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Un symposium consacré à l’anémie ferriprive ou anémie par déficit en fer s’est tenu le 18 juin 2026 à l’Université Cheikh Ahmadoul Khadim (Ucak) de Touba. Le but est de permettre aux étudiants et aux acteurs de la santé de mieux comprendre la prise en charge de cette pathologie fréquente.
MBACKÉ – L’amphithéâtre de l’Université Cheikh Ahmadoul Khadim (Ucak) de Touba a accueilli, le jeudi 18 juin 2026, un symposium sur l’anémie ferriprive ou anémie par déficit en fer. Il a réuni étudiants, sages-femmes, infirmiers et professionnels de la santé. Selon la directrice du Laboratoire Ghpl, le Dr Ndèye Katy Fall, les cas d’anémie sont fréquents à Touba, notamment chez les femmes enceintes et les femmes en post-partum (la période qui suit l’accouchement). Une situation qui justifie, selon elle, la tenue de cette activité dans la capitale du Mouridisme. À l’en croire, les étudiants constituent leur principale cible, car « c’est au cours de leur formation qu’ils doivent acquérir une meilleure connaissance des pathologies, comprendre leurs mécanismes et maîtriser les traitements adaptés afin d’assurer, plus tard, une prise en charge efficace des patients ». Médecin hématologue clinicienne à l’hôpital Cheikh Ahmadoul Khadim de Touba, le Dr Marième Camara a rappelé, dans sa présentation, que l’anémie ferriprive est communément appelée anémie par carence martiale, c’est-à-dire une carence en fer.
En Afrique subsaharienne, a-t-elle souligné, l’insuffisance des apports nutritionnels liée à la sous-alimentation constitue l’une des principales causes de cette maladie. Le Dr Camara a ajouté que l’anémie ferriprive se manifeste notamment par une fatigue inhabituelle, une pâleur des muqueuses, un essoufflement à l’effort, des palpitations, des vertiges et des céphalées. Elle peut également entraîner des signes moins connus, tels que des difficultés de concentration, une baisse des capacités intellectuelles, une irritabilité et des troubles de l’apprentissage, particulièrement chez l’enfant. Le chef de Service de la maternité de l’hôpital Matlaboul Fawzayni de Touba, le Dr Basile Beavogui, a insisté sur la fréquence de cette pathologie chez la femme enceinte et l’enfant.
Il a révélé que près de 65 % des anémies observées au cours de la grossesse sont liées aux modifications physiologiques de l’organisme, notamment à l’hémodilution, aux perturbations du métabolisme du fer et de l’acide folique ainsi qu’à l’augmentation des besoins nutritionnels de la femme enceinte. D’après lui, ces anémies peuvent avoir des conséquences sérieuses et entraîner une aggravation de l’état de santé de la mère, des complications gravidiques, voire une insuffisance cardiaque. « Pendant l’accouchement, certaines patientes peuvent même présenter un arrêt cardiaque brutal », a averti le spécialiste. Après l’accouchement, a renchéri le professionnel de santé, les risques incluent des infections, des décompensations et des troubles de la cicatrisation. Chez l’enfant, il a indiqué que les conséquences peuvent être importantes, avec un retard du développement physique et intellectuel. « Chez la femme enceinte, l’anémie favorise aussi les avortements spontanés et les accouchements prématurés», a fait savoir le Dr Beavogui.
Birane DIOP (Correspondant)
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