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CEDEAO : L’ECOGEB, un nouveau baromètre pour mesurer et réduire les inégalités de genre en Afrique de l’Ouest
Longtemps confrontée à l’absence de données statistiques harmonisées et fiables sur les inégalités entre les femmes et les hommes, l’Afrique de l’Ouest disposait de peu d’outils pour orienter efficacement ses politiques publiques en matière de genre. Avec l’élaboration de l’indice d’égalité du genre, appelé ECOWAS Gender Barometer (ECOGEB), la CEDEAO entend combler ce déficit en dotant ses États membres d’une base de données régionale scientifique capable de mesurer les écarts, d’identifier les priorités et de guider les décisions en faveur de l’égalité.
Durant trois jours, statisticiens, chercheurs, experts du genre, en particulier des directeurs nationaux chargés des instituts de statistiques, sont appelés à enrichir et valider l’ECOGEB, un ambitieux outil statistique destiné à mesurer les inégalités de genre dans les quinze États membres.
Le directeur du Consortium pour la recherche économique et sociale (CRES), le professeur Abdoulaye Diagne, a souligné que cette étape marque l’aboutissement de plusieurs mois de recherche et de collecte de données. « Nous ne produisons pas un classement de plus, ni un rapport destiné à dormir dans les tiroirs des ministères. Nous mettons à la disposition des décideurs un véritable outil de navigation fondé sur des données rigoureuses, comparables, actualisées et profondément ancrées dans les réalités ouest-africaines », a-t-il déclaré.
Selon lui, le CRES, mandaté par la Commission de la CEDEAO, a constitué une base de données inédite regroupant 823 indicateurs couvrant les quinze pays de la région sur une période de 23 ans. Cette plateforme harmonise des informations issues des instituts nationaux de statistique, de la Banque mondiale, de l’Organisation internationale du travail (OIT) ainsi que d’enquêtes spécialisées sur les violences basées sur le genre et les normes sociales.
Le Pr. Diagne a également insisté sur les défis rencontrés au cours de cette vaste opération. « Dans plusieurs pays, les femmes restent statistiquement invisibles dans des domaines pourtant essentiels à leur quotidien. Cette invisibilité est elle-même une forme d’inégalité que nous avons choisi de documenter plutôt que de masquer derrière des estimations approximatives », a-t-il expliqué.
Le directeur du CRES a invité les représentants des États membres à s’approprier pleinement le baromètre en examinant avec rigueur les choix méthodologiques, les indicateurs et la qualité des données. Car « c’est au prix de cette rigueur collective que l’ECOGEB deviendra un outil de référence pour les politiques de genre dans notre région ».
De son côté, la docteure Odile Ndoumbé Faye, chargée de programme genre et société civile au Centre de la CEDEAO pour le développement du genre, a rappelé que cet outil répond à une attente de longue date. « Pendant très longtemps, nous avons voulu influencer les politiques publiques sans disposer d’évidences scientifiques solides. Désormais, grâce à l’ECOGEB, nous pourrons identifier précisément les écarts, orienter les décisions et cibler les investissements là où les besoins sont les plus importants. L’objectif n’est plus d’appliquer les mêmes programmes partout, mais de répondre aux besoins spécifiques de chaque État membre », a-t-elle expliqué.
Elle a indiqué que la première phase du projet a déjà permis de rassembler les données disponibles, d’établir un classement des performances des États membres selon plusieurs domaines et d’identifier les priorités propres à chaque pays.
Ainsi, durant les trois jours de travaux, les participants devront notamment valider le guide méthodologique, définir les mécanismes de collecte des données statistiques à l’échelle régionale et préciser le rôle des instituts nationaux de statistique, des centres de recherche et des ministères chargés du genre dans l’alimentation de cette plateforme.
Auteur: Khady NDOYE
Publié le: Vendredi 26 Juin 2026
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