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Deux ans après l’alternance de 2024, Alioune Badara Coulibaly dresse un constat sans concession sur la gouvernance du Pastef. Dans cette tribune intitulée « Les naufragés de l’espérance ! », il estime que les promesses de changement portées par le duo Bassirou Diomaye Faye-Ousmane Sonko ont laissé place à une profonde désillusion. Pour l’auteur, le rendez-vous de 2024 n’a pas tenu ses promesses et la présidentielle de 2029 devra ouvrir un nouveau cycle politique pour le Sénégal. Seneweb vous livre l’intégralité de cette tribune.
« En démocratie, un peuple a le droit, de se tromper souverainement, sans avoir à rendre compte de ses choix. La seule question qui mérite d’être posée est celle de savoir si les choix opérés l’ont été librement. De ce point de vue, le peuple peut choisir les dirigeants qu’il estime devoir porter à la tête du pouvoir d’Etat, sans qu’on lui demande ou exige de lui qu’il explique ou justifie ses choix. En 2024, le peuple a fait le choix de congédier le régime «apériste» qui était en place, depuis douze ans. Il est clair que le choix marquait la lucidité d’un peuple et sa volonté d’exercer son pouvoir de changement. Les démocrates du Sénégal et du monde entier avaient salué avec déférence la décision d’un peuple souverain et avaient félicité les acteurs de la vie politique. Vainqueurs et vaincus étaient confondus dans les éloges dont les échos résonnaient partout à travers la planète. On peut, tout autant dire, aujourd’hui, que le choix final porté sur le duo d’hommes politiques et son offre politique, se révèle infructueux. Ceux qui avaient été désignés par le suffrage universel en 2024, ont largement prouvé que les changements étaient loin de constituer des garanties certaines, quant à la manière de diriger et de conduire le destin du peuple. Les pratiques néfastes, à la tête de l’Etat, sont perceptibles dans des proportions jamais égalées par le passé. Cette alternance a consacré le règne des médiocres, la promotion des basses manoeuvres, le massacre des valeurs morales et de l’éthique. Elle a surtout enfoncé la République dans un précipice. Pastef, Diomaye et Sonko se présentent, aujourd’hui, comme une ambition manquée pour le Sénégal et pour les Sénégalais.
Avec le recul, il parait manifeste, qu’après l’accession de Sonko à la Primature, son obsession a été d’amasser le plus de moyens et de biens matériels. Amasser de l’argent, encore de l’argent, toujours de l’argent ! Quitte à mettre le Sénégal à genoux. Comme c’est le cas aujourd’hui. L’Alternance coule le pays. Le constat est là, triste.
Jamais notre pays n’a connu une telle misère sociale, économique et éthique, du fait de l’ambition personnelle d’un homme, à cause d’une absence totale de vision, du sens de l’Etat, et du cynisme, sur fond de démagogie irréductible. Le paradis promis est devenu un enfer. Ousmane Sonko croit toujours avoir, comme dirait l’autre, des convictions et une vision pour ce pays, alors qu’il n’a plus que des emportements et des fanfaronnades.
Le Sénégal et les Sénégalais en ont beaucoup souffert et continuent encore d’en souffrir. Le binôme ayant conquis le pouvoir en 2024 est perçu, maintenant, comme des naufragés de l’Espérance. Ils font, désormais, l’objet d’un rejet franc et massif d’une partie de la population, même s’ils s’obstinent à faire croire que leur popularité d’antan est encore intacte. Cette récusation est d’autant plus violente qu’elle procède d’un dépit amoureux.
On peut affirmer, sans risque d’être démenti par les faits politiques, que le Pastef, son chef en particulier, a raté son rendez-vous avec l’Histoire. N’eût été le mal incommensurable que son équipe et lui-même ont fait à la République et aux institutions, celui qui trône par effraction à l’hémicycle aurait pu, dans une certaine mesure susciter de la compassion. Pour parler comme Léopold Sédar Senghor, le poète-président, on se demande comment les démocrates de ce pays, pouvaient-ils rester sourds à tant de «souffrances bafouées» ?
Aujourd’hui, les citoyens résidant à l’intérieur, comme à l’extérieur du pays, sont plus que jamais convaincus que les mois qui nous séparent de l’échéance présidentielle de 2029, vont s’avérer décisifs. Ils permettront à ceux qui sont décidés à lutter pour la sauvegarde de l’intérêt national, des valeurs essentielles de la République et de la démocratie, de se donner tous les moyens et les chances d’un nouveau départ prometteur. La prochaine échéance présidentielle, va consacrer, quelle que soit la personne qui sera élue, la fin d’un cycle politique. On espère tous que le pays saura saisir cette opportunité pour se donner les moyens de placer aux postes de commandes les plus stratégiques le personnel le plus qualifié et le mieux outillé, pour faire face aux nombreux défis qui se posent à nous. Ainsi, nous regretterons moins et donnerons une signification plus positive, aux choix que nous avons faits en 2024».
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– Alioune Badara Coulibaly juge que la gouvernance du Pastef et du duo Diomaye-Sonko, deux ans après l’alternance de 2024, est une « ambition manquée » marquée par la désillusion.
– Il accuse Ousmane Sonko d’avoir privilégié l’amassement de richesses personnelles, entraînant une « misère sociale, économique et éthique » sans précédent au Sénégal.
– Il estime que la présidentielle de 2029 devra ouvrir un « nouveau cycle politique » pour permettre au pays de placer un personnel plus qualifié aux commandes.
Auteur: Khady Ndoye
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