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Le Sénégal a davantage besoin de Macky Sall que les Nations unies (Par Babacar TALL)
Il est des périodes où les faits parlent avec une telle éloquence qu’ils rendent presque superflus les longs discours. La nôtre est de celles-là.
Le monde traverse aujourd’hui une profonde crise de gouvernance internationale. L’ordre multilatéral, patiemment construit au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour prévenir le retour des rapports de force, semble vaciller sous les effets conjugués des rivalités géopolitiques, des conflits armés et de la montée des intérêts nationaux.
Le droit international, longtemps présenté comme le fondement de la stabilité mondiale, paraît progressivement céder la place à une logique où la puissance l’emporte de plus en plus sur le droit.
L’Organisation des Nations unies, créée pour préserver la paix et la sécurité internationales, apparaît souvent impuissante face aux grandes crises contemporaines. Elle interpelle, appelle au dialogue, adopte des résolutions, mais peine à influer sur le cours des événements lorsque les intérêts des grandes puissances s’opposent. Cette limite ne résulte pas d’un manque de volonté, mais des contraintes mêmes de son architecture institutionnelle.
La tragédie de Gaza en est l’illustration la plus saisissante. Depuis de longs mois, les appels au cessez-le-feu, les initiatives diplomatiques et les résolutions se succèdent sans parvenir à mettre fin aux souffrances des populations civiles. L’émotion de la communauté internationale se heurte aux mécanismes de blocage du Conseil de sécurité.
La guerre en Ukraine confirme également cette réalité. Malgré les condamnations, les sanctions économiques et les multiples médiations, le conflit se poursuit, rappelant qu’au XXIᵉ siècle encore, les rapports de force militaires continuent de peser lourdement sur le destin des nations.
Les récentes tensions impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran ont, elles aussi, démontré combien les mécanismes collectifs de sécurité peinent à répondre efficacement lorsque des acteurs majeurs sont directement concernés.
À cette fragmentation géopolitique s’ajoute désormais une fragmentation économique. Les guerres commerciales, les sanctions, les restrictions technologiques et les politiques de relocalisation industrielle traduisent une remise en cause profonde du modèle de mondialisation qui avait prévalu durant plusieurs décennies.
Les tensions persistantes entre les États-Unis et la Chine, mais également avec plusieurs de leurs partenaires commerciaux, illustrent cette nouvelle réalité où les intérêts stratégiques prennent souvent le pas sur les principes du libre-échange.
Partout, un même constat semble s’imposer : la loi du plus fort tend progressivement à supplanter la force de la loi.
Dans ce contexte, une interrogation mérite d’être posée avec sérénité : quelle est aujourd’hui la capacité d’action réelle d’un haut responsable placé au sein d’une institution dont les décisions demeurent si souvent paralysées par les équilibres géopolitiques ?
C’est pourquoi je suis convaincu que l’ancien Président Macky Sall serait aujourd’hui plus utile au Sénégal qu’au sein des Nations unies.
Non parce qu’une responsabilité internationale manquerait de prestige ou de noblesse. Bien au contraire. Mais parce que l’utilité d’un homme d’État se mesure avant tout à sa capacité à répondre aux besoins les plus pressants de son pays.
Le Sénégal traverse une période marquée par d’importants défis économiques, budgétaires et sociaux. Les interrogations relatives aux finances publiques, à l’investissement, à la confiance des acteurs économiques, au coût de la vie et aux perspectives de croissance occupent désormais une place centrale dans le débat national.
L’analyse des responsabilités relève naturellement du débat démocratique. En revanche, un constat fait largement consensus : notre pays est confronté à des défis d’une ampleur qui exigent expérience, compétence et sens élevé de l’intérêt général.
Dans un tel contexte, l’expérience acquise par un ancien chef d’État ayant dirigé le Sénégal pendant douze années constitue un capital institutionnel et diplomatique considérable. Ce capital pourrait utilement être mobilisé au service de la nation, indépendamment des clivages politiques.
Les grandes démocraties savent souvent s’appuyer sur leurs anciens dirigeants lorsque les circonstances l’exigent. Elles considèrent que l’expérience de l’État n’est pas un héritage à ranger dans les archives, mais une ressource susceptible d’éclairer les décisions présentes.
Au fond, le véritable débat dépasse la seule personne de Macky Sall. Il pose une question plus fondamentale : où un ancien chef d’État africain peut-il aujourd’hui exercer l’influence la plus utile ?
Au sein d’une organisation internationale dont les marges de manœuvre se réduisent face aux rivalités des grandes puissances ? Ou auprès de son propre peuple, à un moment où son pays est confronté à des choix décisifs pour son avenir ?
À mes yeux, la réponse apparaît claire.
Le prestige d’une fonction ne saurait se substituer à son efficacité. Et lorsque les institutions internationales donnent le sentiment de ne plus disposer des moyens suffisants pour prévenir les conflits qu’elles avaient précisément vocation à empêcher, servir directement sa nation demeure sans doute la plus haute des responsabilités.
Car si les organisations internationales traversent une période de fragilisation, les États restent, plus que jamais, les principaux lieux où peuvent encore s’exercer la décision politique, la réforme et l’action publique.
C’est pour cette raison que je crois profondément que le Sénégal a aujourd’hui davantage besoin de Macky Sall que les Nations unies.
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– L’article estime que l’ordre multilatéral et l’ONU sont affaiblis par les rivalités géopolitiques, illustré par les conflits à Gaza et en Ukraine.
– L’auteur affirme que l’ancien président Macky Sall serait plus utile au Sénégal qu’à l’ONU, face aux défis économiques et sociaux du pays.
– Il considère que l’expérience de douze ans de gouvernance de Macky Sall est un capital à mobiliser pour la nation, plutôt que de servir une institution internationale paralysée.
Auteur: Par Babacar TALL
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