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Bignona : le cri de détresse des populations d’Affignam, village aux potentiels énormes noyé par le barrage
Affignam, terroir fertile du département de Bignona, vit une situation paradoxale : riche en atouts agricoles et humains, mais freiné par l’enclavement et les impacts négatifs du barrage. C’est pour transformer ce cri de détresse en cri d’espérance que l’Association pour le Développement d’Affignam (ADA), organisée en trois sections à Dakar, Ziguinchor et au village, a lancé, ce week-end à la place publique de la localité, la première édition des 72 heures d’Affignam, un forum citoyen pour unir les forces vives et interpeller les autorités.
« Le but c’est de créer une unité au sein du village, mais aussi des actions et des réflexions qui vont toucher tous les secteurs, que ce soit l’éducation, la santé ou l’environnement », explique Joël Sagna, président de l’ADA. L’association a déjà marqué des avancées avec la construction du CEM et la distribution de fournitures scolaires, mais elle ambitionne désormais la création d’un lycée afin d’éviter aux jeunes de parcourir des kilomètres vers Ziguinchor ou Bignona. « Après le BFEM, nos enfants sont obligés d’aller jusqu’à Ziguinchor ou Bignona. Notre vision, c’est de pouvoir construire un lycée avec l’aide du gouvernement », insiste-t-il.
Les infrastructures demeurent un frein majeur. Les routes dégradées isolent le village et compliquent l’accès aux services essentiels. « Pour aller à Ziguinchor, nous sommes obligés de faire un détour de 30 kilomètres. C’est un cri de cœur que nous lançons à tout le gouvernement », plaide Joël Sagna. Quant au barrage, censé être un atout agricole, il est devenu un piège : remontée du sel, rizières inutilisables, dégâts sur les habitations. « Depuis son installation, on ne voit pas l’utilité. Nous espérons que les nouvelles autorités viendront nous aider », ajoute-t-il en s’adressant directement au président Bassirou Diomaye Faye.
Amidou Sylla, président de la section Dakar, insiste sur les thématiques choisies pour ces 72 heures : « La santé joue un rôle primordial, l’éducation est la base d’un peuple, et l’agriculture reste la clé du développement. » Pour lui, le barrage d’Affignam, une fois fonctionnel, pourrait devenir un levier majeur de souveraineté alimentaire : « Si cela se réalise comme le veut l’État, cela va arranger les populations d’Affignam, qui sont des agriculteurs depuis toujours. »
Au-delà des infrastructures, la cohésion sociale est aussi en jeu. Kanut Coly, nouveau chef de village, met en garde : « C’est le premier guerrier et la première retraite des autochtones. Quand un projet de grande envergure vient, il faut mettre tout le monde au courant et au cœur des discussions. » Il dénonce le manque de transparence autour des projets étatiques, source de divisions et de cassures sociales.
Ainsi, les 72 heures d’Affignam apparaissent comme une nécessité vitale : un espace de dialogue et de mobilisation pour transformer le cri de détresse des populations en cri d’espérance. Les habitants veulent faire entendre leur voix, unir leurs forces et interpeller les autorités afin que ce village, aux potentiels énormes, devienne enfin un pôle de prospérité et de souveraineté alimentaire.


⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– L’Association pour le Développement d’Affignam (ADA) a lancé la première édition des « 72 heures d’Affignam » pour unir les forces et interpeller les autorités sur les besoins du village.
– Les habitants dénoncent l’enclavement (détour de 30 km pour rejoindre Ziguinchor), le manque d’infrastructures comme un lycée, et les impacts négatifs du barrage (remontée du sel, rizières inutilisables).
– Les priorités exprimées incluent la construction d’un lycée, l’amélioration de la santé, de l’éducation et de l’agriculture, ainsi qu’une demande de transparence sur les projets étatiques pour préserver la cohésion sociale.
Auteur: Max Euclide KANFANY
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