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Invité de l’émission Jury du Dimanche pour présenter son ouvrage consacré au marché controversé d’électrification rurale, le journaliste Bachir Fofana n’a pas mâché ses mots. Face aux interrogations entourant le décaissement de plusieurs dizaines de milliards de francs CFA destinés à l’électrification de villages sénégalais, il a lancé une accusation lourde de sens : « On a menti aux Sénégalais. »
Selon l’auteur, l’écart entre les promesses officielles et les réalisations constatées sur le terrain est au cœur de son indignation. Il explique avoir entrepris ses recherches après avoir découvert des incohérences entre les déclarations publiques et les documents relatifs au projet. « Ce qu’on a présenté aux Sénégalais n’est pas conforme à ce que révèlent les documents », soutient-il.
Au centre de ses interrogations figure une avance d’environ 37 milliards de francs CFA décaissée dans le cadre d’un contrat d’électrification rurale. Selon les objectifs annoncés, ces fonds devaient permettre de raccorder des centaines de villages au réseau électrique. Pourtant, affirme-t-il, les résultats visibles sur le terrain sont loin des ambitions affichées. Il rappelle notamment qu’il avait été annoncé que 600 villages seraient électrifiés dans un délai relativement court après la reprise du projet. « Aujourd’hui, on ne peut pas montrer où sont ces 600 villages », déclare-t-il. Mais pour Bachir Fofana, le véritable drame se trouve loin des bureaux administratifs et des débats politiques. Il se situe dans les villages où les populations attendent encore l’électricité.
Il évoque des élèves contraints d’étudier sous les lampadaires publics, des familles vivant sans accès à l’énergie moderne et des structures de santé confrontées à des difficultés de conservation des médicaments et des vaccins. « Derrière les 37 milliards, il y a des milliers de familles qui attendaient un changement de vie », insiste-t-il. Le journaliste affirme également que plusieurs alertes auraient été ignorées tout au long de l’exécution du projet. Il cite notamment les questions liées aux assurances, aux procédures de contrôle et au suivi des décaissements. Sans désigner directement de responsables, il estime que les institutions compétentes doivent désormais établir les faits et situer les responsabilités éventuelles.
L’affaire a pris une dimension politique ces derniers mois. Les dénonciations du député Thierno Alassane Sall ont suscité de vives réactions au sein de la majorité, tandis que le Premier ministre Ousmane Sonko a publiquement soutenu la direction de l’ASER. Pour Bachir Fofana, toutefois, l’essentiel n’est pas là. « Ce dossier ne doit pas être une bataille politique. Les Sénégalais ont simplement besoin de savoir ce qui a été fait avec leur argent et pourquoi les résultats promis ne sont pas au rendez-vous », affirme-t-il.
Auteur: Yande Diop
Publié le: Dimanche 14 Juin 2026
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