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Les Classes préparatoires aux grandes écoles (Cpge) constituent un important vivier pour la formation des ingénieurs. Le directeur de l’établissement, le Pr Magaye Diop, annonce un taux de réussite de 83% pour la première promotion présentée en 2024 à différents concours, contre 93 % pour celle de 2025.
Lancé en 2022, le programme des Classes préparatoires aux grandes écoles (Cpge) ouvre une nouvelle voie d’accès aux grandes écoles d’ingénieurs, au Sénégal comme à l’étranger. Selon le directeur de l’établissement, le Pr Magaye Diop, les Cpge sénégalaises, inspirées du modèle français, permettent aux bacheliers d’acquérir de solides bases scientifiques et techniques. Dans un entretien accordé au « Soleil », il explique que la formation dispensée dans les Cpge assure aux étudiants une compréhension approfondie des disciplines enseignées. Selon lui, cette formation prend en compte l’évolution des savoirs, leurs applications ainsi que l’initiation aux méthodes de recherche. Elle s’inscrit dans le cadre des politiques nationales visant à doter le pays de ressources humaines hautement qualifiées, capables de contribuer efficacement à son développement.
Le Pr Magaye Diop souligne que le projet des Cpge se veut un incubateur de talents au sein de l’École polytechnique de Thiès (Ept), avec l’ambition de constituer un modèle de formation post-baccalauréat dans les domaines scientifiques et technologiques. Il rappelle que les premières classes préparatoires ont démarré avec 25 places en Mathématiques, physique et sciences de l’ingénieur (Mpsi) et 25 places en Physique, chimie et sciences de l’ingénieur (Pcsi), soit un total de 50 places pour une demande au moins dix fois supérieure. Selon lui, ce modèle est appelé à monter progressivement en puissance au cours des cinq prochaines années, avec un objectif compris entre 300 et 500 étudiants. « L’augmentation du nombre d’étudiants permettra de constituer un vivier conséquent pour alimenter le cycle ingénieur des écoles d’ingénieurs sénégalaises », affirme-t-il.
Le directeur des Cpge revient également sur leur contribution à la formation des ingénieurs au Sénégal. « Les Cpge de Thiès constituent une nouvelle voie d’accès aux grandes écoles d’ingénieurs du Sénégal. Leur valeur ajoutée réside dans la formation de nouveaux profils d’élèves ingénieurs, complémentaires de ceux recrutés directement après le baccalauréat. C’est une richesse pour les écoles comme pour les entreprises », explique-t-il. Dans cette perspective, les Cpge devraient être progressivement déployées dans les différentes régions du pays, en fonction des orientations des politiques publiques. Pour le Pr Diop, ces formations représentent également un atout pour l’économie nationale, appelée à mobiliser davantage de compétences scientifiques et technologiques dans le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050.
« Ce référentiel prévoit notamment le développement de huit pôles économiques régionaux compétitifs reposant sur des schémas organisationnels et techniques innovants », rappelle-t-il. Les performances enregistrées par les étudiants illustrent, selon le directeur, la pertinence du modèle. Les premières Cpge scientifiques ouvertes en octobre 2022 ont présenté leur première promotion aux concours nationaux et internationaux en juillet 2024. Des résultats jugés très satisfaisants Pour un effectif de 48 étudiants, la campagne de concours s’est soldée par un taux global de réussite de 83%, indique le Pr Diop. Les résultats ont été encore meilleurs en 2025 avec la deuxième promotion. « Le taux d’admission aux concours français a dépassé 93%, avec 41 admis aux concours Mines-Ponts, Mines-Télécom et des Instituts nationaux polytechniques sur un total de 44 candidats », précise-t-il.
Selon lui, ces performances ont également été confirmées au concours de l’École centrale de Casablanca, qui a attribué aux Cpge de Thiès le statut d’établissement ayant obtenu le meilleur taux d’admission au Pôle Concours Afrique cette année. Au total, 36 candidats ont été admis sur les 40 présentés, soit un taux de réussite de 90%. Le directeur souligne également que les Cpge ont contribué au démarrage des activités du Réseau des établissements publics de formation d’ingénieurs du Sénégal (Repfis), notamment à travers l’organisation d’un premier concours national en mai 2025. À l’issue de ce concours, 26 candidats ont été admis sur la liste principale et 14 sur la liste d’attente, malgré les contraintes liées aux capacités d’accueil limitées des écoles d’ingénieurs en troisième année. Le concours du Pôle Afrique de l’École nationale de la statistique et de l’analyse économique (Ensae) de Dakar est venu compléter cette série de bons résultats. Selon le Pr Diop, le taux de réussite y a dépassé 83 %, avec 25 admis sur 30 candidats présentés.
Par Aliou KANDÉ
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