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La conférence de droit organisée par le Groupe ISM de Saly a été le théâtre de déclarations fortes de Me El Hadji Diouf. Devant un amphithéâtre d’étudiants, l’ancien député et avocat a pointé du doigt une situation qu’il qualifie d’inédite : « Aujourd’hui, on a un président de l’Assemblée nationale qui n’est pas député. C’est une première. »
Interrogé par Dakaractu Mbour, Me El Hadji Diouf a rappelé que la loi est claire sur les incompatibilités et a insisté sur le respect de l’État de droit. « J’ai été député pendant dix ans », a-t-il ajouté, pour souligner son expérience de la fonction parlementaire.
Cette situation intervient après l’élection d’Ousmane Sonko au perchoir le 26 mai 2026, une première pour un député élu président de l’Assemblée nationale, mais qui soulève des questions juridiques. En effet, comme le rappelle l’avocat, la loi prévoit des incompatibilités entre certaines fonctions et le mandat de député. La question de la réintégration de Sonko à l’Assemblée nationale a d’ailleurs été portée devant le Conseil constitutionnel par des députés de l’opposition, qui ont soulevé la compétence de la juridiction pour trancher ce litige.
Me El Hadji Diouf ne s’est pas arrêté là. Il a également exprimé son profond malaise face à certaines décisions de justice, en particulier celles du Conseil constitutionnel. « Je me désole de voir certaines décisions de justice. J’ai honte de la décision du Conseil constitutionnel », a-t-il déclaré, estimant que ces décisions fragilisent la confiance des citoyens envers les institutions judiciaires.
Pour l’avocat, le droit ne saurait être une simple lecture mécanique des textes. « Le droit est souvent dit, mais il peut aussi être mal dit. Ceux qui doivent dire le droit peuvent parfois se tromper. C’est pourquoi les avocats sont là pour participer à l’œuvre de justice, attirer l’attention des juges et des procureurs lorsqu’une erreur risque d’être commise », a-t-il expliqué.
Invité par le PDG du Groupe ISM, Idrissa Mbengue, à la demande du professeur Ibrahima Ndiaye, Me El Hadji Diouf a également insisté sur l’importance de former une jeunesse capable de défendre les valeurs de la République. « Il s’agit de l’avenir de la nation. Une jeunesse bien formée est appelée à occuper demain les plus hautes fonctions de la République », a-t-il conclu.
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