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51 ans : c’est l’âge qu’avait la journaliste d’Al Jazeera Shireen Abu Akleh lorsqu’elle a été tuée par balles le 11 mai 2022 à Jénine, en Cisjordanie occupée. Trois ans après les faits, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) demande aux autorités américaines de rendre public l’état d’avancement de l’enquête du FBI, qu’il juge au point mort.
Dans une lettre ouverte adressée jeudi soir au département de la Justice et au directeur du FBI, Kash Patel, l’organisation affirme que l’absence de progrès concrets est incompatible avec la protection des citoyens américains dans le monde. Le CPJ estime aussi que cette inertie revient à ne pas répondre au meurtre d’une citoyenne américaine par une armée étrangère.
La journaliste palestino-américaine couvrait alors des raids de l’armée israélienne dans la ville de Jénine lorsqu’elle a été mortellement touchée, alors qu’elle portait un gilet de presse clairement identifiable. Au fil des mois, Israël a d’abord accusé des combattants palestiniens, avant d’affirmer plus tard qu’il n’était pas possible de déterminer avec certitude l’origine du tir, tout en évoquant une « forte possibilité » d’un tir israélien, rappelle Al Jazeera au moment où le CPJ réclame aussi un calendrier d’enquête et la publication de ses conclusions.
Une enquête réclamée, des actes absents
Dans sa lettre, le CPJ souligne qu’aucun témoin n’a été formellement interrogé, malgré la volonté de plusieurs d’entre eux de coopérer. L’organisation dit également n’avoir constaté aucun signe d’activité du FBI pour recueillir des preuves en Israël ou en Palestine. Elle demande une enquête publique, impartiale et indépendante, à l’abri de considérations politiques.
La famille de Shireen Abu Akleh a déclaré jeudi que, malgré le temps écoulé, la justice reste hors de portée. Elle ajoute que cette absence de justice envoie un message dangereux, en laissant entendre que des journalistes peuvent être pris pour cible sans conséquence.
Le dossier s’inscrit dans un contexte plus large rappelé par le CPJ : depuis la mort de Shireen Abu Akleh, 258 journalistes et professionnels des médias ont été tués par Israël. L’organisation indique qu’Israël a reconnu avoir tué plusieurs journalistes, en affirmant qu’ils avaient des liens avec des groupes armés, des accusations rejetées par leurs employeurs et qualifiées de « calomnies meurtrières » par le CPJ.
Sara Qudah, directrice régionale du CPJ, estime que la culture d’impunité dont bénéficie Israël contribue directement à la poursuite du ciblage des journalistes. Sans enquête indépendante ni véritable obligation de rendre des comptes, a-t-elle affirmé, ces attaques continueront de s’aggraver.
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