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Projet REPAIR : L’ANCS lance le plaidoyer pour la professionnalisation des acteurs de santé communautaire
L’Alliance Nationale des Communautés pour la Santé (ANCS) et Coalition PLUS ont ouvert, ce 19 août à Dakar, l’atelier national de partage des résultats des concertations du projet REPAIR. En présence d’acteurs communautaires, de professionnels de santé et du maire de Bignona, Bakary Diatta, les deux organisations réclament la reconnaissance officielle et la professionnalisation des pairs éducateurs et éducatrices. Pendant deux jours, les discussions porteront sur l’avenir de ces acteurs de première ligne dans la lutte contre le VIH, la tuberculose, le paludisme et les violences basées sur le genre.
« Passer du bénévolat à la profession »
Dans son discours d’ouverture, le directeur technique de l’ANCS, Massogui Thiandoum, a rappelé le rôle central joué depuis plus de 30 ans par les pairs éducateurs, médiateurs, relais et « badjenou gokh » dans la riposte contre le VIH, la tuberculose, le paludisme et les violences basées sur le genre.
« Leur proximité avec les communautés en fait des relais de confiance, capables de briser les barrières sociales, culturelles et institutionnelles », a-t-il souligné. Pourtant, leur statut reste marqué par une grande précarité, notamment une absence de reconnaissance formelle, une rémunération irrégulière et un manque de protection sociale. S’appuyant sur les recommandations de l’OMS, M. Thiandoum a appelé à une reconnaissance légale, une formation certifiante, une supervision de qualité et une intégration dans les politiques nationales de santé. Par ailleurs, les concertations régionales menées à Ziguinchor, Kaolack, Louga et Thiès ont déjà permis de co-construire un plan de plaidoyer ambitieux allant jusqu’à la définition d’un statut juridique clair.
REPAIR : 3 piliers pour professionnaliser
Au nom de Coalition PLUS, le coordinateur du bureau Afrique, Papa Abdoulaye Dème, a présenté le projet REPAIR comme une réponse à « un défi historique ». Financé par Expertise France et mis en œuvre au Sénégal et au Burundi, le projet vise la professionnalisation et l’institutionnalisation définitive de la fonction de pair éducateur.
« Nous ne sommes pas réunis ici pour un simple constat, mais pour bâtir un dialogue constructif entre décideurs, ministères, collectivités et acteurs de terrain », a-t-il déclaré. Il a insisté sur les trois piliers du projet : la certification des compétences, l’accompagnement des parcours professionnels et un plaidoyer juridique et politique fort. Pour lui, ces 3 % de main-d’œuvre communautaire dans la santé mondiale permettent aux 97 % restants d’accéder aux populations les plus vulnérables, souvent au péril de leur propre sécurité.
Les ambitions concrètes de REPAIR
Concrètement, REPAIR veut faire passer les pairs éducateurs du bénévolat à un statut légal inscrit dans la loi, de l’incertitude à un salaire juste, et du danger à une protection sociale. Le projet s’articule autour du plaidoyer auprès des ministères et bailleurs, du renforcement de capacités avec des cursus certifiants, et de la recherche opérationnelle pour prouver l’impact médico-économique de la pair-éducation.
« REPAIR, ce n’est pas de la charité, c’est de la justice », a martelé M. Dème.
Les participants ont salué l’engagement du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, représenté par le Dr Youssouf Tine, qui a procédé à l’ouverture de cet atelier de partage, sans manquer de remercier Expertise France et Coalition PLUS pour leur collaboration.
Au terme de cet atelier, le 20 août, les recommandations issues des régions devront désormais être traduites en actes par l’État et ses partenaires pour que l’engagement des communautés débouche enfin sur une reconnaissance formelle.
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– L’ANCS et Coalition PLUS ont ouvert un atelier à Dakar pour partager les résultats du projet REPAIR et réclamer la reconnaissance officielle des pairs éducateurs.
– Le projet REPAIR, financé par Expertise France, vise à professionnaliser ces acteurs via trois piliers : certification des compétences, accompagnement des parcours et plaidoyer juridique.
– Les discussions, prévues sur deux jours, doivent traduire les recommandations régionales en actes pour un statut légal, un salaire juste et une protection sociale.
Auteur: Fatima Diop BA – Tobi NIANE
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