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Côte d’Ivoire: un cadre du parti de Gbagbo inculpé et écroué pour « actes terroristes »
Un dirigeant du parti d’opposition de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo a été inculpé et écroué pour au moins neuf chefs d’accusation, dont celui « d’actes terroristes », en lien avec des troubles lors de la présidentielle d’octobre 2025, a annoncé vendredi la justice ivoirienne.
Remportée par le président Alassane Ouattara, à la tête du pays depuis 2011, la présidentielle d’octobre 2025 s’est globalement déroulée dans le calme mais n’a pas été exempte de violences qui ont fait 11 morts. Plusieurs dizaines de militants de partis d’opposition, parfois des cadres, ont été arrêtés ou écroués. Certains ont depuis été libérés.
Onze mois après l’élection, Justin Koné Katinan, vice-président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) et ex-ministre sous la présidence de M. Gbagbo (2000-2011), a été entendu vendredi au sujet de sa « participation aux troubles survenus pendant la période électorale de 2025 », a indiqué dans un communiqué Oumar Braman Koné, procureur de la République du tribunal d’Abidjan.
A l’issue de cette audition, une information judiciaire a été ouverte à son encontre, « avec mandat de dépôt », pour plusieurs chefs d’accusation, notamment « actes terroristes », « attentat contre l’autorité de l’Etat », « complot contre l’autorité de l’Etat » et « participation à un mouvement insurrectionnel », selon le communiqué.
« Cette poursuite est irrégulière et illégale. Elle est en totale violation du code pénal », a déclaré à l’AFP l’avocate de M. Katinan, Roselyne Serikpa.
– « Kidnapping » –
« Sous le régime actuel, tous les cadres du PPA-CI sont désormais des prisonniers ambulants en sursis », a réagi la direction du parti dans une déclaration appelant à la libération de M. Katinan et évoquant un « kidnapping institutionnel ».
Vendredi, le procureur a également mentionné un communiqué qu’il avait publié le 24 octobre 2025, à la veille du scrutin présidentiel, rappelant que « les actes de violence commis pendant la période électorale ne resteraient pas impunis ».
M. Katinan avait dans un premier temps été convoqué mercredi par la police, à la suite d’une plainte déposée contre lui par le parti au pouvoir, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), pour « diffamation » et « diffusion de fausses nouvelles ».
Cette plainte faisait suite à des déclarations de l’opposant accusant le parti au pouvoir d’être à l’origine de l’essor de l’orpaillage illégal, un sujet qui suscite un vif débat dans le pays ces derniers temps.
Selon le procureur, cette plainte sera jugée devant un tribunal correctionnel.
« En l’espace d’une audition, le chef d’accusation a totalement changé, basculant d’un simple délit de parole à une série d’infractions criminelles », a déploré le PPA-CI.
En juillet, l’ex-ministre de la Défense de Laurent Gbagbo, Moïse Lida Kouassi, poursuivi pour « actes terroristes », avait été libéré après un an de détention. D’autres opposants de différents partis ont également été remis en liberté ces derniers mois.
Damana Pickass, autre cadre du PPA-CI et proche compagnon de route de Laurent Gbagbo, est toujours incarcéré et accusé « d’actes terroristes » en lien avec la présidentielle d’octobre 2025.
MM. Pickass et Katinan sont souvent cités comme des successeurs potentiels de Laurent Gbagbo qui est, à 81 ans, toujours à la tête du PPA-CI.
Les autorités répètent régulièrement que les arrestations n’ont aucun lien avec l’appartenance politique.
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– Justin Koné Katinan, vice-président du PPA-CI et ex-ministre sous Laurent Gbagbo, a été inculpé et écroué pour au moins neuf chefs d’accusation, dont « actes terroristes », en lien avec les troubles de la présidentielle d’octobre 2025.
– La présidentielle d’octobre 2025, remportée par Alassane Ouattara, a fait 11 morts et conduit à l’arrestation de plusieurs dizaines de militants et cadres de l’opposition.
– Le PPA-CI dénonce un « kidnapping institutionnel » et réclame la libération de M. Katinan, tandis que son avocate qualifie la poursuite d' »irrégulière et illégale ».
Auteur: AFP
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