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« Une plongée dans les enfers de la régression » : Abdoulaye Mady Ndiaye retrace la chute financière du Sénégal sous l’ère Pastef
La dégradation continue de la note souveraine du Sénégal n’est pas qu’une simple baisse d’indicateurs. Selon Abdoulaye Mady Ndiaye, ingénieur de l’Aviation civile et ancien secrétaire général de l’Organisation européenne pour l’équipement de l’Aviation civile, elle représente « une plongée dans les enfers de la régression et de la désillusion à tous les égards pour l’ensemble des Sénégalais et du Sénégal ». Dans une analyse financière et politique au vitriole, l’auteur pointe ce qu’il qualifie d’« échec de l’idéologie d’endogénéisation, régressionniste et populiste et soi-disant souverainiste de Pastef Kiray et du couple Diomaye-Sonko ».
Rappelant l’historique de cette trajectoire budgétaire, l’analyste indique qu’en 2023, sous la présidence de Macky Sall, la note souveraine du Sénégal s’établissait à Ba3, qualifiant alors le pays d’« économie dite spéculative ». Au lendemain de l’élection présidentielle du 24 mars 2024, le FMI estimait pourtant que « l’économie du Sénégal avait tous les voyants au vert ». Mais la situation financière s’est rapidement détériorée autour de la gestion des Eurobonds, « sur lesquels très peu d’informations sont disponibles à présent ».
Le glissement s’amorce dès le 5 octobre 2024 avec une chute de la note à B1, matérialisant une bascule vers une économie très spéculative. D’après Abdoulaye Mady Ndiaye, ce décrochage a été « causé par l’annonce d’Ousmane Sonko de la sortie du rapport de l’IGE », des déclarations où le Premier ministre « promettait la catastrophe et affole les marchés ». Quelques mois plus tard, le 21 février 2025, la notation s’effondre à B3. L’auteur explique que lors d’une nouvelle conférence de presse axée sur le rapport de la Cour des comptes et les dettes cachées, les sorties du chef du gouvernement ont fini par « décrédibiliser totalement l’administration et l’économie du Sénégal ».
La spirale baissière s’aggrave le 11 octobre 2025 avec une note évaluée à Caa1, classant le pays parmi les « économies avec risque de défaut ». L’auteur souligne que le plan de redressement proposé par le gouvernement « n’attire pas les bailleurs et ne conforte pas l’économie du Sénégal ». Le 14 novembre 2025, S&P abaisse la note à CCC+, confirmant la trajectoire de Moody’s. Abdoulaye Mady Ndiaye dénonce le comportement d’un ex-Premier ministre ayant montré « très peu de professionnalisme », tout en évoquant une « taxation à tout va sans réelle stratégie d’ensemble pour redresser l’économie du Sénégal ».
Le 28 août 2026, la note sombre à Caa2 pour installer le pays dans une « économie extrêmement spéculative ». L’analyste critique une gestion axée sur « des considérations politiciennes et non-économiques », marquée par une « incapacité à endiguer la spirale de l’endettement » face à des besoins de financement atteignant « 25 % du PIB ».
En conclusion, Abdoulaye Mady Ndiaye adresse un avertissement aux dirigeants actuels en affirmant que « la souveraineté n’est pas un étendard aux mains de populistes qui se targuent de slogans creux ». Selon lui, elle exige un travail de fond sur l’industrialisation et les transferts technologiques, regrettant que l’ex-binôme au pouvoir soit aujourd’hui accusé « de tout faire, sauf se mettre au travail ».
⚡ Résumé express
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– Abdoulaye Mady Ndiaye dénonce la dégradation continue de la note souveraine du Sénégal sous le gouvernement Pastef, passant de Ba3 en 2023 à Caa2 en août 2026, qu’il qualifie de « plongée dans les enfers de la régression ».
– L’analyste attribue ce décrochage aux annonces d’Ousmane Sonko sur les rapports de l’IGE et de la Cour des comptes, qui auraient affolé les marchés et décrédibilisé l’administration et l’économie du Sénégal.
– Mady Ndiaye critique une gestion marquée par des « considérations politiciennes » et une « incapacité à endiguer la spirale de l’endettement » face à des besoins de financement atteignant 25% du PIB.
Auteur: Awa DIOP
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