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Le matin du 25 mars 2026, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution historique : la traite transatlantique et l’esclavage racialisé sont désormais reconnus comme les « plus graves crimes contre l’humanité ». Porté par le Ghana, ce texte a recueilli 123 voix pour, 52 abstentions et 3 votes contre, dont ceux des États-Unis et d’Israël. Pour les défenseurs des réparations, cette décision marque une étape clé, mais elle met aussi en lumière des contradictions persistantes, notamment en France, comme l’a souligné une récente enquête de Jeune Afrique sur les enjeux mémoriels.
Le Code noir, symbole d’un passé non soldé
En France, le Code noir, rédigé au XVIIe siècle pour réglementer l’esclavage dans les colonies, n’a jamais été formellement abrogé. Ce texte, qui considérait les personnes réduites en esclavage comme des « biens meubles », prévoyait des peines allant jusqu’à la mort pour les fugitifs. Malgré l’abolition de l’esclavage en 1848, son maintien dans le droit français est perçu comme une « offense » par de nombreux historiens et militants. (Anadolu)
Cette omission juridique prend une nouvelle dimension avec la résolution de l’ONU. Le Dr. Samiratou Dipama, enseignante-chercheuse à l’Université Thomas-Sankara au Burkina Faso, souligne que ce texte « rompt avec la marginalisation de la traite négrière dans le récit dominant ». Pour elle, cette reconnaissance place l’esclavage au même niveau que les crimes jugés lors du procès de Nuremberg, ouvrant la voie à des mécanismes de compensation.
L’Union africaine (UA) a salué cette avancée, tout en appelant à une « justice réparatrice ». Le président de la Commission de l’UA, Mahamoud Ali Youssouf, a félicité le Ghana pour son leadership, rappelant que les attentes du continent ne se limitent pas à une reconnaissance symbolique. Les discussions sur les réparations, déjà en cours dans plusieurs pays, pourraient s’accélérer avec cette résolution.
Cependant, trois pays ont voté contre le texte : les États-Unis, Israël et un troisième État non identifié dans les sources. Leur opposition s’appuie sur des motifs juridiques et politiques, mais elle contraste avec l’adhésion massive des autres membres de l’ONU.
Au Sénégal, cette résolution résonne avec les débats sur la mémoire coloniale et les demandes de réparations. Si aucun acteur local n’a encore réagi officiellement, des voix de la société civile pourraient s’emparer du sujet dans les prochains mois, comme le suggèrent plusieurs analyses publiées par Jeune Afrique.
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