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Entre 2020 et 2025, « 82 % des longreurs de thon de la flotte chinoise active de l’ICCAT (soit 40 navires sur 49) et 38 % de la flotte taïwanaise (31 navires sur 81) ont fait escale au port de Dakar », tandis que 41 de ces navires ont été pointés pour des pratiques de prélèvement d’ailerons, ou « finning », selon les témoignages de marins.
Ces derniers ont confirmé que les prises illégales y étaient débarquées « que ce soit directement ou par transbordement en mer », atteignant « des centaines de kilogrammes ou des dizaines de sacs d’ailerons ».
D’apres EJF, ces opérations s’appuient sur une large impunité permise par la dissimulation et la corruption, les débarquements étant « fréquemment effectués de nuit (vers 3h ou 20h) pour éviter les contrôles ». Les marins ont qualifié les vérifications des autorités de « inexistantes », facilement éludées par des pots-de-vin, soulignant qu’à Dakar « on pouvait simplement le faire sans rien avoir à cacher ». Les tentatives de documentation de ces activités ont même conduit, dans certains cas, à la « confiscation des téléphones portables des marins ».
Les produits issus de ces flux maritimes à haut risque alimentent ensuite les marchés internationaux. Plus de « 1 800 tonnes de thon et produits apparentés » capturés par ces flottes ont ainsi été exportés vers le Japon en 2024 via des acheteurs comme Toyo Reizo / Mitsubishi Corporation et Hiroichi Co. Limited. De surcroît, des expéditions acheminées vers Singapour et la Thaïlande par des sociétés disposant de licences pour les États-Unis et l’Union européenne tissent des liens directs entre Dakar et les consommateurs occidentaux ou asiatiques.
Malgré ce classement du Sénégal comme le « 12e pire pays africain » pour ses responsabilités d’État du port selon l’Indice de risque de pêche INN 2025, des mesures correctives ont été prises. Le pays a transposé l’Accord relatif aux mesures du ressort de l’État du port (AMEP), obligeant les navires étrangers à soumettre une demande préalable (ARPE) « au moins 72 heures à l’avance ».
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