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Cette année marque le 70e anniversaire de l’établissement officiel des relations diplomatiques entre la Chine et l’Afrique. Quelle que soit l’évolution de la situation internationale, les deux parties sont toujours restées solidaires face aux épreuves et ont avancé côte à côte. Le Sud global, représenté par la Chine et l’Afrique, demeure une force de justice dans un monde en proie aux turbulences et aux mutations.
Depuis plus d’un siècle, le monde a connu deux guerres mondiales dévastatrices, qui ont démontré la faillite totale de la domination coloniale occidentale, tout en étant témoin des grandes réalisations des peuples d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine dans leur combat contre l’oppression coloniale, leur libération nationale et l’instauration d’une gouvernance indépendante de leurs propres pays. À l’aube de la troisième décennie du XXIe siècle, les changements majeurs inédits depuis un siècle s’accélèrent, et de nombreux pays en développement s’engagent tour à tour sur une voie de développement rapide. En 2025, 12 des 20 économies affichant la plus forte croissance dans le monde se trouvaient en Afrique. Pourtant, les conflits géopolitiques, les frictions commerciales, le changement climatique ainsi que l’intelligence artificielle exposent également l’humanité à une série de défis planétaires qui continuent de peser sur les moteurs de la paix et du développement mondiaux. Les pays du Sud global aspirent plus que jamais à combler les déficits de paix, de développement, de sécurité et de gouvernance en renforçant leur propre niveau de gouvernance ainsi que la gouvernance mondiale. Comme l’a souligné le Président Bassirou Diomaye Faye lors du 10e Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, la paix, la sécurité et le développement sont indissociables ; l’Afrique doit cesser d’être un simple réceptacle passif des influences des forces mondiales et se positionner résolument en acteur stratégique, en concrétisant la solution portée par le principe « les solutions africaines aux problèmes africains ».
Les pays africains ont accumulé de précieuses expériences pratiques en matière de libération nationale, d’intégration régionale, d’édification de la paix et de la sécurité, tandis que la Chine a obtenu des accomplissements remarquables dans la modernisation de son système et de sa capacité de gouvernance d’État. En unissant le peuple chinois, le Parti communiste chinois a su formuler les « deux combinaisons », à savoir « combiner les principes fondamentaux du marxisme avec la réalité concrète de la Chine et avec l’excellence de la culture traditionnelle chinoise ». La modernisation à la chinoise se caractérise par cinq traits distinctifs : une très grande ampleur démographique, la prospérité commune de toute la population, la coordination entre la civilisation matérielle et la civilisation spirituelle, la coexistence harmonieuse entre l’homme et la nature, et la poursuite d’une voie de développement pacifique. La modernisation à la chinoise incarne une pratique de gouvernance moderne qui a frayé une voie différente de celles du passé. De même, la construction d’une communauté d’avenir partagé Chine-Afrique de tout temps à l’ère nouvelle établit un nouveau paradigme dans les relations entre pays. La Chine et l’Afrique partagent de vastes intérêts communs et ont engagé une coopération approfondie dans la recherche de l’amélioration de leurs capacités de gouvernance respectives et de la réforme du système de gouvernance internationale.
Aujourd’hui, face aux répercussions des conflits au Moyen-Orient, la Chine est disposée à unir ses efforts à ceux de l’Afrique pour y répondre ensemble. Nous proposons ce qui suit : premièrement, s’en tenir aux principes pour promouvoir la paix. Ensemble, les deux parties appellent à la cessation des hostilités et au règlement des différends par un dialogue mené sur un pied d’égalité, et poussent la communauté internationale à pratiquer un véritable multilatéralisme, ainsi qu’à préserver fermement les buts et principes de la Charte des Nations unies et les normes fondamentales régissant les relations internationales. Deuxièmement, maintenir une fermeté dans sa poursuite du développement. Alors que la Chine élargit son ouverture de haut niveau, elle accorde toujours à l’Afrique une place privilégiée et prioritaire. À compter du 1er mai, la Chine mettra en place des mesures de tarif douanier zéro pour les 53 pays africains ayant établi des relations diplomatiques avec elle, et élargira davantage l’accès des produits africains au marché chinois grâce au « couloir vert » et à d’autres initiatives. Troisièmement, montrer l’exemple en matière de coopération mutuellement bénéfique. La Chine est prête à répondre à l’appel de l’Afrique, et à travailler avec le continent pour libérer davantage le potentiel de coopération, approfondir la collaboration mutuellement bénéfique et favoriser le développement des pays africains.
Récemment, la deuxième édition du Forum de l’Afrique de l’Ouest, placée sous le thème « Échanges d’expériences sur la gouvernance des relations de coopération Chine-Afrique », s’est tenue à Dakar. L’Académie chinoise des sciences sociales et l’École nationale d’administration du Sénégal ont uni leurs efforts pour préparer et organiser cet événement. Le vice-président de l’Association du peuple chinois pour l’amitié avec l’étranger, à la tête d’une délégation, y a participé. Le représentant spécial du Premier ministre sénégalais, directeur de cabinet de la Primature, S.E.M. Ibrahima Gueye, et le directeur général de l’ENA, M. Mor Fall, ont respectivement prononcé des allocutions. Plus de 300 experts éminents, chercheurs, responsables gouvernementaux, membres du corps diplomatique et journalistes chinois et africains y ont assisté avec enthousiasme. Ce forum a été l’occasion d’échanges riches et approfondis sur la gouvernance, féconds en résultats et en propositions sur la modernisation conjointe Chine-Afrique.
En profitant de l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels et des Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026, la Chine entend travailler de concert avec le Sénégal pour renforcer les échanges académiques et les recherches conjointes, promouvoir le dialogue sur les expériences de gouvernance ainsi que l’inspiration mutuelle entre civilisations, afin que l’amitié historique sino-sénégalaise et celle sino-africaine se perpétuent, que les différentes civilisations s’éclairent mutuellement de leurs reflets croisés, et qu’une nouvelle contribution sino-sénégalaise soit apportée au renforcement de la solidarité du Sud global face aux défis planétaires, à la promotion des valeurs communes de l’humanité et à la construction de la communauté d’avenir partagé pour l’humanité.
S.E.M. LI Zhigang,
Ambassadeur de Chine au Sénégal)
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