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Le dossier Kosmos alimente une fois de plus la polémique. Alioune Badara Coulibaly, porte-parole de l’APR, dénonce la gestion du nouveau pouvoir et s’interroge sur les conditions entourant le départ de Kosmos et les engagements financiers évoqués par le Premier ministre lors de sa déclaration de politique générale.
Il est parti du constat selon lequel : « en 2024, les Sénégalais s’attendaient à fêter avec fastes et éclats les retombées de l’exploitation des ressources gazières et pétrolières ». Selon le porte-parole de l’APR le Sénégal devait faire « son entrée dans le club restreint des producteurs d’hydrocarbures ».
Entre-temps, constate-t-il avec regret : » un nouveau régime est arrivé aux affaires. Il prend le relais du pouvoir du Président Macky Sall qui avait conduit le processus avec brio, et avec un esprit républicain. Des années plus tard, on ne sent pas encore l’impact de cette richesse dans le vécu quotidien des populations. Au contraires, ces dernières sont fatiguées, tenaillées par la vie chère, l’incertitude économique et les querelles intestines au sommet de l’Etat. Le nouveau régime brise tout simplement l’élan du peuple. Il dévoile son incompétence au grand dam de concitoyens qui avaient fondés beaucoup d’espoir en lui ».
Aînsi, il dénonce l’absence de retombées visibles de l’exploitation du pétrole et du gaz dans le quotidien des Sénégalais, confrontés à la vie chère et aux difficultés économiques. Il reproche également aux nouvelles autorités d’avoir déçu les espoirs placés en elles.
Il ajoute : « pour convaincre ce peuple, les autorités issues du Pastef ont fait croire qu’elles étaient les sauveurs attendus. Ceux qui inscriraient l’histoire de ce pays dans le marbre. Le tandem avait promis d’incarner l’idée que les patriotes pouvaient, enfin, compter sur lui pour régler les injustices les plus criardes et impulser le développement. Il se positionnait tel un pouvoir qui redonnerait aux nationaux, agents, opérateurs économiques et à toutes les autres couches de la société, la place qui leur sied dans le tissu économique. Que nenni ! A l’arrivée, la désillusion est sans mesure. Le pouvoir se montre encore plus cynique et encore plus méprisant à l’égard de l’expertise nationale, des compétences locales et des citoyens désireux d’offrir leurs avoirs et leur savoir pour le développement de leur pays ».
Le porte-parole de l’APR revient surtout sur la polémique autour de Kosmos Energy et des 55 millions de dollars, soit environ 33 milliards de FCFA, évoqués par le Premier ministre lors de sa déclaration de politique générale. Selon M. Coulibaly, cette affaire, qui aurait été portée devant l’Inspection générale d’État, soulève de sérieuses interrogations sur la gestion des intérêts financiers de l’État.
Il cite également d’autres dossiers controversés, notamment l’ASER, l’ONAS, les fonds destinés aux sinistrés de Bakel et certaines dépenses liées aux victimes des manifestations. Pour lui, ces affaires illustreraient les failles de la gouvernance actuelle.
« Le cas le plus illustratif de ce mal qui met en évidence la façon la plus spectaculaire de faire est, sans aucun doute, cette affaire de 55 millions de dollars (33 milliards FCFA) dont quelqu’un, selon le Premier ministre LO, a fait cadeau à Kosmos en décidant de se substituer à l’Etat. Un scandale dont s’est saisie l’IGE et qui vient s’ajouter à l’Asergate pour ne pas nommer le prétendu détournement de 37 milliards FCFA à l’Agence Sénégalaise pour l’Electrification Rurale (ASER). Que dire des 8 milliards FCFA destinés aux sinistrés de Bakel et des 5 milliards FCFA alloués, sans base légale, aux casseurs, pompeusement, appelés “martyrs”? L’affaire Onas et les fonds spéciaux destinés à la Casamance, n’en parlons même pas », dit-il.
Tout en précisant ne pas affirmer l’existence de faits de corruption dans le dossier Kosmos, Alioune Badara Coulibaly estime que les circonstances de cette affaire « en ont tout l’air » et appelle à davantage de transparence dans la gestion des contrats stratégiques du Sénégal.
« De manière générale, c’est l’Afrique, notre continent, qui a mal dans ses contrats. Presque partout, la négociation et la signature sont souvent l’occasion rêvée pour de nombreux dirigeants de s’adonner à la corruption et à la concussion. Nous n’affirmons pas que c’est le cas ici. Mais ça en a tout l’air. C’est d’ailleurs, consciente, de ces dérives qui hypothèquent dangereusement les chances de développement, que la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a émis une directive incitant les Etats membres à observer des règles et à avoir des comportements éthiques qui sauvegardent l’intérêt national et préservent l’intégrité de notre patrimoine. Le gouvernement sénégalais, comme d’autres dans la communauté, n’en ont, quelque fois cure, au moment de signer avec certaines multinationales et investisseurs », écrit M. Coulibaly.
» Un gouvernement confronté à de lourdes charges d’endettement, et incapables d’accroître directement les capitaux pour l’investissement devrait penser à tout sauf à laisser filer, gracieusement, entre ses mains, une aussi importante manne financière. Ça pue la corruption, à mille lieux! », fulmine-t-il.
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– Alioune Badara Coulibaly, porte-parole de l’APR, dénonce la gestion du nouveau pouvoir et s’interroge sur le départ de Kosmos et les 55 millions de dollars (33 milliards FCFA) évoqués par le Premier ministre.
– Il reproche l’absence de retombées visibles du pétrole et du gaz dans le quotidien des Sénégalais et cite d’autres dossiers controversés comme l’ASER, l’ONAS, les fonds pour les sinistrés de Bakel et les victimes des manifestations.
– Tout en ne confirmant pas de faits de corruption dans le dossier Kosmos, il estime que les circonstances « en ont tout l’air » et appelle à plus de transparence dans les contrats stratégiques.
Auteur: Khady NDOYE
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