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Tensions au sommet de l’État : Hamidou Anne pointe des divergences « personnelles »
Le bras de fer au sommet de l’État ne serait pas, à en croire Hamidou Anne, une bataille idéologique. Il serait avant tout une crise de légitimité entre deux hommes au cœur du pouvoir. Invité du « Jury du dimanche », l’analyste politique, membre de LAPR et ancien collaborateur de Macky Sall, décrit une situation « inédite » dans l’histoire politique récente du Sénégal.
« L’antagonisme fondamental se passe aujourd’hui à l’intérieur même de la majorité », affirme-t-il. Selon lui, une partie de la majorité s’est « disloquée » et « bunkerisée » à l’Assemblée nationale, tandis qu’une autre se retrouve dans l’Exécutif. Les récents changements intervenus au sein de l’appareil d’État auraient, selon lui, confirmé « la profondeur du hiatus et des antagonismes ».
Mais Hamidou Anne écarte l’hypothèse d’un désaccord idéologique. « Ces gens n’ont pas de divergences sur des bases principielle ou idéologique, ni sur les orientations des politiques publiques. Pour moi, ce sont des divergences d’ordre personnel entre le président de la République et le président de l’Assemblée nationale », tranche-t-il.
Au cœur de ce bras de fer : la question de la légitimité. « Le président de l’Assemblée nationale considère qu’il a élu lui-même le chef de l’État et que ce dernier est au fauteuil présidentiel grâce à sa propre légitimité. Tandis que le président de la République considère qu’il est élu par les citoyens sénégalais », explique l’analyste.
Une lecture qu’il nuance toutefois. « En mars 2024, les Sénégalais se sont déplacés pour élire quelqu’un. Mais tout le monde sait que si cette personne avait été désignée et était allée de son propre chef, elle n’aurait pas obtenu le résultat qu’elle a obtenu », soutient-il, rappelant la défaite du chef de l’État aux élections municipales de 2022 dans sa commune face au Dr Téning Sène.
Sur le terrain de l’opposition, Hamidou Anne revendique une autre posture. Pas question, selon lui, de renouer avec une opposition « insurrectionnelle », faite d’insultes, de menaces et de violences.
« On ne peut pas dire que nous sortirons du FCFA, qu’on réglera le problème des Sénégalais en deux mois. Nous avons tous été au pouvoir et cette expérience de l’État nous confère une responsabilité, une forme d’éthique dans l’opposition », soutient-il.
L’ancien collaborateur de Macky Sall estime également que le FDR, qui a joué selon lui un rôle important dans la défense des libertés et de la démocratie, pourrait bientôt atteindre « sa limite objective ». L’heure serait désormais à une nouvelle structuration, avec en ligne de mire les prochaines échéances électorales.
Dans cette recomposition, Hamidou Anne revendique pour l’APR une place centrale. « Sans vexer personne, l’APR constitue la locomotive de l’opposition républicaine et démocratique », affirme-t-il.
Son ambition est fédérer les partis politiques, les syndicats, les forces sociales, le tissu associatif, les mouvements de jeunes et les activistes autour d’une même exigence : « la consolidation de la République ».
Pour Hamidou Anne, le message est donc clair : l’opposition ne disparaît pas. Elle se réorganise. « L’opposition est bien là », conclut-il.
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– Hamidou Anne affirme que l’antagonisme au sommet de l’État est une crise de légitimité entre le président de la République et le président de l’Assemblée nationale, et non une bataille idéologique.
– Il décrit une majorité disloquée et bunkerisée à l’Assemblée nationale, face à une autre partie dans l’Exécutif.
– Hamidou Anne revendique pour l’APR une place centrale dans une opposition républicaine et démocratique, visant à fédérer autour de la consolidation de la République.
Auteur: Adama Sy
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