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Deux ans après le décaissement de 37 milliards de francs CFA pour l’électrification rurale, l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) est au cœur d’un scandale politico-judiciaire. Ce dossier, désormais appelé « Asergate », a pris une tournure dramatique après les révélations du député Thierno Alassane Sall et la parution de l’ouvrage de Bachir Fofana, rapporte Xibaaru.
Pour les nouvelles autorités, ce scandale n’est plus un simple différend commercial avec le prestataire espagnol AEE Power. Il est devenu un fardeau politique qui écorne leur capital de confiance, fondé sur le triptyque « Jub, Jubbal, Jubbanti » (Droiture, Justice, Transparence). L’opinion publique s’étonne du retard dans l’affichage d’une fermeté similaire à celle des poursuites pour les détournements des fonds Covid-19, qui impliquaient 6 milliards de francs CFA.
L’absence d’une communication gouvernementale unifiée sur la disparition présumée de 37 milliards crée un contraste saisissant. L’opposition exploite cette situation pour dénoncer une justice à géométrie variable. Les pièces comptables et correspondances officielles divulguées à la presse révèlent des alertes ignorées sur le défaut de paiement des primes d’assurance, des contournements apparents du régulateur des marchés publics (ARCOP) et des décisions controversées de la Cour suprême.
Ce scandale survient dans un contexte macroéconomique restrictif. La Banque mondiale a revu les prévisions de croissance du Sénégal pour 2026 de 6,7 % à 2,2 %, en raison de l’existence d’une « dette cachée ». L’affaire ASER fragilise l’autorité du régime et engage la crédibilité diplomatique et financière du pays, d’autant que des procédures judiciaires ont été lancées en Espagne par les partenaires internationaux.
Le Parquet de la République financier a saisi un juge d’instruction et confié l’enquête au Pool Judiciaire Financier (PJF). Pour le président Bassirou Diomaye Faye, faire toute la lumière sur l’ASER est l’unique voie pour honorer le pacte de transparence. Le directeur général de l’ASER, Jean Michel Sène, a été contacté par la Section de Recherches de la gendarmerie en avril 2026.
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