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DPG : Les chiffres « crus » et les annonces « inquiétantes » du Premier ministre Al Aminou Lô
L’État du Sénégal traverse une période financière particulièrement tendue. Son niveau d’endettement élevé l’a amené à envisager un traitement de sa dette. Ce mardi, face aux députés, le Premier ministre Al Aminou Lô a présenté une situation encore plus alarmante. Il a rappelé que la dette du secteur public culmine à 132 % du PIB, pour un encours de 23 500 milliards de FCFA, tandis que le déficit de l’exercice atteignait 14 %.
Pis, avec une croissance hors hydrocarbures ramenée à 2,2 % en 2025, le Premier ministre estime que le pays est loin de s’enrichir. « Quand vous avez ce taux de croissance et que votre taux de natalité est à 3 %, vous vous appauvrissez. Nous nous sommes appauvris en 2025 et nous allons encore nous appauvrir en 2026 », a déclaré l’ancien secrétaire général de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Al Aminou Lô révèle également que « beaucoup de projets ont été arrêtés ». Une situation qui traduit, selon lui, un renoncement à certains investissements publics sociaux et productifs, avec des conséquences sur les arriérés de paiement, la viabilité des PME-PMI et l’emploi dans les grandes entreprises.
« Dans un tel contexte, il est évident que beaucoup de choses ont été différées. Et pendant qu’on tentait de nous en sortir, le choc de la guerre Iran – États-Unis – Israël est venu et a tout remis en cause. Alors les Sénégalais ont droit à la clarté », a expliqué le chef du gouvernement.
« Soul bouki souli bouki »
Pour faire face aux échéances de sa dette, l’État du Sénégal a, jusqu’ici, tenté de faire du « soul bouki souli bouki ». C’est-à-dire de recourir à de nouveaux emprunts pour honorer les échéances d’autres emprunts. Pour le Premier ministre, cette stratégie est sans issue et ne peut que contribuer à dégrader davantage la signature du pays.
« Ce qui est clair, c’est que, quand vous le faites, plus personne ne vous fait confiance. Et on l’a vu sur les marchés. Nos titres publics, les obligations qu’on avait sur le marché international, s’ils coûtaient 100, ils se vendent aujourd’hui à 50. Voilà la réalité de ce pays », a dévoilé Al Aminou Lô.
Sur le marché secondaire, la situation n’est guère plus rassurante. Le Premier ministre a évoqué des niveaux de taux particulièrement élevés. « Il y a des chiffres que je n’ose pas dire. Aujourd’hui, si on repartait pour nous endetter sur deux ans, le marché secondaire nous coûte 60 % de taux d’intérêt. Je n’ai pas dit 6 % », a-t-il déclaré.
Al Aminou Lô estime également qu’un nouvel emprunt à très long terme, notamment à l’horizon 2048, aurait été contracté à des conditions prohibitivement coûteuses compte tenu de la dégradation de la situation financière du pays.
« On ne vaut plus rien sur le marché international. Donc la réalité est là. Je ne parle pas des agences de notation : elles nous ont amenés au 5e sous-sol. C’est cela, l’ajustement. On y est », a-t-il martelé.
Une situation qui, selon le Premier ministre, a finalement ouvert la voie à un traitement de la dette ainsi qu’à la conclusion d’un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI).
⚡ Résumé express
généré par IA, vérifié par la rédaction
– La dette du secteur public atteint 132 % du PIB pour un encours de 23 500 milliards de FCFA, avec un déficit budgétaire de 14 %, tandis que la croissance hors hydrocarbures est ramenée à 2,2 % en 2025.
– Le Sénégal a eu recours à de nouveaux emprunts pour honorer ses échéances antérieures, ce qui a dégradé sa crédibilité : les obligations publiques se vendent à 50 au lieu de 100, et les taux d’intérêt sur le marché secondaire à deux ans atteignent 60 %.
– Face à cette situation critique, l’État du Sénégal envisage un traitement de sa dette et la conclusion d’un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI).
Auteur: Youssouf SANE
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