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Détecter les cancers pédiatriques précocement et agir vite. Tel est l’objectif principal poursuivi par l’Ong Action femme et enfant contre le cancer (Afec). À cet effet, elle a réuni, le samedi 12 septembre 2026, des acteurs communautaires et des journalistes en santé. À cette occasion, des spécialistes ont invité à une vigilance accrue et à une orientation rapide des enfants malades vers les centres de soins. Surtout dans un contexte marqué par des pesanteurs socioculturelles, un manque de ressources et des difficultés à référer les patients à temps.
Les tabous continuent d’entourer les cancers, souvent associés à la mort, à la peur, au fatalisme et au silence. Ainsi, le diagnostic est souvent tardif, ce qui réduit considérablement les chances de guérison. La situation n’est pas meilleure chez les enfants, dans la mesure où nombreux sont ceux qui ont encore du mal à admettre que ces derniers peuvent être touchés par le cancer. Consciente de ce défi, l’Ong Action femme et enfant contre le cancer (Afec) initie des activités de sensibilisation et de renforcement des capacités. Dans le cadre de « Septembre en or », mois dédié au cancer des enfants, tout comme « Octobre rose » l’est pour les cancers féminins et « Novembre bleu » pour ceux affectant les hommes, la session du samedi 12 septembre 2026 a réuni des acteurs communautaires et des journalistes spécialisés en santé.
Pour Diarra Guèye Kébé, présidente de l’Ong Afec, l’édition de cette année s’inscrit dans le cadre de leur « Plan stratégique 2026-2030, qui place la détection précoce et le plaidoyer institutionnel au cœur » de leurs actions. Cela d’autant plus qu’en raison de certaines croyances socioculturelles, des parents banalisent les signes d’alerte, différant ainsi les consultations dans les structures de soins. Aucun moyen de prévention n’étant disponible, encore moins un vaccin, la seule possibilité reste la vigilance concernant les signes visibles. « La grande difficulté est qu’on n’a pas de moyen de prévention. Il n’y a pas non plus de vaccin pour prévenir les cancers, il n’y a pas d’imagerie qui puisse les détecter. On doit donc sensibiliser les familles et la population aux signes visibles. On doit aussi former les acteurs de première ligne, les médecins généralistes, les spécialistes pour qu’ils reconnaissent ces cancers très tôt et qu’ils envoient l’enfant dès les premiers signes vers les centres de soins, parce que le temps est un facteur de pronostic majeur dans la prise en charge des cancers pédiatriques », souligne le Dr Fatou Binetou Diagne Akondé, oncologue-pédiatre. Ce faisant, elle insiste sur la sensibilisation des populations et l’orientation des acteurs communautaires.
La pharmacienne et gestionnaire de projet, Fatou Lama Dièye, ajoute : « Le diagnostic tardif est un obstacle à une prise en charge optimale dans des contextes à ressources limitées. » Pour gagner du temps et faire en sorte que l’enfant arrive tôt dans les structures sanitaires, elle insiste sur ce qu’elle appelle les « 3 R » : reconnaître, référer et rassurer. Cependant, elle attire l’attention sur les limites relevées dans le circuit de référencement de l’enfant malade, notamment le manque de moyens des parents, le manque de coordination entre les professionnels de santé et les erreurs pouvant retarder le diagnostic.
Le Dr Mame Ndella Diouf, qui a évoqué le diagnostic précoce des leucémies (le cancer le plus fréquent chez l’enfant au Sénégal), estime que le faible taux de guérison qui se situe à moins de 20 % en Afrique contre 95 % dans les pays riches est imputable au retard de diagnostic, au manque de moyens diagnostics ainsi qu’à l’indisponibilité des médicaments. De son côté, le Dr Raïhanatou Diallo, ophtalmologue ayant abordé le rétinoblastome (un cancer qui affecte les yeux), préconise de démarrer le processus de prise en charge dès les postes de santé. « Il faut référer à temps, dès la suspicion de la maladie », indique-t-elle. Toutefois, elle précise qu’il n’est pas nécessaire pour les agents de santé de première ligne (les infirmiers, par exemple) de faire des investigations qui risquent de retarder la prise en charge. En outre, le Dr Ndèye Fatou Sow, oncologue-pédiatre ayant traité des tumeurs cérébrales et du lymphome de Hodgkin (cancer des ganglions lymphatiques), estime que les familles doivent être écoutées, surtout les mères. Selon elle, ces dernières doivent être attentives à tout changement survenant chez l’enfant afin de solliciter à temps les structures de prise en charge.
Rappelant que le cancer pédiatrique n’est pas une fatalité, Diarra Guèye Kébé, la présidente de l’Ong Afec, estime « qu’aucun enfant ne devrait être privé de la chance de guérir par manque d’information ».
Maïmouna GUÈYE
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