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« La mer, c’est notre entreprise » : Quand la mangrove fait vivre les femmes de Mar Lodj
« La mer, c’est notre entreprise ». Cette phrase de Mariama Diome, présidente de l’Union locale des femmes de Marsalou, résume à elle seule le lien étroit qui unit les communautés des îles à leur environnement.
À Mar Lodj, la mer et la mangrove ne constituent pas seulement un patrimoine naturel à préserver. Elles représentent avant tout une source de revenus, de nourriture et de moyens de subsistance pour de nombreuses familles.
Pour les femmes, particulièrement actives dans la transformation des produits halieutiques, la dégradation de la mangrove a des conséquences directes sur leur quotidien. La diminution des ressources disponibles se traduit par une baisse des produits à transformer et, par conséquent, par une fragilisation des activités économiques.
« Nous avons perdu une partie des fruits de mer et des ressources dont nous dépendions », témoigne Mariama Diome.
Cette situation a progressivement fait prendre conscience aux populations de la nécessité de protéger leur environnement.
C’est ainsi que ce mercredi 09 septembre 2026, 12 740 propagules ont déjà été mises en terre par les femmes des quatre Mar ( Marlod , Marsolou , Mar Lodj , Marouane et Marfafoko ).

Les femmes de ces quatre îles misent ainsi sur la restauration de la mangrove pour renforcer leur résilience. Ce qui témoigne de leur implication dans la restauration de leur milieu naturel.
En effet, dans le delta du Saloum, la restauration de la mangrove s’impose comme un levier essentiel pour préserver les ressources naturelles et renforcer la résilience des communautés face aux effets du changement climatique. Sur l’île de Marlodj, les femmes se mobilisent activement pour régénérer cet écosystème dont dépendent une grande partie de leurs activités économiques.

Pour Mariama Diome, présidente de l’Union locale des femmes de Marsalou, cette initiative répond à une urgence environnementale, mais aussi économique : « Nous n’y voyons que du bénéfique. La mer, c’est notre entreprise », souligne-t-elle.
« La dégradation progressive de la mangrove et les changements environnementaux observés ces dernières années ont des conséquences directes sur nos moyens de subsistance. Nous nous mobilisons pour reboiser la mangrove parce que nous avons constaté les conséquences des changements environnementaux sur nos activités. Nous avons perdu une partie des fruits de mer et des ressources dont nous dépendions », explique Mariama Diome.

Il n’est pas besoin de rappeler qu’au-delà de son rôle environnemental, la mangrove constitue une véritable source de revenus pour les femmes du delta du Saloum. Elle offre notamment des zones de reproduction et de développement à de nombreuses espèces halieutiques, dont dépendent les activités de transformation menées par les femmes.
C’est précisément sur cette relation entre environnement et économie locale que repose le projet porté par l’ONG SINDEV. Selon Fatoumata Mbodj, directrice du plaidoyer et chargée de projets au sein de l’organisation, l’initiative vise à renforcer la résilience des femmes du delta du Saloum face au changement climatique, dans un contexte marqué également par l’exploitation du pétrole de Sangomar.

« L’objectif du projet est de permettre aux femmes de renforcer leur résilience en restaurant et en protégeant la mangrove », explique-t-elle.
Le choix de cet écosystème n’est pas fortuit. La mangrove joue un rôle majeur dans la protection de la biodiversité, la captation du CO₂ et la production de ressources halieutiques. Huîtres, arches, crevettes et autres espèces constituent une part importante des ressources exploitées puis transformées par les femmes.

« Protéger la mangrove, restaurer la mangrove, c’est pouvoir leur permettre aujourd’hui de bénéficier de ces ressources halieutiques », souligne Fatoumata Mbodj.
Réintroduire une espèce pour lutter contre la salinisation
Cette année, le reboisement a été aussi axé sur une espèce en voie de disparition, il s’agit du Avicennia africana. Une espèce, différente de la mangrove de par sa taille et de la façon dont elle est plantée.

Dans les opérations classiques de restauration de la mangrove, les femmes utilisent notamment des propagules, qui sont directement mises en terre dans les zones destinées au reboisement.
L’Avicennia, une espèce de palétuviers qui fait l’objet d’un travail spécifique en pépinière.
Cette fois, le processus commence par la collecte des graines. Les femmes récupèrent de la boue directement dans la mangrove. Cette matière est ensuite soigneusement triée avant d’être utilisée comme substrat pour les jeunes plants.
La boue préparée est déposée dans de petits sachets, dans lesquels les femmes placent les graines d’Avicennia. Ces sachets sont ensuite regroupés dans des pépinières où les graines vont pouvoir germer et produire de jeunes plants avant leur réintroduction dans la mangrove.

Le travail ne s’arrête toutefois pas au semis. Les jeunes plants doivent être protégés contre une menace particulièrement présente dans leur environnement : les crabes.
« Les plants d’Avicennia sont le repas préféré des crabes », explique-t-on sur le terrain. Pour éviter que les jeunes pousses ne soient dévorées avant d’avoir atteint une taille suffisante, les pépinières sont enveloppées et protégées à l’aide d’un tissu en gaze, qui forme une barrière tout en permettant aux plants de continuer à se développer.
Une première pépinière d’Avicennia a ainsi été mise en place avec les femmes des quatre îles. L’évolution de la pépinière sera suivie pendant trois mois avant la réintroduction des plants dans leur milieu naturel.

Selon Fatoumata Mbodj, directrice du plaidoyer et chargée de projets à l’ONG SINDEV, cette démarche s’inscrit dans un projet d’appui à la résilience des femmes du delta du Saloum face au changement climatique, dans un contexte d’exploitation du pétrole de Sangomar.
« C’est l’espèce qui va nous permettre de lutter contre ces effets du changement climatique dans la zone. Dans le delta du Saloum, l’avancée de la mer et la salinisation progressive des terres agricoles constituent des menaces croissantes pour les communautés. La réintroduction de cette espèce doit contribuer à répondre à ces défis », explique Mme Mbodj.
L’initiative bénéficie également du soutien technique des services des eaux et forêts.
« Les ressources reviennent petit à petit »
Sur le terrain, les premiers signes de régénération nourrissent déjà l’espoir des populations. Pour Mariama Diome, les efforts entrepris commencent à produire des résultats.
« Depuis que nous avons enclenché le reboisement, nous constatons que les ressources qui étaient en voie de disparition reviennent petit à petit », se réjouit-elle.
Pour les femmes, cette évolution constitue un encouragement à poursuivre les opérations de restauration et de protection de la mangrove. Car derrière la préservation d’un écosystème se joue aussi l’avenir économique de nombreuses familles.
La présidente de l’Union locale des femmes en est convaincue : « Nous devons continuer à entretenir et à protéger la mangrove. Si nous la restaurons aujourd’hui, nous préserverons les ressources pour les générations futures. »
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– À Mar Lodj, la dégradation de la mangrove réduit les ressources halieutiques et fragilise les activités économiques des femmes qui transforment les produits de la mer.
– Le 9 septembre 2026, 12 740 propagules ont été mises en terre par les femmes des quatre Mar (Marlod, Marsolou, Mar Lodj, Marouane et Marfafoko).
– L’ONG SINDEV appuie un projet de restauration de la mangrove, incluant l’espèce Avicennia africana cultivée en pépinière et protégée des crabes par un tissu en gaze.
Auteur: Khady Ndoye
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