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Le Sénégal brille à Genève. Du 11 au 15 mars, le Palexpo de Genève accueille la 51e édition du Salon International des Inventions, rendez-vous mondial de l’innovation réunissant 1 430 inventeurs venus de 35 pays pour présenter 1 050 innovations, évaluées par un jury international et validées par l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI).
Pour sa deuxième participation consécutive — après une première historique l’an dernier — le Sénégal y présente sept inventeurs, dont trois figures emblématiques incarnant la diversité et l’ambition de l’innovation africaine.
Maguette Sylla : l’architecte du numérique sénégalais
Après une carrière dans les télécommunications et une expérience de consultant au bureau régional du PNUD Afrique jusqu’en 2016, Maguette Sylla a opéré un tournant décisif en 2017 en se consacrant entièrement à la recherche et au développement. De cette reconversion est née une série de brevets d’invention couvrant des domaines aussi variés que la régie digitale, la FINTECH et l’EDTECH.
À Genève, il présente deux innovations majeures. La première, Tera by Weccat SAS, est une plateforme de transaction électronique reposant sur une borne automatique et intelligente, permettant à ses utilisateurs d’agréger plusieurs portefeuilles crypto-mobiles via une carte NFC. La seconde, Quitus, est un assistant social scolaire fondé sur la donnée biométrique : un système de pointage couplé à des notifications parentales et des alertes SMS en temps réel, pensé pour renforcer le suivi des élèves et la communication avec les familles. Deux brevets, deux secteurs, une même vision : mettre la technologie au service du quotidien des Africains.
Diouma Kobor : capter le soleil jusqu’au dernier rayon
Professeur titulaire des universités et directeur général de l’Agence Nationale pour les Énergies Renouvelables, Diouma Kobor s’attaque à l’un des défis fondamentaux de l’énergie solaire : la perte par réflexion lumineuse. Aujourd’hui, entre 35 et 60 % de la lumière incidente est réfléchie par les cellules solaires avant même d’être convertie en énergie, représentant un manque à gagner considérable en termes de rendement.
Son invention propose un procédé de nanotexturation de surface du silicium d’une remarquable simplicité : une seule solution de gravure, un seul catalyseur métallique, et un contrôle précis obtenu uniquement par la concentration et le temps de gravure. Le résultat est spectaculaire — le taux de réflexion chute à seulement 3 %, portant l’absorption lumineuse au-delà de 97 %. Une avancée qui pourrait transformer l’efficacité des panneaux solaires et renforcer considérablement la transition énergétique du continent africain.
Souleymane Ciss : des micro-usines contre le fléau plastique
Géographe environnementaliste de 35 ans, chef de projet ingénierie sociale et développement local à Plastic Odyssey Factories Sénégal, Souleymane Ciss présente le projet Sunu Plastic Odyssey, une réponse concrète et structurée à la pollution plastique qui ravage les villes et les côtes sénégalaises.
Sa solution repose sur des micro-usines low-tech, conteneurisées et opérées par des entrepreneurs locaux, capables de transformer les déchets plastiques en produits utiles tels que des pavés, des tuiles ou encore du mobilier urbain. Le projet ambitionne le déploiement de dix micro-usines au Sénégal, la création de 150 emplois directs et le recyclage de 4 000 tonnes de plastique par an. En partenariat avec le Fonds de Financement de la Formation Professionnelle et Technique (3FPT), plus de 500 jeunes seront formés et diplômés aux métiers du recyclage, avec l’installation d’un FabLab à l’École Polytechnique de Thiès. Des programmes de sensibilisation dans les écoles, co-construits avec le CEFE et le ministère de l’Éducation, complèteront le dispositif, avec l’installation de 500 poubelles pédagogiques de tri touchant 5 000 enfants et citoyens.
Gorgui Wade NDOYE, correspondant à Geneve
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