporte une autre tonalité, portée par une voix profondément liée aux traditions musicales sénégalaises et par une présence qui élargit encore la palette sonore de l’album. Le film donne à l’ensemble une autre profondeur. Amadeus pense la musique avec l’image, les mots avec des situations visuelles, les chansons avec des séquences capables de prolonger leur sens. Le cinéma sert ainsi de territoire supplémentaire à son écriture, avec une volonté de faire circuler les textes d’un langage artistique à un autre. La démarche rejoint directement sa conception de la création artistique. Pour Amadeus, une carrière se construit aussi par des expériences, des recherches et des rencontres entre différentes disciplines.
Désir de confirmation sur la scène
La musique constitue le centre de son travail, tandis que le cinéma vient lui offrir une autre surface d’expression. Le passage d’un art à l’autre prend ainsi une dimension naturelle dans « Digg Doole », avec un album pensé comme une œuvre musicale et un film conçu pour en prolonger les résonances.
Le disque porte aussi une attention particulière aux différentes manières de faire vivre le rythme. Les changements de tempo, les choix d’instruments, les arrangements et les variations stylistiques donnent aux morceaux des reliefs distincts. La recherche musicale accompagne ainsi la maturation de l’écriture, avec une volonté de donner à chaque chanson une architecture cohérente et une identité propre. Dans les textes, le wolof garde une place essentielle. La langue offre à Amadeus un espace d’expression riche en images, en références et en nuances, avec des formulations qui peuvent prendre plusieurs significations selon l’écoute. « Digg Doole » arrive ainsi comme un disque de maturité, mais aussi comme un moment de bilan et de projection. Amadeus regarde son parcours avec la conscience d’un artiste situé au milieu de sa vie et qui considère également se trouver au milieu de son parcours artistique. Cette position donne à l’album une dimension particulière, avec une musique qui puise dans l’expérience accumulée tout en continuant à chercher de nouvelles formes. L’avant-première de ce mercredi 16 septembre 2026 permet ainsi de découvrir une œuvre pensée dans plusieurs dimensions, avec la musique, les textes, les collaborations et le cinéma réunis autour d’une même démarche. « Digg Doole » porte la volonté d’un artiste de poursuivre son chemin créatif en approfondissant sa matière musicale, en donnant davantage de place aux textes et en ouvrant son répertoire aux images. Au milieu de sa vie, Amadeus situe donc son art dans une période de maturité et de confirmation, avec un album qui regarde le chemin parcouru tout en ouvrant de nouvelles portes. Les rythmes, les styles, les mots de wolof, les voix de Dip et d’Aïda Samb et les images du film composent les différentes dimensions d’une même œuvre, pensée pour prolonger la musique au-delà de l’écoute et donner aux textes une seconde vie dans le langage du cinéma.
Par Amadou KÉBÉ (Texte), Arame NDIAYE et Djamil THIAM (Vidéo)
Lire l’article complet ici
