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Dans le cadre du forum du Réseau national des alumni de la Fondation Konrad Adenauer placé sur le thème « Leadership démocratique, État de droit et gouvernance », ses membres se sont réunis, le samedi 12 septembre 2026 à Dakar pour examiner l’état de la démocratie sénégalaise. Les échanges ont notamment porté sur le fonctionnement des institutions après la crise de 2024, la justice, la lutte contre la corruption, les libertés publiques et l’émergence d’un nouveau leadership politique, notamment au sein de la jeunesse.
Le Réseau des alumni de la promotion 2020 de la Fondation Konrad Adenauer a passé à la loupe, samedi dernier, lors d’un panel à Dakar, l’état de la démocratie et de la gouvernance au Sénégal. Pour le coordonnateur national du réseau, Dr Jean Bernard Diatta, le choix de cette thématique répond à un constat de « fragilisation progressive de l’État de droit et de la gouvernance au Sénégal ». Il a également insisté sur la nécessité de faire émerger un « leadership juvénile », dans un contexte où la jeunesse occupe une place croissante dans la vie politique. Au cours du panel « Leadership et État de droit : état des lieux », les intervenants ont particulièrement insisté sur la nécessité d’évaluer la démocratie sénégalaise au-delà de l’existence formelle des institutions et de la tenue régulière des élections. Pour le politologue et chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, Djiby Ndiaye, cette évaluation doit également prendre en compte la trajectoire du pays et le fonctionnement réel de ses institutions. La crise institutionnelle de 2024, marquée notamment par le report de l’élection présidentielle, a ainsi été évoquée comme un révélateur de la solidité des mécanismes institutionnels. La décision du Conseil constitutionnel et la tenue du scrutin ont montré, selon le chercheur, l’importance des mécanismes de contrôle dans la résolution des crises politiques. Mais cette séquence rappelle également que les acquis démocratiques ne sont jamais définitivement garantis. « Le Sénégal est en perpétuelle recherche de la démocratie », a résumé Djiby Ndiaye, estimant que les élections régulières et les alternances ne suffisent pas, à elles seules, à assurer une démocratie pleinement consolidée.
« Mal-être africain »
La justice, la lutte contre la corruption, les libertés publiques et la liberté de la presse ont également été évoquées comme des indicateurs de la vitalité démocratique. Les intervenants ont notamment appelé à ne pas réduire l’évaluation de la gouvernance aux seuls classements internationaux mais à s’intéresser au fonctionnement concret des institutions et à la capacité de l’État à garantir les droits et libertés. Les échanges ont également ouvert une réflexion sur la situation politique du continent africain. Alassane Dione, enseignant vacataire en sciences politiques à l’Ugb, a évoqué un « mal-être africain », marqué notamment par la contestation croissante de certains régimes et la mobilisation d’une jeunesse de plus en plus présente dans l’espace public. Il a notamment pointé la mal gouvernance et les stratégies de pérennisation du pouvoir dans plusieurs États africains, ainsi que la dépendance persistante de nombreux pays vis-à-vis de partenaires extérieurs. Dans ce contexte, la question du leadership de la jeunesse apparaît comme un enjeu majeur : il s’agit désormais de transformer cette mobilisation en une force capable de contribuer au renforcement des institutions et à la consolidation de l’État de droit.
C’est dans cette perspective que le Réseau national des alumni de la Fondation Konrad Adenauer entend formuler des recommandations à l’attention des décideurs publics, autour du renforcement de la démocratie, de l’État de droit et de la gouvernance au Sénégal.
Yaya SOW (Stagiaire)
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