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Le climat est particulièrement lourd à la suite de la décision controversée de la ministre sortante, le Dr Fatou Diouf, d’autoriser un dégel partiel des licences de pêche au merlu, brisant un moratoire vieux de vingt ans.
Face à cette mesure, le Groupement des Armateurs et Industriels de la Pêche au Sénégal (GAIPES) est immédiatement monté au créneau, fustigeant une « forfaiture maquillée en cause nationale » et dénonçant l’arrivée dans les eaux sénégalaises d’un opérateur qualifié de « fraudeur multirécidiviste ».
Bien que le Dr Fatou Diouf ait défendu son bilan à l’Assemblée nationale en insistant sur la modernisation des infrastructures et le besoin d’approvisionner le marché local, le patronat balaye l’argument de la sécurité alimentaire et redoute le maintien du « carton jaune de l’Union européenne » pour défaut de lutte contre la pêche illégale.
Dans ce jeu d’acteurs complexe, la nouvelle ministre choisit pour l’instant la prudence et la concertation, promettant d’étudier le dossier « en profondeur » et d’apporter les « actions correctives si besoin est ».
Elle peut cependant compter sur une relative bienveillance du Syndicat des Travailleurs de la Pêche (SYTRAPAS). Tout en félicitant Amy Mara Dieye, l’organisation syndicale a tenu à saluer les « acquis » sociaux légués par le Dr Fatou Diouf, notamment la sécurisation des primes et l’amélioration des conditions de travail des agents.
Rappelant que la pêche assure « 70 à 75 % des besoins en protéines animales de la population », le syndicat exhorte la nouvelle autorité à s’appuyer sur les ressources humaines internes et à instaurer un « dialogue social permanent » pour relever les immenses défis écologiques et économiques qui menacent la souveraineté alimentaire du Sénégal.
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