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De Dubaï à Dakar, le mariage de luxe vire au cauchemar : L’incroyable histoire des 2 kilos d’or volatilisés !
Une affaire d’abus de confiance, de faux et d’usage de faux a été jugée ce jeudi devant la chambre de jugement du Pool judiciaire financier, statuant en matière de flagrant délit. La partie civile, K. Ndiaye, accuse sa belle-mère, A. Gaye, d’avoir détourné deux kilogrammes d’or destinés à la confection de ses bijoux de mariage, qu’elle évalue à plus de 110 millions de FCFA.
Selon l’enquête menée par la Division des investigations criminelles (DIC), à la suite d’un soit-transmis du procureur de la République financier en date du 3 septembre 2025, et après plusieurs auditions, la DIC a transmis son dossier au parquet financier le 17 octobre 2025.
Selon les déclarations de K. Ndiaye, née en Zambie et directrice d’une société minière, son père lui aurait offert deux lingots d’or d’un poids total de deux kilogrammes afin de faire fabriquer les bijoux qu’elle devait porter lors de son mariage religieux prévu en avril 2025. Résidant à Dubaï à cette période, elle affirme avoir confié les deux lingots à sa belle-mère, A. Gaye, chargée de superviser la fabrication des bijoux au Sénégal. Elle dit lui avoir envoyé, via WhatsApp, les modèles souhaités. Son père aurait, en outre, remis 4 millions de FCFA destinés au paiement de la main-d’œuvre du bijoutier.
K. Ndiaye raconte avoir reçu les bijoux en Zambie, deux jours avant son mariage. À sa grande surprise, ceux-ci ne correspondaient ni aux modèles commandés ni au poids attendu. Après vérification, les bijoux affichaient un poids total de 420 grammes, très loin des deux kilogrammes d’or remis au départ.
Selon elle, lorsqu’elle a interrogé sa belle-mère sur cette différence, cette dernière lui a répondu qu’il s’agissait de tout ce que le bijoutier lui avait remis.
La plaignante affirme que la situation s’est éclaircie après des échanges entre son entourage et le bijoutier. D’après ses déclarations, elle a appris qu’A. Gaye avait vendu les deux kilogrammes d’or au prix de 55 millions de FCFA le kilogramme, soit 110 millions de FCFA au total.
Toujours selon sa version, avec cette somme, sa belle-mère aurait ensuite acheté des bijoux importés pesant seulement 420 grammes, composés notamment d’or de 18 et 21 carats, alors que l’or remis était du 24 carats.
La défense de la belle-mère
Entendue par les enquêteurs, A. Gaye a contesté les accusations de sa belle-fille. Elle soutient que les deux lingots ne lui ont jamais été remis directement par K. Ndiaye, mais par le père de cette dernière, A. Ndiaye.
Elle affirme également que les deux kilogrammes n’étaient pas exclusivement destinés à la future mariée. Selon ses déclarations, un kilogramme lui appartenait personnellement, tandis que le second était destiné à la confection des bijoux de K. Ndiaye.
A. Gaye explique avoir remis son propre kilogramme d’or au bijoutier O. Lam, qui le lui a acheté. Quant au kilogramme destiné à K. Ndiaye, elle affirme qu’il a été transformé en bijoux, le bijoutier lui remettant également une soulte de 300 000 francs CFA ainsi que des poussières d’or. Elle ajoute avoir remis ces bijoux à son époux, A. Ndiaye, afin qu’il les rapporte à sa fille à Dubaï.
Enfin, elle soutient que K. Ndiaye ne lui a jamais adressé directement d’instructions concernant les modèles de bijoux et qu’elle s’était conformée aux indications du père de la plaignante.
Placée sous mandat de dépôt le 26 juin 2026 pour abus de confiance, faux et usage de faux en écriture privée de commerce ou de banque, A. Gaye a nié les faits à la barre. Elle a réitéré les déclarations faites au cours de l’enquête. Elle a reconnu que les lingots d’or provenaient de son mari, mais a soutenu qu’ils n’étaient pas tous destinés à la confection des bijoux de sa fille.
Lors des débats, la partie civile, K. Ndiaye, est revenue sur ses déclarations, soutenant qu’en réalité, c’est son père qui avait remis l’or à la prévenue.
Entendu à titre de témoin, le bijoutier O. Lam a précisé que la dame lui avait vendu l’un des deux kilogrammes d’or et qu’elle lui avait demandé de transformer l’autre en bijoux d’une valeur équivalente.
Mes Borso Pouye, Aziz Djigo et autres sont d’avis que la prévenue est coupable des faits qui lui sont reprochés. Les conseils de la partie civile ont demandé au tribunal de la déclarer coupable. Me Borso Pouye a sollicité 22 millions de francs CFA de dommages et intérêts, correspondant, selon elle, au reliquat de la valeur des deux kilogrammes d’or.
Dans ses observations, le procureur de la République financier estime que la prévenue est coupable d’abus de confiance. Le parquet a toutefois précisé que la partie civile avait varié dans ses déclarations. « Elle avait déclaré, au cours de l’enquête, qu’elle avait remis l’or à sa belle-mère. À la barre, elle soutient que c’est son père qui avait remis l’or en son nom et pour son compte », a souligné le maître des poursuites.
Selon lui, la prévenue avait l’obligation de faire fabriquer les bijoux. Au lieu de bijoux de fabrication locale, elle a remis des bijoux importés. Pour le procureur, l’infraction d’abus de confiance est établie. A. Gaye a manqué à son obligation de représentation des bijoux. En revanche, concernant le délit de faux et usage de faux, le procureur a requis la relaxe avant de demander une peine de deux ans d’emprisonnement assortie du sursis pour l’abus de confiance.
Me El Hadji Diouf, de la défense, a déclaré : « C’est une dame victime des agissements de son époux parce qu’il est millionnaire. C’est une procédure destinée à lui éviter la prison dans l’affaire de violences conjugales qui doit être jugée devant le tribunal correctionnel de Dakar », a-t-il dit, avant de solliciter la relaxe pure et simple.
Me Assane Dioma Ndiaye a abondé dans le même sens. « Son époux l’avait menacée en lui disant : “J’ai répudié 12 femmes. Tu es la seule à me faire subir cet affront. Je te ferai subir pire que ce que tu m’as fait subir” », a révélé Me Ndiaye, qui estime qu’il s’agit d’un règlement de comptes.
Me Ndiaye a également sollicité une mise en liberté provisoire. Le parquet s’en est rapporté à la sagesse du tribunal, qui a rejeté la requête. L’affaire a été mise en délibéré au 6 août 2026.
Auteur: Doudou DIOP
Publié le: Jeudi 02 Juillet 2026
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