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Migration clandestine : 143 morts ou disparus dans un naufrage au large de la Mauritanie, la pire tragédie de 2026
Cent quarante-trois personnes ont perdu la vie ou restent portées disparues après le naufrage d’une pirogue partie de Gambie, survenu au large des côtes mauritaniennes. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) qualifie ce drame d’incident le plus meurtrier enregistré depuis le début de l’année 2026 sur la route migratoires des Canaries.
L’embarcation avait quitté la localité de Bafuloto, en Gambie, avec environ 180 passagers à bord, selon les données de l’OIM. Après plus de 25 jours d’errance et de dérive totale dans l’océan Atlantique, elle a finalement été localisée le 18 juillet au large de Nouadhibou, dans le nord de la Mauritanie. Seules 38 personnes ont survécu à ce périple tragique.
Selon les garde-côtes mauritaniens, c’est le patrouilleur Yacoub Ould Rajel qui a repéré la pirogue à la dérive dans la nuit de vendredi, au terme de deux journées de recherches intensives. Trente-sept rescapés ont été secourus et un corps sans vie a été repêché lors de cette opération. Les survivants — 22 Sénégalais, sept Gambiens et huit Guinéens — ont expliqué avoir pris la mer depuis la Gambie avec pour objectif de rejoindre l’archipel espagnol des Canaries.
L’un des rescapés a décrit une traversée de l’enfer, dépourvue de nourriture et d’eau potable, marquée par la faim, la soif extrême et de sévères hallucinations chez plusieurs passagers. D’après les autorités maritimes mauritaniennes, le bateau s’est retrouvé totalement immobilisé à la suite d’une avarie de moteur, après l’épuisement complet des réserves de carburant et de vivres.
Une semaine noire au large de Nouadhibou
Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) indique que trois opérations distinctes de sauvetage et de débarquement ont été menées à Nouadhibou entre le 14 et le 18 juillet, permettant de mettre à l’abri 387 migrants originaires de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Lors de l’une de ces interventions, le 14 juillet, plus de 300 personnes avaient été secourues, avec un décès déploré à bord.
Une seconde embarcation, partie de Jinack, également en Gambie, transportant 179 personnes — dont 168 Sénégalais, quatre Gambiens, cinq Guinéens et deux Maliens — a par ailleurs été interceptée sans perte humaine par les patrouilleurs mauritaniens, au lendemain du naufrage principal.
L’analyse et l’alerte de l’OIM
Le porte-parole du HCR, Matthew Saltmarsh, a réaffirmé que la route maritime de l’Atlantique reliant l’Afrique de l’Ouest aux îles Canaries figure parmi les plus dangereuses au monde. L’immensité des distances, la violence imprévisible de l’océan et la surcharge de pirogues précaires en font un couloir de la mort. Ce nouveau naufrage porte à 168 le nombre de décès officiellement documentés sur cette voie depuis le début de l’année 2026.
L’organisation onusienne souligne un autre facteur déterminant : le durcissement des contrôles sécuritaires et des patrouilles au Sénégal et en Mauritanie a déplacé les points de départ vers la Gambie. Ce report géographique rallonge considérablement la durée de la traversée et accentue sa dangerosité.
Les décomptes publiés varient légèrement selon les sources : le nombre de passagers initialement montés à bord est estimé entre 160 et 200 personnes selon les médias, l’OIM retenant le chiffre de 180. Le bilan officiel retenu par le HCR le 21 juillet fait état de 143 morts ou disparus. Certaines données évoquent 144 victimes en comptabilisant le décès survenu séparément lors de l’intervention du 14 juillet. Le collectif d’alerte Sur les Traces du Migrant confirme pour sa part le bilan de 143 victimes directement liées au drame du 18 juillet.
Depuis 2014, plus de 6 750 personnes ont péri ou sont portées disparues sur ce corridor atlantique, qui s’impose comme l’une des routes migratoires les plus léthales de la planète, aux côtés de la traversée clandestine du désert du Sahara et de la Méditerranée.
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– 143 personnes sont mortes ou portées disparues dans le naufrage d’une pirogue partie de Gambie au large de la Mauritanie, selon l’OIM.
– L’embarcation transportait environ 180 passagers ; seules 38 personnes ont survécu après plus de 25 jours de dérive.
– Ce drame est l’incident le plus meurtrier de 2026 sur la route migratoire des Canaries, avec 168 décès documentés depuis janvier.
Auteur: Ousmane Ndiaye (avec OIM, HCR, Garde-côtes mauritaniens et EFE)
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