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DPG : Ahmadou Al Aminou Lo liste les sept contraintes auxquelles le Sénégal fait face
Lors de sa Déclaration de politique générale (DPG) prononcée, ce mardi, devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo est revenu sur les fondements du référentiel national de transformation. Ainsi, il a exposé un diagnostic des obstacles structurels auxquels le Sénégal fait face.
« La Vision Sénégal 2050 a été bâtie sur la base du diagnostic stratégique de l’état du pays à l’avènement du nouveau régime avait ainsi synthétisé ces défis : sortir du cercle vicieux des dépendances économiques et sociales ainsi que de la vulnérabilité », déclare-t-il d’emblée.
Dressant un bilan d’étape après près de deux ans et demi d’exercice du pouvoir, le Premier ministre a souligné la lenteur des progrès au regard de la conjoncture. « Après presque 30 mois de pouvoir de la nouvelle administration, les lignes ont certes bougé, mais à un rythme particulièrement lent du fait des obstacles structurels auxquels fait face tout pays en développement, petite économie ouverte à forte démographie », dit-il.
Pour structurer la réponse de l’État, Ahmadou Al Aminou Lo a formellement identifié sept contraintes majeures à lever.
« La première contrainte est le contrat social. Cet accord moral et politique du plein désir et de la volonté sans faille de vivre ensemble dans une nation. Aucune réforme ne réussira sans la confiance de la Nation, sans l’adhésion des citoyens, sans la loyauté des acteurs sociaux, sans le sens de l’effort partagé, sans un État exemplaire.
La deuxième contrainte est financière. Dans un environnement de financement devenu plus exigeant, où la confiance doit être reconquise chaque jour, il nous faut restaurer la crédibilité du Sénégal, conclure les partenariats nécessaires, mobiliser davantage de ressources endogènes, et choisir avec rigueur les investissements qui créent réellement de la valeur », a-t-il soutenu.
Avant de poursuivre : «La troisième contrainte touche au dividende démographique. Notre population est jeune et le restera longtemps (50 % âgés de moins de 19 ans et 75% âgés de moins de 35 ans). Cette jeunesse est notre première richesse, mais elle n’est un avantage que si nous la formons, la soignons et l’employons au rythme où elle arrive sur le marché du travail ; faute de quoi elle devient une surcharge, puis une colère. La fenêtre est étroite : une génération, pas davantage. »
Pour Al Aminou Lo, la quatrième contrainte est d’ordre administratif et institutionnel. Il affirme : « Trop de projets ont souffert d’une préparation insuffisante, de délais excessifs, de chaînes de décision interminables et d’un suivi défaillant. Trop souvent, l’intention a précédé la structuration et l’annonce l’exécution. Nous y remédierons par la mise en application immédiate de réformes profondes des méthodes d’élaboration, de mise en œuvre, de pilotage et d’évaluation des projets et programmes. La marque majeure de cette approche est, d’une part, la culture de l’impact et de résultat sur la vie des populations et, d’autre part, l’efficience opérationnelle de l’Administration au travers de l’approche ‘Processus’. Ces deux chantiers ont été impulsés et finalisés dans ma fonction précédente de ministre d’État en charge de l’Agenda Sénégal 2050. »
La cinquième contrainte relève des risques climatiques. « Notre pays évolue dans un environnement semi-aride avec une économie agro-sylvo-pastorale trop dépendante des précipitations, en dépit de ressources en eau fluviale et souterraine importante. Il fait face à une exposition continue et croissante à la hausse des températures et une élévation du niveau de la mer. L’environnement marin et côtier est menacé par des pollutions de toutes sortes avec des risques notables sur l’économie bleue. Rien de durable ne se fera sans la maîtrise des risques climatiques » sert-il.
La sixième contrainte est l’environnement des affaires. Il souligne que le Sénégal fait face à une certaine incapacité d’émergence d’un secteur privé national fortement capitalisé, en mesure de compétir ou de s’associer de manière équilibrée avec l’investissement direct étranger.
Nous avons besoin d’avoir des champions dans la grande comme dans la petite et moyenne entreprise. Nous avons l’obligation de faire jouer à l’artisanat un rôle important dans le tissu des PME-PMI. Mais, nous devons également, avec lucidité, au regard de la faiblesse de l’épargne nationale, aménager un cadre des affaires attractif pour l’investissement direct étranger dans les secteurs à haut potentiel de valeur ajoutée ou d’emplois, avec une approche systématique de joint-venture et de partenariat public-privé », renseigne-t-il.
La septième contrainte est géostratégique. « Notre pays évolue dans un environnement international d’une très grande volatilité ainsi que dans un environnement régional traversé de tensions, de recompositions et d’incertitudes. Le Sénégal doit rester un pôle de stabilité, un espace de dialogue, un acteur de paix pour engranger le « dividende démocratique » qu’il est en droit de réclamer après trois alternances démocratiques en 24 ans. Sous-estimer les ressorts de l’économie politique dans les relations internationales dessert la dynamique de souveraineté d’une petite économie ouverte. L’histoire nous enseigne que les pays qui ont réussi à y accéder pleinement ont su manœuvrer adroitement, jouant le temps de l’accumulation de richesse et de savoir-faire, pour aboutir au choix de partenariats équilibrés et défendre leurs intérêts en position de force par du soft power et du hard power le cas échéant », explique-t-il.
Selon le Premier ministre, ces sept contraintes ne sont pas des prétextes à la prudence. « Elles sont la matière même de notre responsabilité. Elles disent la hauteur de la tâche et la gravité du mandat. Elles disent aussi que ce gouvernement se conduira par la lucidité, en faisant valoir l’éthique de la responsabilité sous le strict encadrement de l’éthique de la conviction », fait-il savoir.
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo a identifié sept contraintes majeures au Sénégal : le contrat social, les contraintes financières, le dividende démographique, les obstacles administratifs et institutionnels, les risques climatiques, l’environnement des affaires et les enjeux géostratégiques.
– Après 30 mois au pouvoir, le gouvernement constate que les progrès sont lents en raison des obstacles structurels inhérents à un pays en développement avec une petite économie ouverte et une forte démographie.
– Le Premier ministre affirme que ces sept contraintes constituent la responsabilité du gouvernement et justifient une approche basée sur la lucidité, l’éthique de la responsabilité et la culture de l’impact et des résultats.
Auteur: Awa FAYE
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