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TAMBACOUNDA : Lors de la revue annuelle du secteur éducatif, les acteurs de l’académie de Tambacounda ont exprimé leur inquiétude face à la hausse du taux d’abandon scolaire, passé de 8,8 % en 2024 à 14,4 % en 2025 au niveau du moyen général.
Cette augmentation touche particulièrement les garçons, avec un taux atteignant 19,2 % au collège. Au secondaire, le taux global reste élevé (24,9 %), malgré une nette amélioration chez les filles. En revanche, la situation des garçons continue de se détériorer.
Plusieurs facteurs expliquent cette hausse des abandons chez les garçons, selon l’Inspecteur d’académie (IA), Assane Mbengue. Parmi eux figurent la non-fonctionnalité des Observatoires de la vulnérabilité et des déperditions scolaires (OVDS), le ciblage prioritaire des filles dans les programmes des partenaires, ainsi que l’attractivité de certaines activités génératrices de revenus comme l’orpaillage et la conduite de motos-taxis « Jakarta », qui détournent les garçons du système scolaire.
À l’inverse, l’enseignement élémentaire affiche des résultats encourageants. Le taux d’abandon y est passé de 12,1 % en 2024 à 11,0 % en 2025. Cette amélioration est principalement portée par les filles, dont le taux chute à 9,7 %, soit une progression de 1,8 point, dépassant ainsi la cible fixée. Chez les garçons, la baisse reste plus modérée.
Dans les classes d’alphabétisation fonctionnelle (CAF), les évolutions sont contrastées. Le taux d’abandon chez les hommes a doublé, passant de 1,5 % à 3,0 %, dépassant largement la cible de 1,3 %. En revanche, chez les femmes, une nette amélioration est observée avec une baisse de 1,3 % à 0,7 %, soit un résultat supérieur aux objectifs. Plusieurs causes sont avancées par les acteurs de l’éducation lors de cette rencontre. Il s’agit du dysfonctionnement des dispositifs de suivi, de la priorité donnée aux filles dans certains programmes, ainsi que de l’attrait d’activités économiques comme l’orpaillage ou les motos-taxis.
Face à ces constats, l’IA appelle à réorienter les politiques afin de mieux soutenir les garçons, désormais considérés comme plus vulnérables, et d’améliorer leur maintien à l’école.
Boubacar Agna CAMARA (Correspondant)
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