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Alimentation de rue au Sénégal : « On ne peut pas contrôler ceux qu’on ne connaît pas », alerte le Dr Mamadou Ndiaye
Chaque jour, des milliers de Sénégalais mangent dans la rue. Mais ceux qui les nourrissent sont-ils réellement connus et suivis par les services chargés de contrôler leur activité ? Au Sénégal, la restauration de rue occupe une place centrale dans les habitudes alimentaires. Pourtant, les acteurs qui nourrissent quotidiennement les populations restent encore insuffisamment identifiés. Lors du forum communautaire sur la sécurité sanitaire des aliments, organisé ce mardi 15 septembre à Dakar par l’Association des journalstes en Santé, Population et Développement (AJSPD), en collaboration avec la FAO, le Dr Mamadou Ndiaye a pointé un retard majeur : l’absence d’une identification complète des vendeurs de rue, préalable pourtant indispensable à tout contrôle efficace.
Pour le Dr Mamadou Ndiaye, expert en sécurité sanitaire des aliments au bureau sous-régional de la FAO, le Sénégal doit d’abord savoir précisément qui vend quoi, où et dans quelles conditions, avant de pouvoir assurer un véritable suivi.
Des efforts ont déjà été réalisés dans certaines zones. À Kaolack, par exemple, le service régional a identifié des acteurs et leur a délivré des cartes professionnelles.
Mais le travail reste à poursuivre pour les différentes catégories de vendeurs.
Pour les vendeurs de plats chauds, l’identification apparaît possible puisqu’ils exercent généralement au même endroit. Il en est de même pour les vendeurs de jus et autres produits proposés dans les rues.
« C’est ce travail-là qu’il nous faudra certainement arriver à faire pour pouvoir commencer réellement le travail de suivi », estime le spécialiste.
Des services d’hygiène à renforcer
Cette absence de cartographie s’ajoute à une autre difficulté soulevée durant le forum : l’insuffisance des agents des services d’hygiène et de leurs moyens de contrôle.
Les acteurs communautaires ont notamment déploré le manque de personnel et de moyens logistiques sur le territoire.
Pour eux, il est difficile d’assurer un contrôle efficace si les services chargés de cette mission ne disposent pas des effectifs et des moyens nécessaires.
Autrement dit, difficile de suivre efficacement des milliers d’acteurs lorsque ceux-ci ne sont pas tous identifiés et que les services chargés du contrôle disposent de moyens limités.
À l’école, le contrôle doit aussi changer
La question de la restauration autour des écoles a également été posée.
Pour le Dr Ndiaye, il ne faudrait pas simplement laisser les vendeurs exercer librement devant les établissements scolaires.
Il propose plutôt de les faire entrer dans les écoles, de leur réserver des espaces aménagés et de sélectionner ceux qui répondent aux critères de salubrité.
Il cite l’exemple de l’Hôpital Principal de Dakar, où les restaurants de rue qui se trouvaient autrefois devant l’établissement ont été ramenés à l’intérieur.
« Amenons les vendeurs à l’intérieur de l’école, trouvons-leur un espace aménagé de manière adéquate et choisissons ceux qui doivent vendre en fonction des critères de salubrité », préconise-t-il.
« Le jour où les politiques porteront cette question… »
Pour le spécialiste de la FAO, le problème dépasse largement les vendeurs et les consommateurs. Il relève d’une véritable politique publique.
« Je dis toujours que le jour où les politiques porteront la question de la sécurité sanitaire des aliments, ce jour-là, on pourra espérer trouver des solutions », insiste-t-il.
Selon lui, c’est lorsque la sécurité sanitaire des aliments sera intégrée dans la politique générale que des financements, des infrastructures et du personnel pourront être mobilisés.
Le défi est d’autant plus important que la restauration de rue répond aujourd’hui à une nécessité sociale. Avec la journée continue, les longues distances entre domicile et lieu de travail et le coût des restaurants classiques, de nombreux Sénégalais sont contraints de manger dehors.
La question n’est donc plus de savoir s’il faut manger dans la rue, mais comment garantir que ce repas ne mette pas la santé du consommateur en danger.
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– Le Dr Mamadou Ndiaye, expert en sécurité sanitaire des aliments à la FAO, alerte sur l’absence d’identification complète des vendeurs de rue au Sénégal, préalable indispensable à tout contrôle efficace.
– Des efforts d’identification ont été réalisés à Kaolack avec la délivrance de cartes professionnelles, mais le travail reste à poursuivre pour les différentes catégories de vendeurs.
– Le forum a aussi soulevé l’insuffisance des agents des services d’hygiène et de leurs moyens de contrôle sur le territoire.
Auteur: Adama SY
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