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Évaluation du programme « Xëyu Ndaw Ñi » : Plus de 25 000 emplois créés et plus de 15 milliards injectés directement dans les économies locales
Le Fonds d’entretien routier autonome (FERA) a réuni, ce jeudi, l’ensemble des parties prenantes du secteur des infrastructures et de la décentralisation pour restituer les conclusions de l’évaluation indépendante de la composante routière du Programme d’urgence pour l’Emploi et l’insertion socio-économique des jeunes « Xëyu Ndaw Ñi ». Cette rencontre nationale, qui s’est tenue à Dakar, a été présidée par le secrétaire général du ministère des Infrastructures, Abdoulaye Guèye, en présence du Directeur général du FERA, Cheikh Dieng, et des maires venus des quatre coins du pays.
Un bilan positif
Lancé en 2021 par l’État du Sénégal pour répondre à la crise de l’emploi avec une dotation globale initiale de 450 milliards de FCFA (prolongée d’un an avec 150 milliards de FCFA additionnels), le programme « Xëyu Ndaw Ñi » visait à promouvoir l’insertion des jeunes à travers des chantiers d’intérêt public. La composante exécutée par le FERA a permis de financer l’entretien du réseau routier non classé, selon l’approche à Haute intensité de main-d’œuvre (HIMO), en déléguant la maîtrise d’ouvrage directement aux collectivités territoriales via des conventions de financement.
Conduite par le cabinet MKD Vision Holding sur un échantillon national couvrant 500 communes réparties dans les 46 départements et les 14 régions du pays, l’évaluation a démontré l’efficacité et le fort impact socio-économique du dispositif. Selon les résultats, 24,57 milliards de FCFA de financements publics mobilisés par le FERA entre 2023 et 2024 (conventions initiales et avenants) ; 25 570 prestataires locaux directement recrutés au niveau communal ; 15,67 milliards de FCFA de masse salariale injectés directement dans l’économie des ménages jusqu’en juillet 2024 ; une forte inclusion sociale : 52,3 % des bénéficiaires sont des femmes ; des résultats probants : 96,3 % des bénéficiaires notent une amélioration de leurs revenus et 95,2 % des usagers constatent un accès facilité aux écoles, marchés et centres de santé.
Un programme à fort impact positif
Cette évaluation indépendante réalisée avec « rigueur, transparence et objectivité » s’est appuyée sur une méthodologie mixte (quantitative et qualitative) combinant les critères de l’OCDE-CAD. L’enquête a mobilisé 4 700 jeunes bénéficiaires, 2 683 usagers, 542 transporteurs, 137 collectivités territoriales et 221 observations directes de tronçons routiers.
Par rapport à l’impact socio-économique sur les bénéficiaires, le rapport révèle une hausse des revenus : 96,3 % des bénéficiaires déclarent une amélioration directe de leur situation économique grâce à la rémunération perçue. Ce revenu sert prioritairement à couvrir les besoins essentiels du ménage (86,2%) et soutenir la famille (78,2%).
Pour la montée en compétences, 76,1 % des jeunes affirment avoir acquis des compétences techniques et organisationnelles dans les travaux publics. L’aspiration principale exprimée par les participants post-programme est l’accès à un emploi permanent (84,2%).
Concernant l’inclusion de genre, le programme se distingue par un niveau élevé d’équité : 52,3 % des bénéficiaires sont des femmes, et 92,5 % des répondants confirment que les femmes ont eu les mêmes opportunités d’accès aux chantiers HIMO. Toutefois, 17,2 % signalent la persistance d’obstacles socioculturels ou d’accès aux équipements.
Par rapport au désenclavement et la mobilité territoriale, les usagers constatent une nette amélioration de l’accès aux centres de santé (100 %), aux marchés (95,2 %) et aux écoles (95,2 %), et 79,7 % des transporteurs notent une amélioration des conditions de circulation et 78,0 % enregistrent une hausse de leurs revenus d’exploitation.
Défis identifiés et leviers d’amélioration
L’évaluation a mis également en lumière des contraintes opérationnelles majeures à corriger pour garantir la durabilité du dispositif. Il s’agit du ciblage de la jeunesse : seuls 5,0 % des bénéficiaires sont âgés de 18 à 25 ans, tandis que les plus de 35 ans représentent 56,9 % des effectifs ; les communes ont souvent privilégié la vulnérabilité globale des ménages, au détriment du ciblage prioritaire des jeunes primo-demandeurs d’emploi. Si 77,8 % des routes observées restent praticables toute l’année, 45,7 % des accotements présentent un mauvais état physique qui menace la chaussée à moyen terme en l’absence d’entretien préventif.
Pour la gouvernance communale, les audits ont fait état de faiblesses administratives dans certaines mairies (archivage contractuel, tenue comptable, manque d’encadrement technique dédié).
Perspectives à l’horizon 2031
Au-delà de ce bilan positif, l’atelier de ce 17 septembre 2026 pose les jalons du recadrage stratégique du programme à l’horizon 2030. Aligné sur la Stratégie nationale de développement (SND 2025–2029), le nouveau Plan d’actions introduit la révision du modèle de convention FERA-Communes, l’instauration d’une charte d’emploi des jeunes et des femmes, la création de Brigades communales d’entretien routier et la digitalisation intégrale du suivi-évaluation.
Par rapport aux perspectives à l’horizon 2031, le FERA, avec l’avènement de la nouvelle Stratégie nationale de développement (SND) qui place la souveraineté, le capital humain, l’équité territoriale et la bonne gouvernance au cœur de la transformation structurelle du Sénégal, ambitionne de faire évoluer ce programme. Pour le Directeur général, il ne s’agit plus de « gérer un mécanisme d’urgence ponctuel, mais d’ancrer un dispositif permanent et professionnalisant d’entretien routier communal ».
Pour ce faire, Cheikh Dieng annonce que le plan d’action d’ici 2030, qui sera validé au cours de la rencontre, s’articule autour de 8 axes stratégiques et 30 actions prioritaires. Selon lui, la première innovation majeure de cette restructuration est la refonte complète du cadre de partenariat. « J’ai le plaisir de vous présenter aujourd’hui le nouveau modèle révisé de convention de financement FERA-Communes », a-t-il annoncé.
Ce contrat de performance va désormais intégrer : des objectifs précis en matière d’emploi, de formation et de quotas de genre (au moins 30% de femmes) ; un accompagnement technique renforcé et la mise en place de Brigades communales permanentes d’entretien routier ; la digitalisation complète du suivi-évaluation (via la géolocalisation et l’usage de KoboCollect) pour assurer une transparence totale et une remontée d’informations en temps réel ; certification officielle des compétences acquises par les jeunes sur les chantiers pour que leur passage au programme serve de tremplin vers des emplois durables dans le secteur du BTP.
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– Le FERA a restitué l’évaluation indépendante de la composante routière du programme « Xëyu Ndaw Ñi », présidée par le secrétaire général du ministère des Infrastructures, Abdoulaye Guèye, à Dakar.
– L’évaluation, menée par MKD Vision Holding sur 500 communes, a recensé 25 570 prestataires locaux recrutés et 15,67 milliards de FCFA de masse salariale injectés dans l’économie des ménages jusqu’en juillet 2024.
– Le programme affiche 52,3 % de bénéficiaires femmes, mais seuls 5,0 % des bénéficiaires ont 18 à 25 ans, et 45,7 % des accotements observés présentent un mauvais état physique.
Auteur: Cheikhou AIDARA & Oumar SAMB
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