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Bicaméralisme : La Proposition de Alioune Souaré pour juguler la tension entre la majorité parlementaire et l’Exécutif
Entre la majorité parlementaire et l’Exécutif, la tension est vive depuis le limogeage de Ousmane Sonko, qui est devenu Président de l’Assemblée nationale. Pour sortir d’une telle situation, Alioune Souaré, expert des questions parlementaires, propose le rétablissement du bicaméralisme, en ramenant le Sénat. Ses explications dans ce bref entretien.
Comment ce bicaméralisme pourrait résoudre la situation actuelle selon vous ?
Le bicaméralisme, à l’instar de toutes les grandes démocraties, est conçu comme un modèle de stabilité et de sérénité de l’institution parlementaire. Il favorise l’amélioration de la qualité du travail parlementaire et assure le contrôle dans l’examen des textes législatifs. C’est de cela dont nous avons besoin actuellement pour désamorcer cette tension qui prévaut au niveau de l’Assemblée nationale. Je pense que si on avait un parlement bicaméral avec deux chambres qui se neutralisent, notre pays serait épargné de tout ce règlement de comptes personnels, transposé au niveau institutionnel.
Ce bicaméralisme signifie-t-il le rétablissement du Sénat ?
Oui, il faut un Sénat dont les membres ont acquis une certaine maturité et incarnent la sagesse. C’est vrai que le Sénégal a connu en 1992 et 2007 la création du Sénat, supprimé par la suite pour des raisons populistes. Mais cela pouvait se comprendre, parce qu’il n’y avait pas de tension institutionnelle, les régimes au pouvoir à l’époque contrôlaient la majorité parlementaire. Mais tel n’est pas le cas actuellement. Ce que nous sommes en train de vivre, est inédit ! L’Assemblée nationale est à l’abri de tout contrôle et sa majorité s’arroge tous les pouvoirs et commet de manière flagrante des abus ! La seule alternative au système unicaméral ou monocaméral incarné par l’Assemblée nationale, c’est de créer un Sénat et c’est le seul moyen pour, présentement, apporter la sérénité institutionnelle et mettre fin au diktat de la majorité !
Cela nécessitera-t-il de nouvelles élections pour élire ceux qui devront siéger dans cette seconde chambre ?
3. Évidemment, il faut d’abord l’inscrire dans la réforme constitutionnelle en perspective, puis préparer l’organisation des élections sénatoriales qui est de moindre coût, comparativement à la présidentielle et aux législatives. Notre pays a déjà l’expérience d’organiser ce type d’élections.
Ne risque-t-on pas de voir le Sénat encore utilisé comme institution de recasement de la clientèle politique ?
On devrait surtout éviter d’en faire un lieu de recasement des proches du président de la République comme ce fut le cas. Il faudrait des choix objectifs, en tenant compte de l’intérêt national. Encore faut-il rappeler que le contexte est déterminant, il devrait permettre parfois de s’ajuster et faire évoluer des positions. On peut combattre dans le passé le bicaméralisme, mais aujourd’hui admettons que c’est une nécessité.
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– Alioune Souaré propose le rétablissement du bicaméralisme, avec un Sénat, pour désamorcer la tension entre la majorité parlementaire et l’Exécutif.
– Il estime que le Sénat, composé de membres sages et matures, mettrait fin au « diktat de la majorité » et aux abus à l’Assemblée nationale.
– La création du Sénat nécessiterait une réforme constitutionnelle et l’organisation d’élections sénatoriales, un coût moindre comparé à d’autres scrutins.
Auteur: Youssouf SANE
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