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Première opération après l’accord avec le FMI : l’État du Sénégal cherchait 100 milliards, ce qu’il a obtenu et le signal du marché
C’était une opération particulièrement attendue. Dix jours après l’accord conclu au niveau des services entre le Fonds monétaire international (FMI) et l’État du Sénégal, les regards étaient tournés vers le marché financier régional pour mesurer la première réaction des investisseurs.
Le verdict est désormais connu
Vendredi, l’État du Sénégal a bouclé sa première opération sur le marché des titres publics de la région depuis l’annonce de l’accord avec le FMI. Il recherchait 100 milliards de FCFA. Les investisseurs ont proposé un peu plus de 109 milliards de FCFA. Au terme de l’opération, le Trésor a finalement retenu 101,3 milliards de FCFA.
Dans le détail, l’État a levé 25,8 milliards de FCFA sur les Bons assimilables du Trésor (BAT) à 364 jours, avec un rendement moyen pondéré de 7,87 %. Sur les Obligations assimilables du Trésor (OAT) à trois ans, il a retenu 45,4 milliards de FCFA, pour un rendement de 7,75 %. Enfin, 30,2 milliards de FCFA ont été mobilisés sur les OAT à cinq ans, avec un rendement moyen pondéré de 7,89 %.
Un coût qui se détend sur cinq ans
Ces derniers mois, l’État du Sénégal a dû lever des ressources sur le marché régional à des conditions parfois de plus en plus coûteuses. Mise en perspective avec l’opération du 28 août, la dernière émission avant l’annonce de l’accord avec le FMI, l’opération du 11 septembre livre donc plusieurs enseignements.
À court terme, le coût du financement s’est légèrement renchéri : le rendement du BAT à 364 jours est passé de 7,85 % le 28 août à 7,87 % le 11 septembre. En revanche, la détente est beaucoup plus nette sur les maturités longues. Sur les OAT à cinq ans, le rendement moyen pondéré a reculé de 8,24 % à 7,89 %, soit une baisse de 35 points de base. La maturité à trois ans évolue également dans le bon sens, avec un rendement passé de 7,77 % à 7,75 %.
Autre élément à relever : les montants mobilisés sur les maturités de trois et cinq ans représentent près de 75 % du montant total finalement retenu par le Trésor.
Un premier signal positif, mais pas encore un retour de confiance
Pour l’instant, il ne s’agit que d’une première opération depuis l’accord au niveau des services avec le FMI. Il serait donc prématuré d’en tirer des conclusions définitives sur l’évolution de la perception du risque sénégalais.
Mais certains indicateurs sont encourageants. Le marché a notamment accepté de financer davantage le Sénégal sur des maturités plus longues, alors que le rendement exigé sur cinq ans a sensiblement reculé.
« Quelques jours après le lancement du PTDS et l’accord technique avec le FMI, le marché financier régional envoie un premier signal encourageant », analyse le professeur Amath Ndiaye, économiste.
L’enseignant à la Faculté des Sciences économiques et de gestion (FASEG) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) relève que le signal le plus intéressant se situe au niveau des maturités. Près de 75 % des montants mobilisés portent en effet sur des OAT à trois et cinq ans.
« Le marché semble donc accueillir favorablement la nouvelle orientation : traitement de la dette, redressement budgétaire, accord avec le FMI et maintien de la dette en FCFA hors du champ annoncé du PTDS », indique-t-il.
L’économiste appelle toutefois à la prudence. Il serait, selon lui, « prématuré de parler d’un retour complet de la confiance ». Les investisseurs « reviennent sur les maturités moyennes, mais continuent d’exiger une prime de risque proche de 8 % ».
Cette première émission apporte donc un signal plutôt positif, particulièrement sur le financement à moyen terme. Mais elle ne suffit pas encore à conclure à une normalisation des conditions de financement du Sénégal. Les prochaines opérations permettront de vérifier si cette détente des rendements constitue une tendance durable ou simplement l’effet ponctuel du nouveau contexte créé par l’accord avec le FMI.
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– L’État du Sénégal a bouclé le 11 septembre sa première opération sur le marché des titres publics depuis l’accord avec le FMI, recherchant 100 milliards de FCFA et retenant finalement 101,3 milliards de FCFA.
– Les investisseurs ont proposé un peu plus de 109 milliards de FCFA ; l’État a levé 25,8 milliards sur les BAT à 364 jours (rendement 7,87 %), 45,4 milliards sur les OAT à trois ans (7,75 %) et 30,2 milliards sur les OAT à cinq ans (7,89 %).
– Le rendement des OAT à cinq ans a reculé de 8,24 % le 28 août à 7,89 % le 11 septembre, et les maturités de trois et cinq ans représentent près de 75 % du montant retenu.
Auteur: Youssouf SANE
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