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Alioune Sarr à Djeddah : « Le Sénégal doit produire, transformer, investir et exporter »
Face à la diaspora en Arabie Saoudite, le président de l’Alliance pour le Sénégal appelle à changer de modèle économique et réaffirme la primauté des institutions de la République.
« Le Sénégal doit produire. Le Sénégal doit transformer. Le Sénégal doit investir. Le Sénégal doit exporter. » C’est autour de cette ambition qu’Alioune Sarr a articulé, jeudi 10 septembre à Djeddah, son message aux Sénégalais établis en Arabie Saoudite.
Devant les responsables et militants de l’Alliance pour le Sénégal / Andando Ngir Senegaal, l’ancien ministre a appelé à un véritable changement de modèle : passer progressivement d’une économie fortement dépendante des importations à une économie capable de produire davantage, transformer ses ressources, attirer les investissements et conquérir des marchés extérieurs.
Pour Alioune Sarr, le Sénégal dispose des atouts nécessaires : une jeunesse entreprenante, une diaspora dynamique, des ressources naturelles, des terres, un secteur privé à accompagner et une position géographique stratégique. Mais ces potentialités doivent désormais être transformées en industries, entreprises, emplois et richesses dans les territoires.
FMI : La primauté des Institutions
Dans un contexte national marqué par l’accord intervenu entre les autorités sénégalaises et les services du FMI, Alioune Sarr a également placé la question institutionnelle au centre de son intervention.
« La République est plus grand que les Gouvernements qui se succèdent. Elle est plus grande que les partis politiques. Elle est plus grande que nos ambitions individuelles. »
Pour le président de l’Alliance pour le Sénégal, le redressement économique et financier ne pourra être durable sans confiance, transparence et institutions fortes. Il appelle au respect, à la consolidation et à la primauté des institutions de la République, socle indispensable à toute transformation économique et sociale durable.
« La transparence n’est pas une faiblesse. La vérité des comptes publics n’est pas une option. La responsabilité dans la gestion de la dette et des ressources nationales est une exigence républicaine », a-t-il insisté.
Pour l’ancien ministre, le rétablissement des équilibres financiers ne doit jamais devenir une fin en soi : « La discipline budgétaire doit servir le développement. » Il doit restaurer la confiance tout en préservant les investissements dans l’emploi, l’éducation, la santé, les infrastructures et les territoires.
De la Diaspora qui transfère à la Diaspora qui investit
À Djeddah, Alioune Sarr a appelé à faire de la diaspora un acteur central du nouveau modèle économique qu’il défend. Au-delà des transferts financiers vers les familles, les Sénégalais de l’extérieur doivent devenir une puissance d’investissement, d’expertise, de réseaux et de transfert de technologies.
Il propose à cet effet un Pacte national avec la diaspora sénégalaise, destiné notamment à faciliter l’investissement productif, l’entrepreneuriat, l’immobilier sécurisé et le transfert de compétences.
Cette orientation doit s’accompagner d’une diplomatie économique plus offensive avec l’Arabie Saoudite, les pays du Golfe et les grandes économies émergentes, évaluée à l’aune des investissements mobilisés, des technologies transférées, des marchés conquis et des emplois créés au Sénégal.
Dignité – Travail – Territoires
Alioune Sarr inscrit cette ambition dans le triptyque de son parti. Il cite Notto Diobasse Smart City comme illustration d’un développement ancré dans les territoires, associant habitat, industrie, agriculture, commerce, services, formation et infrastructures.
DISCOURS DU PRÉSIDENT ALIOUNE SARR
Rencontre avec les Sénégalais et les responsables de l’Alliance pour le Sénégal en Arabie Saoudite
Djeddah – Jeudi 10 septembre 2026
Mes chers compatriotes,
Chers Sénégalais établis en Arabie Saoudite,
Chers camarades,
Chers amis,
Il y a des moments où, au-delà de nos appartenances, de nos parcours et de nos responsabilités, nous devons nous retrouver autour de l’essentiel.
Et l’essentiel, c’est le Sénégal.
C’est dans cet esprit que je m’adresse à vous aujourd’hui, ici à Djeddah.
Je voudrais d’abord vous remercier pour votre accueil, pour votre présence et pour votre engagement.
Je connais les sacrifices que représente la vie loin de son pays. Je connais les efforts que vous accomplissez pour vos familles. Je connais aussi cette relation particulière que chaque Sénégalais de l’extérieur entretient avec sa patrie : on peut vivre à des milliers de kilomètres du Sénégal, mais le Sénégal ne vit jamais très loin de nous.
À travers vous, je veux saluer l’ensemble de notre diaspora : celle qui travaille, qui entreprend, qui soutient les familles, qui acquiert des compétences, construit des réseaux et contribue chaque jour au rayonnement de notre Nation.
Mais si j’ai tenu à vous rencontrer à Djeddah, c’est aussi parce que nous sommes ici au cœur d’une région qui nous enseigne quelque chose d’essentiel : un pays peut décider de transformer son destin.
Regardons le monde autour de nous.
Les équilibres économiques se déplacent. De nouvelles puissances émergent. Les capitaux changent de direction. Les technologies bouleversent nos économies. Les chaînes de valeur se recomposent. De nouveaux centres de décision apparaissent en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique et ailleurs.
Dans ce monde qui change, le Sénégal doit faire un choix.
Subir les transformations du monde, ou prendre sa part dans leur construction.
Mon choix est clair.
LE SÉNÉGAL DOIT PRODUIRE.
LE SÉNÉGAL DOIT TRANSFORMER.
LE SÉNÉGAL DOIT INVESTIR.
LE SÉNÉGAL DOIT EXPORTER.
Ce n’est pas seulement un programme économique. C’est une ambition nationale.
Car notre pays dispose d’atouts considérables : une jeunesse nombreuse, créative et entreprenante ; une diaspora dynamique ; des ressources naturelles ; des terres ; une position géographique stratégique ; des entrepreneurs qui ne demandent qu’à investir et à grandir ; et une tradition républicaine que nous devons préserver et consolider.
Mais les potentialités ne développent pas un pays.
Ce sont les décisions, l’organisation, le travail et la capacité d’exécution qui transforment les potentialités en prospérité.
Notre défi n’est donc plus seulement de savoir ce que possède le Sénégal. Notre défi est de savoir ce que le Sénégal produit avec ce qu’il possède.
Transformer nos ressources en industries. Transformer nos compétences en entreprises. Transformer nos terres en chaînes de valeur agricoles. Transformer notre jeunesse en puissance productive. Transformer notre diaspora en puissance d’investissement. Et transformer nos territoires en pôles de croissance.
Voilà le sens que je donne à notre engagement :
DIGNITÉ – TRAVAIL – TERRITOIRES.
La dignité, parce qu’un Sénégalais doit pouvoir vivre dignement de son travail. Le travail, parce qu’aucune Nation ne construit durablement sa prospérité sans produire de la richesse. Les territoires, parce que le Sénégal ne se développera pas uniquement depuis Dakar.
Le Sénégal se développera aussi depuis Thiès, Saint-Louis, Kaolack, Ziguinchor, Tambacounda, Matam, Kolda, Louga, et depuis nos communes, nos villes, nos villages et nos terroirs.
C’est dans cette conviction que nous construisons progressivement l’expérience de Notto Diobasse Smart City.
Lorsque je parle de Notto Diobasse, je ne parle pas seulement d’une commune. Je parle d’une démonstration.
La démonstration qu’un territoire sénégalais peut avoir une vision, planifier son développement, travailler avec l’État, mobiliser le secteur privé, attirer des investisseurs et organiser autour d’une même ambition l’habitat, l’industrie, l’agriculture, le commerce, les services, la formation et les infrastructures.
Ce que nous voulons démontrer à Notto Diobasse doit pouvoir être adapté demain à d’autres territoires.
Nos communes ne doivent plus être seulement des territoires que l’État administre. Elles doivent devenir des territoires qui produisent, qui investissent, qui attirent des entreprises et qui créent des emplois.
Et dans cette transformation, la diaspora doit occuper une place nouvelle.
Pendant longtemps, nous avons principalement regardé la diaspora à travers les transferts d’argent vers les familles. Ces transferts sont essentiels et nous devons respecter cet immense effort de solidarité.
Mais le temps est venu d’ajouter à cette solidarité une deuxième puissance :
LA PUISSANCE DE L’INVESTISSEMENT.
Je veux que demain, un Sénégalais vivant à Djeddah, Riyad, Paris, Milan, New York, Montréal, Dubaï ou Pékin puisse investir au Sénégal avec la même sécurité, la même visibilité et la même confiance que n’importe quel investisseur.
Il doit pouvoir identifier un projet, connaître son statut, sécuriser son investissement, suivre sa réalisation et mesurer son impact.
C’est pourquoi je propose que nous avancions vers un Pacte national avec la diaspora sénégalaise.
Un pacte fondé sur l’investissement productif, l’entrepreneuriat, l’immobilier sécurisé, le transfert de compétences et la mobilisation de nos réseaux internationaux.
Notre diaspora ne doit plus seulement être considérée comme une source de transferts financiers. Elle doit devenir l’un des grands investisseurs du Sénégal de demain.
Cette ambition doit également transformer notre diplomatie.
Le Sénégal doit conserver ses amitiés historiques, approfondir son intégration africaine, continuer à travailler avec l’Europe et les États-Unis, mais aussi construire des relations économiques beaucoup plus ambitieuses avec l’Arabie Saoudite, les pays du Golfe, la Chine, l’Inde, la Turquie et les grandes économies émergentes.
Notre diplomatie doit devenir davantage une diplomatie économique : une diplomatie des investissements, des entreprises, des technologies, des marchés et des territoires.
Après chaque grande mission économique, nous devons pouvoir demander : quels investissements avons-nous mobilisés ? Quelles technologies avons-nous obtenues ? Quels marchés avons-nous ouverts à nos entreprises ? Combien d’emplois pouvons-nous créer ?
Car la diplomatie économique ne doit pas s’arrêter dans les salons des capitales. Elle doit produire des entreprises, des infrastructures, des industries et des emplois dans nos territoires.
Mais cette ambition économique exige une condition fondamentale :
LA CONFIANCE.
Et il n’y a pas de confiance durable sans institutions solides.
C’est dans cet esprit que je veux évoquer l’accord intervenu récemment entre les autorités sénégalaises et les services du Fonds monétaire international.
Cette étape doit être regardée avec responsabilité. Elle doit contribuer à restaurer la confiance, à consolider nos finances publiques et à recréer les conditions nécessaires à l’investissement et à la croissance.
Mais le véritable sujet dépasse le FMI. Le véritable sujet, c’est la crédibilité de l’État, la solidité de nos institutions et la confiance que les Sénégalais accordent à la parole publique.
Et sur cette question, ma conviction est profonde.
LA RÉPUBLIQUE EST PLUS GRANDE QUE LES GOUVERNEMENTS QUI SE SUCCÈDENT.
LA RÉPUBLIQUE EST PLUS GRANDE QUE LES PARTIS POLITIQUES.
LA RÉPUBLIQUE EST PLUS GRANDE QUE NOS AMBITIONS INDIVIDUELLES.
Nous devons protéger nos institutions. Nous devons les respecter. Nous devons les consolider. Et nous devons accepter leur primauté.
Lorsque la Cour des comptes accomplit sa mission, la République doit la respecter. Lorsque l’Assemblée nationale exerce son pouvoir de contrôle, la République doit le garantir. Lorsque la justice agit dans le respect de son indépendance, la République doit la protéger. Lorsque l’administration produit l’information publique, cette information doit être fiable. Et lorsque l’État prend des engagements, sa parole doit avoir de la valeur.
La transparence n’est pas une faiblesse.
La vérité des comptes publics n’est pas une option.
La responsabilité dans la gestion de la dette et des ressources nationales est une exigence républicaine.
Nous devons tirer les enseignements des difficultés que notre pays a traversées, sans affaiblir l’État, sans affaiblir la République et sans opposer les Sénégalais.
Notre responsabilité est de corriger ce qui doit l’être, de réformer ce qui doit l’être et de reconstruire la confiance là où elle a été fragilisée.
LA DISCIPLINE BUDGÉTAIRE DOIT SERVIR LE DÉVELOPPEMENT.
Les équilibres financiers sont indispensables. Mais ils n’ont de sens que s’ils permettent à terme d’améliorer la vie des Sénégalais.
Nous devons protéger les plus vulnérables et investir dans l’éducation, la santé, les infrastructures, l’agriculture, l’industrie, nos territoires et surtout notre jeunesse.
Car au bout de toutes nos politiques publiques, il y a une question fondamentale :
QUEL AVENIR OFFRONS-NOUS À NOS ENFANTS ?
Aujourd’hui, trop de jeunes doutent. Le chômage demeure une préoccupation. Le coût de la vie pèse sur les familles. Et trop nombreux sont encore ceux qui pensent que leur avenir se trouve nécessairement ailleurs.
Nous devons changer cette réalité.
Notre jeunesse ne nous demande pas de lui promettre l’avenir. Elle nous demande de lui donner les moyens de le construire.
Créer des PME. Créer des industries. Moderniser notre agriculture. Développer le numérique, le tourisme et la logistique. Former aux métiers dont notre économie a besoin.
Créer les conditions pour qu’un jeune Sénégalais puisse travailler, entreprendre, investir et réussir dans son propre pays.
Voilà, pour moi, la première mission de la politique.
L’Alliance pour le Sénégal / Andando Ngir Senegaal n’a pas vocation à ajouter simplement un parti supplémentaire au paysage politique. Nous voulons porter une autre culture : responsabilité, compétence, proximité, respect des institutions et capacité de réalisation.
Et surtout : UNE CULTURE DU RÉSULTAT.
Parce que notre pays n’a pas besoin d’une polémique supplémentaire. Il a besoin d’une entreprise supplémentaire, d’une usine supplémentaire, d’un agriculteur plus productif, d’un jeune qui trouve un emploi et d’un territoire qui crée de la richesse.
Nous voulons réconcilier la politique avec le résultat, l’État avec les territoires, la jeunesse avec l’espérance, reconnecter la diaspora avec l’investissement productif et permettre au Sénégal de prendre toute sa place dans les nouveaux équilibres économiques du monde.
Mes chers compatriotes,
Je crois au Sénégal.
Je crois à la capacité de notre jeunesse. Je crois à la puissance de notre diaspora. Je crois au talent de nos entrepreneurs. Je crois au courage de nos agriculteurs, de nos travailleurs, de nos femmes et de nos hommes. Je crois à la capacité de nos territoires à devenir des moteurs de développement.
Et je crois surtout à une République forte, respectée et juste, dans laquelle les institutions sont au-dessus des hommes et l’intérêt national au-dessus des intérêts particuliers.
Nous pouvons bâtir ce Sénégal.
Un Sénégal qui produit davantage. Un Sénégal qui transforme ses ressources. Un Sénégal qui investit dans ses enfants. Un Sénégal qui exporte son savoir-faire et ses produits. Un Sénégal qui donne à sa jeunesse des raisons de construire son avenir chez elle. Un Sénégal qui fait de sa diaspora une puissance d’investissement. Un Sénégal qui remet ses territoires au cœur de la création de richesses.
Notre pays n’a pas besoin que nous lui promettions davantage.
Il a besoin que nous réalisions davantage.
C’est le combat que je veux porter.
Non contre des Sénégalais.
Mais pour le Sénégal.
Alors, depuis Djeddah, je vous invite à porter avec moi cette ambition.
Passons d’un Sénégal qui importe à un Sénégal qui produit.
D’un Sénégal qui exporte ses matières premières à un Sénégal qui les transforme.
D’un Sénégal qui attend l’investissement à un Sénégal qui le provoque et l’attire.
D’une diaspora qui transfère à une diaspora qui transfère et qui investit.
De territoires qui attendent le développement à des territoires qui créent de la richesse.
Et d’une politique qui promet à une politique qui réalise.
Avec responsabilité. Avec méthode. Avec autorité. Avec rassemblement.
Dans le respect de la République et de ses institutions.
LE SÉNÉGAL PEUT FAIRE MIEUX.
LE SÉNÉGAL DOIT FAIRE MIEUX.
ET ENSEMBLE, NOUS POUVONS LE FAIRE.
Vive la République !
Vive le Sénégal !
Je vous remercie.
Discours du Président Alioune Sarr — Djeddah — 10 septembre 2026
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– Alioune Sarr a appelé, jeudi 10 septembre à Djeddah, à passer d’une économie dépendante des importations à une économie qui produit, transforme, investit et exporte.
– Il a réaffirmé la primauté des institutions de la République et exigé transparence et responsabilité dans la gestion de la dette et des ressources nationales.
– Il a proposé un Pacte national avec la diaspora pour faciliter l’investissement productif, l’entrepreneuriat, l’immobilier sécurisé et le transfert de compétences.
Auteur: Senewebnews
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