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Exploitation du gaz à Saint-Louis : Fama Sarr dénonce le non-implication des communautés locales par les entreprises
La situation des communautés de pêcheurs de la Langue de Barbarie reste préoccupante face aux conséquences liées à l’exploitation du gaz du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA). En marge d’un atelier de formation sur le plaidoyer organisé par Greenpeace à Saint-Louis, Fama Sarr, transformatrice de produits halieutiques et secrétaire adjointe du Conseil local de la pêche artisanale (CLPA), a dénoncé le manque d’implication des communautés locales et appelé à une meilleure prise en compte de leurs préoccupations.
Pour Fama Sarr, la présence de Greenpeace aux côtés des communautés de Saint-Louis constitue une initiative importante. La responsable communautaire s’est félicitée de l’organisation d’une formation consacrée au plaidoyer, particulièrement dans un contexte marqué par les difficultés auxquelles sont confrontés les acteurs de la pêche.
« Nous remercions Greenpeace de sa présence encore une fois à Saint-Louis pour accompagner les communautés avec des formations, surtout sur le plaidoyer », a-t-elle déclaré.
Selon elle, les communautés disposent de nombreuses préoccupations à porter auprès des autorités et des entreprises intervenant dans le secteur des hydrocarbures. Parmi les sujets évoqués figurent notamment l’exploitation du gaz avec le projet GTA, les difficultés du secteur de la pêche, l’érosion côtière, la situation de l’embouchure du fleuve Sénégal ainsi que l’installation des usines de farine de poisson.
« Les communautés n’ont pas été impliquées dès le début »
Fama Sarr estime que plusieurs difficultés actuelles trouvent leur origine dans le manque d’implication des populations locales lors des premières étapes du projet gazier.
Elle rappelle que les recherches sismiques avaient débuté en 2014 et regrette que les communautés directement concernées n’aient pas été suffisamment associées au processus dès le départ.
« Nous savons que depuis les recherches sismiques en 2014, les communautés n’ont pas été impliquées dès le début », a-t-elle déploré.
À ses yeux, cette absence de participation a contribué à accentuer les tensions et les difficultés rencontrées aujourd’hui par les pêcheurs et les autres acteurs de la filière halieutique.
La responsable du CLPA plaide ainsi pour une implication réelle des populations dans les projets susceptibles d’avoir des conséquences sur leurs activités et leurs conditions de vie.
BP et Cosmos interpellés
L’atelier organisé par Greenpeace a notamment permis de mettre l’accent sur le plaidoyer à destination des multinationales impliquées dans le projet GTA, notamment BP et Cosmos.
Fama Sarr estime que ces entreprises doivent davantage prendre en compte les recommandations issues des études d’impact environnemental et social réalisées avant l’exploitation.
Elle rappelle que plusieurs recommandations avaient été formulées afin de limiter les conséquences environnementales et sociales du projet, mais que certaines d’entre elles ne seraient toujours pas suffisamment appliquées.
« Les communautés attendent du gouvernement les études et les suivis faits sur l’étude d’impact environnemental et social, où beaucoup de recommandations ont été prises et qui n’ont pas été respectées par les multinationales », a-t-elle indiqué.
Un appel au gouvernement pour revoir les contrats
Face à cette situation, Fama Sarr interpelle également les autorités publiques. Elle rappelle que la révision des contrats liés à l’exploitation des ressources naturelles faisait partie des engagements annoncés par le pouvoir actuel durant la campagne électorale.
« Le gouvernement nous avait dit que, une fois élu, la première chose qu’il aurait à faire serait de revoir les contrats. Jusqu’à présent, nous attendons », a-t-elle souligné.
Pour les communautés de la Langue de Barbarie, l’enjeu est désormais de réduire les impacts négatifs de l’exploitation du gaz sur les activités de pêche et sur les conditions de vie des populations.
Fama Sarr considère ainsi que le plaidoyer doit permettre aux communautés de mieux porter leurs revendications, mais également d’interpeller directement les différents acteurs, notamment l’État et les multinationales.
« Les communautés attendent le gouvernement », a-t-elle insisté, appelant à des actions concrètes pour assurer un meilleur suivi des engagements environnementaux et sociaux liés au projet GTA.
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– Fama Sarr, secrétaire adjointe du Conseil local de la pêche artisanale, dénonce le manque d’implication des communautés de pêcheurs de la Langue de Barbarie dans l’exploitation du gaz du projet Grand Tortue Ahmeyim depuis le début des recherches sismiques en 2014.
– Les entreprises BP et Cosmos ne respecteraient pas suffisamment les recommandations issues des études d’impact environnemental et social réalisées avant l’exploitation du gaz.
– Fama Sarr appelle le gouvernement à honorer son engagement de campagne de réviser les contrats liés à l’exploitation des ressources naturelles pour réduire les impacts négatifs sur la pêche et les conditions de vie des populations.
Auteur: Babacar SENE( Correspondant) Saint-Louis
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